50-apoptose mortelle

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Tes tendres paroles embrassent la douleur en moi
La partie la plus malade de ce jeu tordu est
Que je le crois quand tu les dis
Ces mensonges que tu me promets du contraire
Douce conversation dégoulinant de miel de ta langue
Tu fais tourner le plus beau mensonge pour moi
Embrasse-le au plus profond de mon cœur et de mon âme
Jusqu'à ce que j'oublie le couteau que tu tords
Morsures bordeaux et ecchymoses bleues
Tu laisses derrière toi ces plaies ouvertes
Trompée de penser que tu me protèges
Au lieu de m'étouffer avec la vie
Ton beau sourire est un aussi faux sourire que mon existence
Me tirer dans l'écrasement de ton corps
Comment un toucher aussi électrique peut-il devenir
Quelque chose qui empoisonne de l'intérieur
Emmène-moi dans ton étreinte des bras de l'océan
Montre-moi encore une fois ton amour explosif
Pour que tes mots cerises me trompent à nouveau
Et je tomberai en toi jusqu'à la fin des temps

Même si c'était des mensonges, et c'était ce qui faisait le plus de mal. Malgré tout, elle savait qu'elle le ferait. Rien n'avait changé. Les paroles, les promesses, les mensonges, rien ne serait jamais capable d'effacer ce qu'Amelia Williams ressentait pour Draco Malfoy et c'était la partie la plus effrayante, la plus flagrante.

Rien n'avait changé, tout s'était concrétisé, lui prouvant qu'elle était tombé, cruellement, durement, sauvagement, profondément, amoureuse de ses mensonges. Et elle retomberait encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus en respirer, si cela lui permettait de pouvoir le tenir dans ses bras.

Rien.

N'avait.

Changé.

Malgré tout.

Draco n'avait eu aucun scrupule, aucun remord à détruire sa maison, leur maison devant ses yeux, lui arrachant à chaque fois un peu plus de ce qu'elle chérissait tant, il avait été assez lucide et intelligent d'ignorer toutes distractions et de n'écouter aucune parties humaines de lui. Peut-être qu'il n'en avait tout simplement pas. Un monstre. C'était la seule chose qu'elle pouvait voir dans ses beaux yeux argentés pour lesquels elle était tombée, pour lesquels elle est devenue si aveugle et naïve.

Les choses ont toujours dû se terminer ainsi. Draco avait raison, ils étaient les dernières choses qui devaient se produire. Elle s'en était juste rendue dans un semblant de paradis qui se terminait en enfer. Elle le voyait. Rien ne se passait bien. Elle avait causé tout ça. Amelia est la cause de cet enfer. Pourquoi essayer de fuir ce qu'on est ?

Draco avait raison. Ces gens, ces enfants autour d'elle, tous massacrés, tués devant ses yeux par sa faute. Leur sang était sur ses mains. Leur mort était de sa main. En donnant le sortilège à Draco, elle avait tout gâché. Elle avait scellé le destin de ces premières années, de ces enfants innocents, de sa sœur. Pour quoi ? Pour des mensonges. Pour des mensonges dont elle était tombée honteusement, irrésistiblement, affreusement amoureuse. Et elle ne pouvait imaginer meilleure façon de tomber, même si c'en était tomber à s'écraser sur le sol.

Même au milieu d'une guerre, Amelia ne trouvait pas sa place. Ironique, pensait-elle. Qui d'assez fou pouvait bien vouloir trouver sa place dans une guerre ? Peut-être qu'elle l'était suffisamment pour le désirer. Mais quelque part, elle savait qu'elle y avait sa place. Elle était au cœur même de cette bataille sanglante entre cris, peur, et désespoir. Elle était la source de ça. Elle était ce combat, tout ça était de sa faute.

Tu as causé tout ça. Maintenant comment tu vas faire pour te racheter ?

Tu devras vivre en sachant que des enfants sont morts par ta faute.

MauditeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant