Chapitre 33

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Cassiopée

Je m’attendais à tomber dans une pièce bondée de vampires, mais non. Quand Jace avance, la lumière s’allume… et c’est vide. Enfin, vide en apparence. Parce que moi, je les sens. Ils sont là. Partout. Tapies dans l’ombre. Prêts. La pièce est recouverte d’une moquette noire, si épaisse que mes pas ne font aucun bruit. Au centre, un fauteuil de la même couleur, parfaitement aligné avec une petite table en bois. Je jette un œil autour. Un « menu » est posé dessus, à côté d’un bouton rouge et d’une tablette tactile. Je l’attrape. Et je regrette aussitôt. Les boissons proposées me filent la nausée. Ces tarés ont littéralement un catalogue de sang. Groupes sanguins au choix : A, B, AB, O. Servi chaud, tiède ou froid. Et cerise sur le gâteau : directement à la source. Poignet, cou, pied… ils laissent même le client choisir. Je repose le papier, écœurée. Ces monstres ont tout prévu, jusqu’à la location de femmes « à l’heure ». Charmant. Les murs sont d’un blanc éclatant, presque trop. En face de nous, une immense vitre teintée. Impossible de voir ce qu’il y a derrière. Un écran plat diffuse un message de bienvenue en boucle, dans plusieurs langues. Je me tourne vers Jace. Impossible de lire ce qu’il pense, et ça m’énerve. C’est pas du tout ce que j’imaginais. Enfin si je pense savoir comment va se dérouler la suite, et ça va pas du tout. Jace s’installe dans le fauteuil, calme, calculateur. Il se frotte le visage, pose son verre, puis sort son téléphone. Il écarte lentement les jambes et me fait signe de venir.

Ok, Cassie, c’est le moment de jouer ton rôle.

Je m’avance, docile, jusqu’à me mettre à genoux entre ses cuisses. Il me montre l’écran de son téléphone. Quelques mots s’affichent.

« Je ne connais personne. »

Je hoche la tête. Tant mieux. C’est toujours flippant de voir à quel point ces créatures peuvent se sentir sans même se croiser. Je tape discrètement une réponse. Je ne vois pas de caméra, de micro, mais il faut rester discret. Il y a peut-être des gens qui nous regardent de l'autre côté.

« C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais comment on trouve Stanley ? Si chaque client a sa salle, ça va être galère. Tu crois qu’on nous observe ? »

« Oui. Reste à genoux jusqu’à ce que les lumières s'allument »

« On fait quoi ? »

Il écrit à son tour et je vois le coin de ses lèvres s'étirer lentement.

« Tu vas me sucer et je te récompenserais ce soir, si tu es bien sage. »

Je hausse un sourcil en retenant mon rire, et j'efface pour écrire à mon tour.

« Ça m'excite, j'adore quand tu te vides dans ma bouche. C'est tout ce qu'il vous faut, mon maître ? »

Il récupère son téléphone et je pose mes mains sur ses genoux en remontant lentement sur ses cuisses. Je sens ses muscles se contracter, et mes yeux brûlent légèrement. Il a cette façon de me regarder qui me fait perdre tous mes moyens. Il ressent mon excitation, et je remonte mes mains, plus haut.

« Montre-moi tes talents »

Je caresse son sexe quand j'arrive au niveau de sa braguette, à travers son jeans. Il est en plein rêve. J'aime les préliminaires, et ce soir je serais ravie de m'occuper de sa queue qui durcit de plus en plus, mais je vais jouer un peu avec lui avant.

« Tout ce que tu voudras. Avec ta nouvelle couleur tu ressembles à Jules. Il ne te manque que les yeux bleus. Ça m'excite encore plus. Tu le sens pas vrai ? Mon ventre chauffe, je suis toute mouillée. »

Je lui donne son téléphone en penchant la tête vers son entre jambe. Ma langue lèche le tissu de son jeans, et mes dents mordillent sa fermeture éclair. Un grondement sort de sa gorge. Et je suis excitée, pas par Jules, par lui. Sa grande main se plaque sur ma nuque d'une manière très ferme. Mon visage se relève, je reconnais à ses yeux qu'il est furax.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant