Heyyyy salut à tous les amis, aujourd'hui on se retrouve pour parler de chantage et de consentement coucouuuuuuu
Melbourne at night
Au moins, Novak aura une excuse pour les marques sur lui...
Ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air de garder la tête haute quand on quitte rapidement un tournoi, c'est même probablement plus difficile que d'échouer en finale ou de perdre honteusement. En tout cas, c'est la pire chose pour lui. Novak déteste perdre dans tous les cas, mais c'est toujours pire quand il n'a pu faire que quelques matches dans le tournoi, quand il n'a pas encore eu le temps de s'habituer à la pression, à la façon de jouer. Il sait que ce n'est que de sa faute, mais c'est plus compliqué de penser comme ça que de trouver le premier coupable, et pourtant il essaie de se calmer depuis quelques temps, avec sa notoriété grandissante et son nom s'installant parmi ceux des meilleurs devant lui, ceux qu'il cherche tant à rattraper.
Début des années 2010, d'une nouvelle décennie, et il n'arrive toujours pas à se canaliser entièrement alors que sa jambe tremblote dans le vestiaire. Il pourra faire ce qu'il veut, Novak aura toujours cette frustration, cette énergie stupide à l'intérieur de lui, lui criant de retourner sur ce foutu terrain et d'aller gagner un set de plus, toujours un de plus, alors qu'il est déjà éliminé. Il n'y a rien de pire que de savoir que c'est trop tard alors que tout lui crie de mieux faire et de montrer à tout le monde qu'il est tout autant capable que les autres d'aller gagner des titres.
Novak finit par retourner à son hôtel, non sans casser une raquette devant peu importe qui en sortant du vestiaire. Il en a marre de ne pas pouvoir montrer tout son potentiel alors qu'il sait très bien qu'il peut être le meilleur, c'est comme ça qu'il a grandit et il doit faire honneur à son pays. Il dépose ses affaires sur son lit sans avoir envie de s'asseoir, de se reposer. Il a envie de jouer, d'user toute l'adrénaline à l'intérieur de lui, pas de la canaliser et de l'utiliser simplement pour descendre prendre un repas qui ne lui conviendra pas.
C'est comme ça qu'il se retrouve à prendre un whiskey dans un bar de Melbourne, ça ne lui convient pas de simplement boire et brûler sa gorge, mais c'est une douleur suffisante pour l'empêcher de repenser à toutes ses erreurs sur le court. Novak est fatigué, mais il veut quand même continuer la compétition, il veut prouver au monde qu'il peut être le meilleur, et ça l'énerve de ne pas pouvoir montrer autre chose que la pire face de lui-même.
Il respire la fumée des cigarettes d'autres personnes à quelques tables devant lui en contemplant leur liberté, il aime le tennis, mais il déteste cette fascination pour la victoire et la défaite, il déteste devoir gagner ou perdre sa place, il déteste le public applaudissant l'adversaire parce qu'au moins il n'est pas le gamin serbe tumultueux. Novak n'est même plus un gamin, il est seulement stupide de ne pas réussir parfaitement ses lobes. Il se surprend à regarder la porte du bar s'ouvrir pour se changer les idées, c'est la première fois qu'il s'intéresse à la sortie de son purgatoire, il ne sait pas vraiment pourquoi, mais c'est comme instinct. Il devait regarder cette porte.
Et pourtant il n'aurait pas dû.
Novak rabat la capuche de son sweat-shirt sur sa tête pour cacher l'état misérable dans lequel il est, il ne veut pas que Roger Federer, le grand Federer, numéro un mondial, découvre à quel point une petite défaite de plus à son compte le rend inadapté à la société. Il n'a aucune idée de ce qu'il peut bien faire précisément dans ce bar miteux alors qu'il a glorieusement gagné son match, mais Novak n'a pas envie de lui parler, et il n'a clairement pas besoin de lui faire face alors qu'il est déjà frustré. Il espère que son camouflage fera l'affaire, mais il sait qu'il ne peut pas tromper le regard d'un champion.
Novak se retrouve vite à faire face au premier homme qu'il veut détrôner impérativement, et pourtant il reste un modèle à suivre, d'une certaine manière. Il ne pourra jamais jouer un tennis aussi offensif, être aussi classe que lui, et il ne cherche même pas à essayer, ça ne l'intéresse pas de déchaîner les foules à cause de sa manière de parler ou de célébrer. Il va rester quelqu'un d'émotif, peu importe si ça dérange ses détracteurs.
