Chapitre XXXII.

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Mylène devait courir pendant que Freddy marchait. Elle ignorait où sa petite amie allait mais son pas décidé la fit trembler.
Mylène hurla son prénom plusieurs fois mais aucune réponse. Freddy ne semblait pas vouloir lui adresser la parole. Cependant, cela ne la découragea pas pour autant et elle continua de la suivre.

Freddy déverrouilla sa voiture, ouvrit la portière mais lorsqu'elle s'apprêta à prendre place à l'intérieur de l'habitacle, Mylène dit :

-  Freddy, s'il te plaît...

La concernée se figea un moment. Elle ferma les yeux quelques instants et soupira avant de refermer la portière et de faire face à Mylène.

-  Qu'est-ce qu'il y a ? questionna froidement Freddy.

-  Je ... Je ...

-  Tu ... Tu quoi ?

-  Je suis désolée, dit Mylène la voix tremblante.

-  Tu m'as regardé droit dans les yeux ce matin Mylène, et tu m'as menti. Tu n'as fait que me mentir...

-  Non ... Je ... J'ai voulu t'en parler mais je n'ai pas pu...

-  Et tu allais me dire quoi au juste ? Que Jessica et toi vous vous êtes embrassées plusieurs fois ? commença Freddy, la voix cassée et des larmes plein les yeux. Ou alors que vous aviez couché ensemble plusieurs fois ? Ou encore que ce jour où tu m'as sorti cette putain d'excuse avec le censeur de ton école, tu étais en fait dans une chambre d'hôtel avec elle ?

- Freddy ... Je suis désolée ... Je suis tellement désolée... chuchota Mylène la voix brisée.

La tête de Freddy se baissa, en signe de défaite tandis que son cœur s'émiettait bruyamment dans sa cage thoracique. Colère et tristesse se bousculaient, bataillant à dominer ; ses pupilles s'agitèrent dans tous les sens tandis que des flots de larmes balayaient le bitume. Soudainement, elle se mit à hurler de douleur. Lorna qui avait suivi toute la scène, se précipita vers elle et la serra fort dans ses bras.

- Calme-toi s'il te plaît, supplia son amie dans son oreille.

Le regard de Lorna jugeait et haïssait Mylène, qui elle, tremblante, pleurait toutes les larmes de son corps face à cette scène horrible dont elle en était l'auteur.

Freddy réussit à se défaire de l'emprise de son amie et s'approcha lentement de Mylène. Son regard dégageait à la fois de la haine et une profonde tristesse, à tel point que Mylène tremblait de peur.

- Là, tout de suite, je te déteste et je la déteste elle aussi. Mais c'est surtout toi, que je déteste. Mon Dieu, Mylène, qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour mériter ça ? Qu'est-ce que je t'ai fais ? sa voix se brisa et ses pleures redoublèrent d'intensité. Tu savais à quel point j'ai souffert et je continue de souffrir aujourd'hui ... Mais ça ne t'a pas empêché. Putain, Mylène je taime, je t'aime à en mourir. J'aurais donné ma vie pour toi, j'te l'offrirais même sur un plateau d'argent. Pourquoi... ? Pourquoi être autant méchante ? C'est grâce à toi que je réussi à garder la tête hors de l'eau. Ta douceur m'a apaisé et attendri ... Ton regard, ta peau, ton sourire, ta présence... Donc, tout ça c'était pour rien ? Tout ça n'a été que pure imagination ?

- Freddy...

- Allez viens Fred, on s'en va, intervint Lorna, lui attrapant l'avant bras. Des explications ne serviraient à rien, ça ne change en rien ce qui s'est passé. Viens, on part.

Sa meilleure amie savait que ce n'était pas nécessaire. Ce n'était bien entendu pas son premier chagrin d'amour. Et encore une fois, elle serait la première à subir sa souffrance. Plus que personne, elle savait à quel point Barnabé allait se détruire petit à petit, et il n'y avait qu'elle pour l'aider dans pareille situation. Elle réussit à l'installer dans la voiture. Et c'était alors dans un silence de cimetière que Lorna les reconduisit à la maison.

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