1er Aout 1949
Le soir-même, alors que je débarrassais la table avec la mère, que les filles étaient parties jouer dans leur chambre et que les "parents" de Taehyung préparaient le thé, Taehyung est arrivé dans la salle-à-manger. Il s'est assit derrière moi pendant que j'actionnais l'eau pour faire la vaisselle.
-Les garçons, je vous laisse faire la vaisselle, je vais surveiller les filles.
-Pas de soucis Madame Jeon.
Je ne savais pas si ma mère avait sourit ou hocher la tête vu que je leur tournais le dos. Mais au bout de quelques secondes de silence avec seulement le bruit de l'eau comme fond, je sentais la présence de Taehyung juste là, derrière moi, tout près. Et maintenant que les choses entre nous s'étaient éclaircies, c'est vrai que le sentir proche de moi comme ça n'était pas désagréable du tout.
Sa main frôla ma hanche, je ne savais pas si c'était volontaire, mais j'adorais ça, il m'en avait fait frissonner. J'avais la sensation qu'entre nous un genre de petit jeu s'était installé, j'ignorais les enjeux de nos actions, mais je m'en fichais pas mal. C'était à qui craquerais le premier.
-Tu laves j'essuie ok ?
-Ok.
Nos conversations étaient banales, mais j'appréciait cette banalité, on avait pas besoin de se dire de grandes phrases, pas besoin de raconter des histoires extraordinaires. En tout cas, c'est le ressentis que j'avais. Je me dépêchais tout de même de faire la vaisselle, n'étant pas spécialement friand des tâches ménagères. Puis quand j'eu fini, Taehyung regardait par la fenêtre avec un air absent, entre ses mains, une assiette en train de se faire soigneusement essuyer. Puis je le vit ouvrir les yeux en grand et sourire face à la fenêtre.
-Vite Jungkook viens ! -dit-il en posant brutalement l'assiette sur la table avec les autres.
-On va où ?
Il ne me répondit pas et me prit la main. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire "ouf" je me retrouvais dehors en sa compagnie, mes chaussures au pieds. Il regardait à droite, à gauche avec les sourcils froncés. Puis un fin sourire en coin se dessina sur son visage et il prit le chemin de gauche. Il marcha comme ça un petit moment. Je le rattrapais en trottinant pour ne pas me faire distancer.
-Tu connais cette ville ? -demandais-je.
-Ouais ! -il était étonnamment de bonne humeur, c'était inhabituel, mais j'aimais le voir comme ça- J'y ai séjourné quelques jours avant de venir dans ton village.
-C'est pour ça que t'es aussi à l'aise ici ?
-Ouais, j'aime vraiment cette ville, ça me fait penser à la maison.
J'avais bien senti que quand il disait "la maison", ce n'était pas notre village, c'était son chez lui, dans le Nord. Comment était-elle sa maison ? Comment était sa famille ? L'endroit où il vivait ? Est-ce qu'il regardait les couchers de soleil ?
-Et tu m'emmènes où comme ça ?
-Haha, ça Kook, c'est une surprise.
Je rougis furieusement à se nouveau surnom pas si nouveau. Mes amis m'appelaient comme ça, la plupart des gens aussi, mais dans sa bouche, ça sonnait si étrange. Je m'y ferais jamais.
-Marche plus vite sinon on va tout rater !
J'accélérais le pas. J'étais pas très endurant, je m'essoufflais très vite. Il m'avait parlé avec un tel empressement, on aurait dit un enfant de dix ans qui allait manquer sa fête d'anniversaire.
Puis le chemin boisé laissa place petit à petit à une grande plaine recouverte de coquelicots et de hautes herbes. C'était très beau, les grandes tiges se secouant au rythme du vent, l'air ambiant, c'était parfait.
-Viens. C'est juste là. J'espère que t'es souple par contre. -dit-il en riant.
