43-bâillon

27 1 0
                                    

Comme les vagues de l'océan, on m'a tiré vers toi
Pour chaque fois que le rivage m'a repoussé
Je suis toujours revenue à la hâte
Faire ma maison dans l'étreinte mousseuse
La tempête nous a battus
Et j'ai essayé de briser mon regard fixe
Mais nous sommes là une fois de plus
À flot sur l'espoir de nos cœurs
Dans ces moments de sérénité
Tiens-moi la main alors que l'aube se lève
Et nous ne serons jamais jetés par-dessus bord
Jusqu'au jour où tu souhaites partir
Je serai là à chaque lever du soleil

Draco s'est raidit.

Amelia pouvait voir le tremblement du bout de ses doigts à ses côtés, son autre main formait un poing et se pressait plus fermement contre la vitre, comme s'il mettait tout son poids dessus alors que le choc de la vérité pesait sur lui. Les muscles de son dos et de ses épaules étaient tendus, sa mâchoire serrée.
Comme s'il ne pouvait pas croire ce qu'elle venait de dire.

-Draco-» Elle fit un pas en avant, le désespoir entrelacé dans sa voix.

Il poussa un soupir, son dos étant toujours tourné à elle.
-Non. Putain, ne le dis pas. » La poitrine d'Amelia se souleva, ses mains se serrèrent aussi en poing alors qu'elle déglutissait avec difficulté. « Parce que tu ne le penses pas putain. »

Elle s'arrêta là où elle avait fait un autre pas vers lui.
Elle ne pouvait même pas lui en vouloir. Elle lui avait dit qu'elle le voulait, lui avait dit qu'elle se fichait de son père ou de son nom de famille, puis lui avait dit exactement le contraire ce soir-là à la bibliothèque.

Il n'allait pas croire tout ce qu'elle disait. Comment pourrait-il ? Elle l'avait trahi, elle lui avait menti, il ne lui fera plus jamais confiance. Pourquoi le ferait-il ?

Amelia détestait à quel point elle était rationnelle, c'était l'une des raisons pour lesquelles elle avait été placée à Serdaigle mais cela la faisait tout analyser de chaque point de vue. Et être venue à la douloureuse conclusion qu'il ne la croirait pas, ne croirait pas en l'amour qu'elle ressentait pour lui, et c'était déchirant. Et bien que son besoin de Draco la griffe comme un animal affamé, son esprit rationnel lui disait que c'était mal. Elle l'avait blessé et rester ne ferait que le blesser davantage si elle continuait. Mais le voir ainsi brisait toutes ses notions sur elle-même, la rendant impuissante et esclave des sentiments qu'elle avait pour lui.

-Je ne mens pas. » Sa voix était à peine au-dessus d'un murmure, sa gorge soudainement sèche.

-Non, » Gronda-t-il et sa voix faillit se casser. « Ne joue pas à ces putains de jeux avec moi- juste parce que tu veux que je te baise. »

Amelia grimaça et ne put s'empêcher de reculer des trois pas, regardant instinctivement dans la direction de la porte. Mais elle revint à ses esprits, consuma la peur momentanée qui l'avait assaillie pour une raison qu'elle ignorait et revint au regard blessé de Draco. Cela ne fut que la conclusion qu'elle était une mauvaise personne, elle l'avait trahi. Elle n'était pas autorisée à avoir peur alors que c'était elle le problème.

-Draco- Cela n'a jamais été- Je ne ferai jamais-»

-Tu le ferais. » Marmonna-t-il, en se tournant finalement pour lui faire face, glissant ses mains dans ses poches. « On sait tout les deux que tu le ferais. »

Elle sentit des larmes brouiller sa vision, regarda ses yeux tracer le chemin d'une larme sur sa joue. Parce que c'était faux. Et elle était tellement désespérée parce qu'elle savait que Draco ne la croirait pas si elle le niait.

-Draco- Je ne pourrais jamais te-» T'utiliser. Elle ravala un sanglot de culpabilité. « Je ne pourrais jamais te faire ça, tu le sais-»

-Putain, arrête de pleurer. » Mordit-il, son ton dur, ses yeux sombres. « Arrête. Tu n'as pas le droit de pleurer, Amelia. Pas quand c'est à moi qu'on ment et-»

MauditeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant