Et si, après avoir incendié Port-Réal Daenerys n'avait pas été poignardée par Jon Snow et qu'elle avait régné sur le continent de Westeros ?
L'humanité a vaincu les Marcheurs Blancs mais tout semble redevenir comme avant. Les hommes se perden...
L'étalon ralentit le pas, il trotte encore sur quelques mètres puis finit par marcher le long d'un ruisseau avant de se désaltérer. Frustré, Sandor Clegane le laisse néanmoins boire tout son soul, déjà des jours qu'ils parcourent le nord. Il se laisse tomber de la selle et s'assied devant le ruisseau pour nettoyer sa blessure en grimaçant. Le sang colle sur ses vêtements poisseux. Il lâche un juron en découvrant l'état de son épaule. Le sang s'est arrêté de couler depuis un moment mais il dégage une odeur nauséabonde et forme des croûtes de pus immondes. Quelle putain de merde ... Il n'a pas le temps pour ces conneries mais s'il ne fait rien il ne pourra jamais retrouver Mériss.
Malgré sa promesse.
Il laisse l'eau couler sur sa plaie en gémissant et se contente de passer un bandage par-dessus. Alors qu'il termine le nœud il fronce les sourcils en voyant deux Immaculés sillonner la bordure de l'eau. Il croit reconnaître l'un d'eux qui le fixe sans sourciller.
- Sandor Clegane.
Il se lève immédiatement, la main sur le fourreau de son épée, prêt à dégainer.
- Qu'est-ce que tu me veux bordel ?
- Rien, répond le jeune homme, tu as fui avec Mériss il y a quelques temps, je te reconnais.
Sandor Clegane plisse les yeux, méfiant.
- Elle n'est sans doute plus de ce monde à l'heure qu'il est, avoue l'Immaculé, elle est restée là-bas alors que les flammes ravageaient la ville.
Sandor Clegane écarquille les yeux et le saisit par le col en le secouant.
- Quelle ville ?
- Port-Réal, dévoile - t-il en se dégageant.
Sans rien ajouter, Sandor Clegane remonte à cheval en crachant à terre. Torgonudo le regarde presser les flancs de sa monture. Il aura beau galoper, il ne pourra jamais la sauver. Il est trop tard. Il se demande pourquoi il voulait tellement lui avouer, au fond peut-être qu'après tous les miracles auquel il a assisté il en espère un dernier pour son ancienne amie. Elles riaient beaucoup, elle et Missandei. Elles venaient toutes les deux des îles d'Été, c'était quelque chose qu'elles seules pouvaient partager ...
***
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Après avoir déjà essuyé une première attaque de dragon, la deuxième a ravagé Port-Réal pour de bon. La ville n'est plus qu'un amas de cendre et d'os noircis. La ville est maudite, il n'y a plus âme qui vive si ce ne sont les corneilles qui se repaissent des cadavres. Les dragons ont disparus du ciel. Même les plus grands bâtiments sont réduits en poussière. En entrant dans la ville, Sandor Clegane peut apercevoir la mer par-delà les ruines, ce qui était impossible à cette hauteur autrefois. L'étalon, loin d'être perturbé, poursuit sa route silencieusement. Seul le clapotis de ses sabots sur les pavés résonnent dans ces lieux de morts. Rien ne dit que Mériss soit encore en vie. Rien ne dit que Torgonudo ait dit la vérité. Cette ville qui était ressortie des flammes est de nouveau couverte de cendre et de souffrance. Des corps calcinés tapissent les lieux.
Une unique tour du palais semble pencher dangereusement dans le vide. Le trône de fer doit être complétement fondu, ce symbole de la monarchie historique des Targaryens et de toutes ces fichues têtes couronnées qui se sont succédées, toutes plus pourries les unes que les autres. Sandor Clegane descend de cheval et évite les décombres. Il regarde autour de lui, cherchant le moindre signe de vie. Tous ces gens sont crevés comme des merdes ... Mériss doit être en vie ... Ce serait bien con de mourir sous les flammes de son dragon, celui qui était censé la protéger. Sans grand espoir, il gravit les dernières marches défoncées de la tour. La reine des dragons gît sur son lit, immobile, couverte de poussière. Il soupire et retourne en arrière quand son regard est attiré par un corps à moitié enseveli par les pierres. Retenant son souffle, il plonge à terre et commence à retirer les gravas avec hâte. Les pierres sont lourdes, sont une vraie torture à retirer avec ses blessures. Après la dernière pierre, le corps de Mériss est découvert. Elle est allongée sur le côté, comme si elle avait voulu fuir. Lâchant un juron, il la secoue de toutes ses forces en hurlant son prénom.
Elle ne réagit pas, inerte.
Alors, silencieusement, il serre son buste dans ses bras en regrettant amèrement de l'avoir laissée à Winterfell. Il l'étreint avec puissance en fermant les yeux.
- Tu devrais pas crever, murmure t-il, pas toi ...