Il s'avança vers un arbre assez petit et posa son pied sur la branche la plus basse, puis sur celle du dessus jusqu'à ce que je le vois se poser sur une branche épaisse, il tourna le regard vers moi et m'intima de faire pareil que lui. En plus de pas être très endurant, de dois avouer que j'étais pas non plus très souple.
Je faisais tout de même ce qu'il m'avait demandé, j'avais pris certes plus de temps que lui mais j'y étais parvenu. Je posais, enfin, la main sur la branche sur laquelle il était assise pour me hisser jusqu'à lui. Il m'aida à m'asseoir devant lui. Nous étions tous deux à califourchon sur la branche, lui contre le tronc et moi juste devant lui. Il posa ses mains sur mes hanches et me fit glisser jusqu'à lui.
-Regarde. -dit-il en pointant du doigt- Mais non, regarde pas mon doigt imbécile, regarde devant toi. -fit-il en riant.
Je tournais les yeux pour regarder ce qu'il m'avait indiqué. J'ouvris les yeux en grand, et probablement la bouche aussi.
-Wouah... -soufflais-je.
J'étais époustouflé devant la beauté de ce coucher de soleil. Tout y était, nous n'étions pas aveuglé dans l'arbre, et le soleil orangé jetait ses derniers rayons sur le champs de coquelicot sous un ciel bleuté. Quelques oiseaux volaient par-ci par-là au loin mais il n'y avait aucun bruit, juste le silence, juste le vent qui glissait entre les tiges de coquelicots. Voilà, là, c'était parfait.
Je senti les mains de Taehyung se croiser sur mon ventre, cette soudaine proximité n'était en aucun cas dérangeante, c'était parfait, tout simplement parfait.
-Ca te plaît ? -me chuchota-t-il à l'oreille.
-Ouais... -avais-je soufflé- Je veux revenir demain. Et le jour d'encore après, jusqu'à la fin des vacances.
-Aucun soucis.
Je me posais contre son torse en regardant le coucher de soleil, j'avais posé mes mains sur les siennes parce que je n'aimais pas avoir les bras ballants. Je sentais mon cœur s'emballer, mais je le laissait faire, c'était simplement... indescriptible, je me sentais si bien, presque euphorique...
Je ne pourrais pas dire combien de temps nous sommes restés là, nous ne sommes partis qu'après le coucher du soleil, peu avant la tombée de la nuit. Nous sommes descendu de l'arbre puis nous sommes rentrés, on se lançaient parfois des regards furtifs et on s'amusaient à se bousculer doucement le long du chemin comme deux jeunes adolescents qui se cherchaient et se tournaient autour. Parfois, nos mains se frôlaient et je me sentais prendre en rougeur. Quand nous sommes rentrés à la maison de vacances, notre petite bulle a explosée d'un seul coup. Ma mère me dévisageaient et les "parents" de Taehyung lui lançaient des regards noirs.
J'avais l'impression qu'ils lui reprochaient une chose bien précise. J'ai donc porté mes couilles et j'ai fuis dans la salle de bains avant que quiconque ne me pose la moindre question. Faut me comprendre aussi, je sais pas mentir.
Je me serais retrouvé avec tous les regards braqués sur moi, je serais devenu rouge tomate et je me serais mis à bafouiller n'importe comment. On aurait été dans de beaux draps c'est moi qui vous le dit.
Du coup j'en profite d'être dans la salle de bains pour écrire rapidement ce qu'il s'est passé depuis notre sortie du train. Ouais, j'avais hâte de savoir ce qu'il allait bien pouvoir se passer pendant ce voyage...
Taehyung... on peut dire que ce type était en train de bouleverser mon petit monde autrefois si tranquille.
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Mikrokosmos
Fanfiction~Vkook~ Taehyung n'est pas quelqu'un qui s'excuse, il a trop de fierté ou de timidité pour ça, je sais pas encore ce qui prime le plus chez lui, la timidité ou la fierté. Plutôt que de présenter des excuses, il va plutôt essayer de se racheter. Il...
