Chapitre 9

3.7K 296 18
                                        


Cassiopée

Punaise… j’ai trop mal dormi. Le canapé est une torture médiévale déguisée en meuble. J’ai l’impression que chaque ressort a organisé un comité de sabotage dans mon dos. Je me redresse en gémissant comme une vieille mamie, glisse mes doigts dans mes cheveux emmêlés et bâille si fort que j’en ai les larmes aux yeux. Sérieusement, j’ai besoin d’un café. D’un café, d’une douche brûlante et éventuellement d’une nouvelle colonne vertébrale. Je me traîne jusqu’à la salle de bain, la tête encore dans le brouillard, et j’ouvre la porte sans réfléchir. Erreur fatale. Je reste figée. Littéralement paralysée sur place. Jace est là. Nu. Entièrement nu. De dos. Et… wow. Mon cerveau bugue. Mes yeux, eux, ont décidé de vivre leur meilleure vie. Des gouttes d’eau roulent sur sa peau, glissant le long de ses épaules jusqu’à son dos parfaitement sculpté. Ses muscles se contractent à chaque mouvement pendant qu’il s’essuie tranquillement, comme si c’était normal d’être aussi sexy dans cette situation. La serviette glisse lentement sur son ventre, descend sur ses hanches, puis… oh mon dieu. Ses fesses. Je reste plantée là, la tête légèrement penchée, à admirer la vue panoramique offerte par la nature et, apparemment, par l’au-delà. Il est tellement parfait que ça en devient indécent. Même mort, ce type respire le péché. Je sens la chaleur grimper dans mon ventre, mes joues s’enflammer. J’ai chaud. Trop chaud. Je devrais détourner les yeux. Je sais que je devrais. Mais non. Mes pupilles sont en grève. Et c’est pile à ce moment-là qu’il se retourne. Je cligne des yeux, bouche entrouverte. Et là, c’est le drame. Putain. Mais il est… énorme. Je relève la tête si vite que je me fais presque un torticolis. C'est pas vrai ! Je mate sa bite ! Je fixe désespérément le mur, le porte-serviette, n’importe quoi, tout sauf lui. Un vampire nu. Je viens littéralement de mater un vampire nu. Bravo Cassie.

— C’est toi qui joues les voyeuses maintenant.

Sa voix grave me file des frissons jusque dans la nuque.

— T’as pas des écureuils à chasser, toi ? Je viens juste prendre ma douche.

Son regard me frôle, et il balance sa serviette… en plein dans ma tête.

— Il n’y a plus d’eau chaude.

Et il se barre. Je reste plantée là, le tissu encore sur le visage, avant de refermer la porte. Je pose mon front contre le mur froid, respire un grand coup.

— Bon bah… douche froide, alors. Parfait. Exactement ce qu’il me faut.

Je secoue la tête, furieuse contre moi-même. On va devoir établir des règles. Et vite. Avant que je fasse une syncope.

__________

Bon, maintenant que j’ai les idées claires et que l’effet vampire est redescendu, je retourne dans la petite cuisine. Je pose mes armes sur la table, attache mes cheveux encore humides, puis enfile mon cuir.

— Bon, je suis prête. Apprends-moi.

— Avant, j’aimerais savoir ce que tu sais sur nous.

Je me retourne vers lui. Toujours vêtu de noir, son cuir sur les épaules, l’air impassible. Évidemment. Le cliché du vampire ténébreux.

— Vous êtes faits pour nous séduire. Tout en vous est… attrayant. Votre physique, votre peau, votre odeur. D’ailleurs, il va falloir que tu penses à fermer la porte de la salle de bain à clé. Vous êtes assoiffés de sang, des monstres sans sentiments. Sans parler de votre petit tour d’hypnotisation pour qu’on se laisse bouffer sans hurler. Vous vous prenez pour les plus forts. Personne ne vous résiste. Vous n’avez aucune compassion pour les humains ni pour les dégâts que vous laissez derrière vous. Avec vos belles petites gueules, vous détruisez tout sur votre passage.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant