Chapitre 3

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Cassiopée

Je me réveille à moitié, le corps lourd, la tête bourdonnante. Des voix chuchotent autour de moi. Une main me soulève doucement.

— Alors, c’est elle ? Elle a l’air… normale.

— Louna, sois sympa, d’accord ? Elle vient de perdre sa mère. Elle doit être complètement perdue.

— T’es sûr qu’on peut l’amener ici ? Imagine qu’ils sentent sa trace.

— Ça va aller. On n’a pas été suivis.

— Et si elle nous bouffe pendant qu’on dort ?

— Louna, marmonne Robert, un ton de père épuisé. Prépare-lui une chambre. Elle doit avoir faim.

— On n’a pas de sang en réserve, hein. Enfin si, mais pas pour être bu.

Je sens qu’on me dépose sur un fauteuil moelleux. Je reste immobile quelques secondes avant de me redresser lentement. Mon regard balaie la pièce : un véritable arsenal s’étale sur les murs. Des armes de toutes tailles, des croquis, des photos, des cartes épinglées, des plans d’attaque avec des annotations rouges et noires.

Je cligne des yeux, abasourdie.

— Putain, mais vous êtes quoi ? Des Winchester ?

Le père et la fille se retournent en même temps. Robert avance d’un pas, calmement. Sa fille, elle, me détaille comme si j’étais un spécimen sous microscope. C’est une petite blonde, queue de cheval haute, pantalon en cuir noir moulant, bottes de moto et chemise nouée au-dessus du nombril. L’air insolent, genre "je tire avant de poser les questions". Et sur le côté, je remarque un autre type. Grand. Immobile. Adossé contre le mur. Il me fixe avec des yeux durs comme la pierre. Ses cheveux châtain clair sont plaqués en arrière, son visage fermé, à me fixer. Habillé tout en noir, il ne bouge pas.

— Tu es en sécurité ici, dit Robert avec un sourire qui se veut rassurant.

— Tu préfères Sam ou Dean ? demande Louna, un sourire malicieux aux lèvres.

— Dean, évidemment.

Elle lève un pouce approbateur.

— Carrément ! Ce mec est un dieu.

Ouais, je suis d'accord... Je viens littéralement de survivre à une course-poursuite et à un carnage. Et on parle de Supernatural. Génial.

— Bon… merci, mais je rentre chez moi, dis-je en me dirigeant vers la porte.

Pas le temps de comprendre. En une fraction de seconde, je suis plaquée contre le mur, une lame froide posée contre ma gorge. Mais c'est qui ce mec ? Le type en noir me fixe, les mâchoires serrées, son souffle froid contre ma joue.

— C’est un monstre, comme tous les autres, crache-t-il en appuyant sa lame fermement contre ma peau.

— Alex ! Laisse-la, ordonne Robert en posant une main ferme sur son épaule.

Il ne bouge pas. Ses yeux se plantent dans les miens, pleins de haine. Et là… quelque chose explose en moi. Je sens la chaleur monter, ma peau frissonner, mes muscles se tendre. Je le repousse sans réfléchir. Mais pas juste un petit geste. Non. Je le projette littéralement à travers la pièce. Le corps d’Alex percute le mur d’en face avec un fracas assourdissant.

Oh bordel !

— Oh mon dieu ! Pardon ! Je voulais pas… je voulais pas te faire mal !

— Ne me touche pas ! hurle-t-il en se relevant, sabre en main, la colère vrillant ses traits.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant