de retour parce qu'on revient (et ainsi de suite)
Nobody said it was easy
Carlos est peut-être légèrement éméché, lorsqu'il titube dans le couloir menant vers sa chambre d'hôtel. Il a promis à Juan qu'il allait bien, qu'il retrouverait son chemin sans problème et qu'il serait en forme pour le retour à l'entraînement, mais Carlos commence à croire qu'il a menti... Il doit s'appuyer contre un mur pour ne pas s'écrouler au beau milieu du couloir—il a joué plus de cinq heures contre son meilleur rival, et pourtant c'est l'alcool qui est plus fort que lui...
Il prend une longue inspiration, de la sueur roulant le long de son visage, et Carlos aimerait avoir sa raquette pour pouvoir s'appuyer dessus. Il n'est plus qu'à quelques mètres de sa chambre, il va bientôt pouvoir aller s'écraser sur son lit et ne plus bouger jusqu'à midi, si Carlos trouve la force d'y arriver... Ugh, pourquoi est-ce qu'il se sent aussi lourd ?
''Est-ce que tout va bien, Carlitos ?''
Une voix le surprend, un frisson traverse sa colonne vertébrale, et Carlos se retourne en sursaut pour croiser le visage bronzé de Novak Djokovic. Ses yeux noisette sont remplis d'inquiétude, et Novak n'attend pas la réponse à sa question pour l'aider à passer son bras autour de ses épaules. Carlos le laisse faire, à la fois trop épuisé pour lutter contre l'aide son aîné, et stupéfié par la présence de Novak dans ce couloir. Est-ce que c'est ce dangereux cocktail entre adrénaline et alcool qui le fait halluciner ce moment ?
''Qu'est-ce qui se passe, petit ? Où est ta chambre ?''
La voix de Novak atteint ses oreilles, comme une agréable berceuse alors que Carlos tient de moins en moins bien sur ses jambes. Il pourrait presque s'endormir contre lui, dans ses bras forts et contre son corps chaud—hey Carlos, tu m'entends ?—l'espagnol de Novak est si étrange mais aussi adorable, Carlos ne pourrait pas trouver meilleure compagnie pour célébrer sa victoire, même s'il ne sait toujours pas si Novak est réel...
Il lui donne la carte de sa chambre d'hôtel, s'accrochant un peu plus fermement à lui au cas où il voudrait disparaître. Carlos ne veut pas que Novak le laisse seul pour la nuit—il a gagné ! Il devrait être avec celui qui a renforcé cette motivation en lui, celui qui a fait de lui le meilleur ! Ses tempes battantes et toutes ses courbatures ne devraient pas être sa seule compagnie, surtout pas alors que Carlos a toujours aimé Novak. Bien plus que comme un rival ou que comme un modèle.
''Ton coach ne devrait plus jamais te laisser boire, tu as l'air d'un enfant perdu.''
Novak rit en le faisant passer la porte de sa chambre, et Carlos rougit sans vraiment savoir pourquoi. Il sait juste que le rire de Novak est l'un des plus beaux sons qu'il n'ait jamais entendus. Carlos aimerait le faire rire plus souvent, que Novak ne se consacre qu'à lui et pas à tous les autres jeunes tennismen du circuit...
''Allez, ça ira mieux demain. Pense à boire beaucoup d'eau, ta gueule de bois va être mémorable.''
Carlos retient son souffle lorsque Novak le dépose sur le lit, l'aidant à bien s'allonger et à retirer ses chaussures. Il sent que sa veste disparaît aussi, mais Carlos se concentre uniquement sur les douces mains qui prennent sa température, avant de déposer une couverture sur son corps épuisé. Est-ce que Novak a déjà fait ça pour quelqu'un d'autre ? Est-ce qu'il prendrait soin de lui si Carlos arrivait à le battre un peu plus souvent ?
Il sent que Novak s'éloigne de lui, et Carlos ne peut pas le supporter—sa main attrape le poignet de l'autre homme, et il peut sentir le pouls stable du Serbe sous ses doigts. Comment peut-il être toujours aussi calme alors que Carlos a l'impression de devenir fou ? Son cœur bat bien trop vite dans sa cage thoracique, et pourtant il n'est pas en train de jouer un tie-break !
''S'il te plaît, ne pars pas...'' Carlos doit ressembler à un enfant malade, mais il ne veut pas être laissé seul dans cette si grande chambre, dans ce si grand lit
''Carlitos...'' Novak soupire au-dessus de lui, même s'il ne cherche pas à se dégager de sa prise, ''Tu sais bien que je ne peux pas.''
''S'il te plaît...''
Novak grince des dents, passant son autre main sur son visage en soupirant une nouvelle fois. Est-ce que Carlos l'a déçu ? Est-ce que Novak ne veut vraiment pas de lui ? Est-ce qu'il va l'abandonner ici avec sa stupide médaille et sa solitude ?
''Tu es vraiment comme Rafa...''
Carlos pousse un souffle qu'il ne pensait pas retenir, lorsque Novak se glisse contre lui dans le lit, et il ne perd pas de temps pour se coller à lui. Depuis combien d'années rêve-t-il de ce moment ? D'enfin pouvoir avoir Novak pour lui tout seul ?
C'est peut-être la plus belle victoire de toute sa carrière...
Fin
