Chapitre 54

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Cassiopée

Les murmures deviennent une tempête de cris. Ça hurle, ça siffle, ça menace. Tous les vampires veulent me sauter dessus. Trop tard les amis, le show est pour moi. Je m’agenouille, prenant la tête du roi entre mes mains, les yeux rivés dans ceux de Edwin.

— Alors, ça fait mal, pas vrai ? Qu’est-ce qui est pire ? La brûlure de l’argent qui te traverse… ou le fait que j’ai gagné ?

Edwin tremble, incapable de tourner la tête, mais ses yeux hurlent.

— Tu as triché ! gronde Mickaël en avançant.

— Non, non, non, mon petit coeur. Rien d’illégal. J'ai le droit. Pas d’armes en argent, oui. Mais rien n'interdit l’argent liquide. J'ai eu cette merveilleuse idée quand j'ai découvert Jace, dans sa prison. Je vous jure, vos lois sont écrites par des trous du cul. Tobias ?

Je tourne lentement la tête vers lui. Tobias avance, mains dans les poches, parfaitement détendu.

— Elle a raison. Aucun article n’interdit cette méthode.

— Ah merci ! J’ai pas passé des heures à relire vos règles de merde pour rien. Quand je serai reine, je vais m’éclater avec vous. Ça va être dingue ! J'ai des tonnes d'idées pour vous punir.

Leur tête vaut de l’or. Ils pensent que je veux le trône. C’est adorable comme c’est naïf.

— Elle joue sur les mots ! hurle Mickaël. Je ne me plierai jamais à toi ! Je te provoque en duel ! Tu n’auras pas d’avantage cette fois !

— Oh ferme-la. Tu vois pas que c’est mon moment ? Un peu de respect pour ta future reine, merde !

Je saisis la nuque d’Edwin, prête à arracher sa tête quand Jace s’avance, lentement, chaque pas résonnant comme une menace.

— Stop. En tant que ton créateur, j’ai le droit de prendre ta place.

Exact. Une loi qu’on a décortiquée sous toutes ses coutures pendant des heures. Et comme j’ai zéro envie d’être reine… je lui tends le trône comme un cadeau.

— Vous allez crever ! hurle Mickaël. Tout ça était prévu depuis le début ! C'est juste de la comédie.

— Eh ouais, putain de connard. Maintenant, c’est Jace que tu vas devoir affronter. Fais ta prière, on sait jamais, il est peut-être clément aujourd’hui. Mais je parierais pas là-dessus.

Je dépose un baiser sur la joue de Jace pendant que je lui donne Edwin, complètement immobilisé mais conscient. Et furieux. Oh, tellement furieux.

— Amuse-toi bien, mon lapin. Il est tout à toi.

Jace ne dit rien. Pas un mot. C’est pire. Il attrape Edwin par les cheveux, le soulève d’un geste sec. On entend clairement les tendons tirer, craquer, protester. Puis tout s’accélère. Un grognement monstrueux, animal, sort de la poitrine de Jace. Un son si profond qu’il fait vibrer l’air. Ses doigts se crispent dans les cheveux d’Edwin, sa main glisse sur sa gorge, ses ongles s’enfoncent dans sa peau. Et là… Il tire. La peau se déchire d’un bruit humide. Les muscles se tordent, se tendent, certains résistent avant de céder dans un claquement sec. Les os du cou craquent, implosent, éclatent littéralement sous la force. Les ligaments se rompent un par un, un claquements rapides et répétés, comme des fils qu’on arrache. Le sang jaillit en arc, éclaboussant le visage de Jace, ses bras, son torse. Il ressemble à un dieu de la guerre sorti d’un bain de sang royal. Dans un dernier mouvement brutal, il arrache la tête d’un seul coup. Le cerveau, la moelle épinière et des lambeaux nerveux pendent encore, gouttant sur le sol dans un ploc répugnant. Le corps d’Edwin s’effondre, lourd, mou. Jace tient la tête par les cheveux, haut, comme une victoire. Les yeux d’Edwin s’éteignent sous mes yeux, la vie disparaissant comme un souffle.

CASSIOPÉEDes histoires addictives. Découvrez maintenant