Chapitre 13

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Cassiopée

Les hommes sont des porcs. J'en avais déjà l'intuition, maintenant j'en suis convaincue : ils ne pensent qu'avec leur bite. Deux heures au bar et j'ai failli en descendre quatre. C'est hallucinant ce qu'ils deviennent quand ils voient une fille seule avec un verre. À leurs yeux, je suis bonne pour « baiser ». Certains font semblant d'être polis, un verre offert, un sourire, mais d'autres passent direct à l'attaque : « Je vais te baiser, ma jolie. » La technique de drague, ou plutôt de harcèlement. Qui, sérieusement, repartirait avec un type qui balance ça ? Pas moi. Je suis là pour trouver Suli. J'espère qu'il arrive vite, parce que ça commence à être long. J'en profite pour discuter par message avec Louna qui est sur une traque de vampires depuis plusieurs jours, avec Shawn. Et je me soûle. Encore. Enfin j'essaie. Ça va me coûter cher en alcool. Jace va devoir payer la note. Monsieur je suis pété de tune, mais qui porte les mêmes vêtements va devoir sortir son pognon. Je veux bien jouer le rôle de la salope dragueuse, mais l'argent de ma mère va vite partir si je passe des heures assise à boire.

Oh, un vampire est là ! Enfin.

Mon esprit est verrouillé, mon cœur bat normalement. Je lève la tête doucement, comme pour coiffer mes cheveux d'un geste naturel, et je balaie la salle du regard. Même sans le frisson, je les repère : peau parfaite, démarche fluide, élégance qui fout la tête à l'envers. Ils ont un truc spécial. Mon vampire est plus petit que Jace, moins bluffant au premier abord, mais il a quelque chose d’effrayant dans le sourire. Des yeux en amande qui scrutent, qui choisissent. Il connaît du monde, il sourit à droite à gauche, puis son regard se colle sur moi comme un aimant. Je lui rends son sourire et je bois la dernière gorgée de mon verre.

Et dire qu'il sait que je suis vierge, ça me rend malade, on ne peut même plus garder ce genre de chose pour soi.

Jace avait raison, je suis la seule à ses yeux, il avance vers moi en prenant place sur le tabouret à côté du mien.

— Salut ma petite. Ton verre est vide, je t'en offre un autre ?

Ah, il est poli. J'accepte avec plaisir. Pendant qu'il appelle le barman, je dégage mon cou d'un geste. J'ai chaud, façon subtile de l'appâter et d'évaluer sa réaction. Il ne la manque pas. Il est à deux doigts de me sauter dessus.

— Merci, dis-je en prenant le verre. C'est quoi ton nom ? Moi, c'est Charlotte.

Je bats des cils comme une idiote, avale deux petites gorgées, tends la main.

— Appelle-moi Suli, dit-il en déposant un baiser sur le dos de ma main.

Je retiens l'envie de retirer ma main comme si elle brûlait. À la place, je souris niaisement et lance : « Magnifique prénom. » Il est beaucoup moins puissant que Jace, mais beaucoup plus que Jared.

— Tu es toute seule ce soir ?

Oh, je te vois venir mon petit... tu veux savoir si des gens vont se demander pourquoi j'ai disparu de la soirée.

— J'étais avec une amie. Elle est partie avec un mec sans me prévenir. J'allais justement rentrer.

— Je te ramènerai, parle-moi un peu de toi.

Eh voilà ! Ça fait déjà vingt bonnes minutes que je lui raconte ma vie imaginaire. Je suis étudiante, j'ai deux frères dans les forces de l'ordre, mais ça n'a pas l'air de le déranger. Je vois qu'il s'impatiente autant que moi quand sa main remonte lentement sur ma cuisse.

— Tu parles très bien notre langue, Suli, tu es ici depuis longtemps ? dis-je en caressant son avant-bras d’un geste aguicheur.

— Je suis très doué avec les langues, dit-il en posant une main entre mes jambes.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant