Cassiopée
«Cassie… réveille-toi.»
Sa voix se glisse dans mon esprit comme une caresse chaude au milieu d’un champ de ruines. Grave. Profonde. Vibrante. Elle s’accroche à moi alors que quelque chose m’arrache littéralement de l’intérieur. Et je brûle. Mon Dieu que je brûle. Pas comme une fièvre. Pas comme un coup de soleil. Non. Comme si mes veines étaient remplies d’acide. Comme si un chalumeau me perçait la peau de l’intérieur. Comme si j’étais jetée sur un bûcher et qu’on attisait les flammes pour être sûr que je sente chaque centimètre de mon corps fondre. Je hurle. Ou peut-être que je suffoque. Peut-être que je fais les deux. Jace est là, sa voix enroulée autour de la mienne, murmurée sans bouche, sans souffle, juste lui, dans ma tête.
«Je sais que tu as mal, mon amour. Tiens bon. Ça va passer.»
Ses mots glissent comme une goutte d’eau dans un désert en feu. Encore. Encore. Mais rien n’arrête l’incendie. Je veux bouger, mais je suis clouée, ligotée par mon propre corps. Prisonnière de ma peau. Je veux respirer, mais ça ne sert à rien. Je veux arracher quelque chose, me débattre, frapper, n’importe quoi… mais chaque tentative est un coup de masse dans mes os. J’ai l’impression que je me fissure, que je vais éclater en morceaux comme du verre chauffé trop fort. Je perds la notion du temps. Il ne reste plus que la douleur. Elle, Jace, et moi… enfermés dans une pièce qui n’existe même pas.
«Cassie… reste avec moi.»
Sa voix tremble. Il a peur. Pour moi. Et soudain, sans prévenir, tout s’éteint. Le feu, la torture, la pression dans mes côtes, la sensation que mes organes fondent… Tout disparaît. Je flotte. Je suis légère. Je ne souffre plus. J’ouvre les yeux. Deux visages me surplombent. Jace. Roméo. Leur inquiétude disparaît instantanément, remplacée par un sourire éclatant. Ils sont… magnifiques. Littéralement à couper le souffle. Je me redresse d’un bond, sans poids, sans douleur, sans hésitation. Et cette sensation de puissance… Putain, mais comment j’ai pu vivre 19 ans avec ce corps d’humain faiblard ? Puis une odeur me frappe. Un parfum tellement bon qu’il me met à genoux intérieurement. Je me tourne, en transe, à quatre pattes sur le lit, prête à descendre, guidée par cet arôme sucré, chaud, vivant.
Le monde… Je n’y ai jamais eu accès comme ça. Chaque couleur est un cri. La moindre vibration dans l’air ressemble à une information qu’on me transmet directement. Un chien aboie. J’entends ses griffes s’enfoncer dans la terre. J’entends la sonnette de sa maison, trois rues plus loin, résonner comme si j’étais là, juste derrière lui. Je me lève du lit. Mes pieds touchent le carrelage… mais la chaleur n’existe plus. Mon corps est solide, froid, immortel. Je pivote sur moi-même, fascinée. Et là… un miracle banal que je n’ai jamais remarqué avant.
— Vous avez vu ça les mecs !
Des milliers de particules de poussière flottent dans l’air. Elles perçoivent chaque rayon du soleil comme des diamants suspendus. C’est hypnotisant.
— Comment tu te sens ? me demande Jace.
« Tu sens tellement bon, Cassie »
La voix de Jace se glisse dans ma tête sans prévenir. Un lien. Un fil de lumière. Une attraction immense. Il n’a jamais été aussi… irrésistible. Beau au point d’en être douloureux. Je respire… ou plutôt j’essaie. Je n’y arrive pas. J'en ai pas besoin. Mes crocs sortent. Deux pointes frôlent ma lèvre inférieure. Je passe mes doigts dessus, fascinée. Mon cœur est silencieux.
— Je me sens bien. Mon cœur ne bat plus.
— Bienvenue dans notre monde ! me dit Roméo. Tu es une vampire, Cassie. Alors ? Comment c’est dans ta tête ?
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CASSIOPÉE
RomansaCassiopée, 17 ans, pensait mener une vie ordinaire... jusqu'au jour où sa mère lui révèle un secret impensable : elle est une hybride, à moitié humaine, à moitié vampire. Des crocs, des yeux verts étincelants ? Cassie refuse d'y croire. Les vampires...
