Chapitre 18

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Cassiopée

Je suis réveillée depuis un moment, mais je n’ose pas bouger. Mon esprit refuse de lâcher ce qui s’est passé hier… et putain, j’ai envie de me baffer rien qu’en y repensant. On aurait dit une folle furieuse nymphomane qui se laisse aller sans limite. Je l’ai laissé me caresser, me lécher, me faire jouir encore et encore. J’ai perdu le compte de mes orgasmes… et c’était incroyable. C'est la première fois que je laisse un homme aller aussi loin avec moi. Et moi… mon dieu… je me revois à genoux sur le lit, à lécher son sexe, à goûter son sperme comme une morte de faim. Selon Louna, c’est censé être épais, gluant, salé et parfois amer. Moi, j’ai trouvé ça délicieux, doux, presque sucré, et étonnamment fluide. Et dire que je lui ai demandé de me baiser… Heureusement qu’il n’a rien fait. Pourquoi d’ailleurs ? Je ne suis pas son genre ? Ou peut-être qu’il préfère celles qui ont de l’expérience… ou les mecs… ouais, je sais pas. Mais ses paroles me hantent encore. « J’espère que tu t’en souviendras pas. » Il espère que j’oublie. Mais pourquoi ? Il ne l’a pas fait par plaisir, sinon il serait allé jusqu’au bout. Il m’a juste soulagée. Et c’est à cause de lui que j’étais comme ça, incapable de réfléchir. Tout ce que je voulais, c’était ressentir ce plaisir, encore et encore. Mais pourquoi je me pose toutes ces questions ? Depuis quand j’en ai quelque chose à foutre de l’avis des autres ? C’était juste un écart, rien de plus. Et ça m’a permis de découvrir ce que sont les préliminaires… et c’était explosif. Je ressens encore ses doigts sur ma peau, sa langue glissant dans mes chairs, son sexe me remplir la bouche… Non ! Stop ! Je frappe mes draps de coups de pied, chassant ces images de ma tête.

Je ne suis plus sous l’effet de son sang, fini les conneries !

Je me lève enfin pour rejoindre la salle de bain. Tout ça, c’est du passé. Il veut que je l’oublie ? Très bien. Il ne s’est rien passé.

Propre et habillée, je traverse la villa en me disant que cette nuit, je resterai dehors sur la terrasse à regarder les étoiles, comme je le faisais avec ma mère. Henry est déjà là, impeccablement vêtu de son costume bleu marine et sa chemise blanche, un plumeau dans la main gauche qu’il fait glisser avec application sur les étagères du salon.

— Bonjour, Cassie. Votre petit-déjeuner est prêt.

— Henry, tu veux repartir dans la piscine ?

Il tourne la tête vers moi avec un petit sourire, pendant que j’attrape une tasse de café et un donut. Le pauvre doit vraiment s’ennuyer pour passer ses journées à faire la poussière.

— Tu as l’air de meilleure humeur qu’hier soir. Bien dormi ?

Ouais, je suis sûre qu’il a dû m’entendre hurler comme une folle hystérique … et j’apprécie qu’il ne fasse aucun commentaire. D’ailleurs… où est Jace ? Je ne sens pas sa présence.

— Plutôt pas mal, oui. Mais toi, t’en as pas marre de passer tes journées à nettoyer ? T’as jamais envie d’être libre ? Tu me fais penser à un elfe de maison… tu sais, comme dans Harry Potter.

Je rajoute une bonne dose de sucre dans ma tasse, en léchant le glaçage sur mes doigts avant de me resservir.

— Oh, tu parles du sorcier avec sa baguette magique ? s’exclame Henry en attrapant une éponge pour nettoyer mes miettes.

Ce mec est vraiment obsédé par la propreté, ou quoi ?

— Exactement. Tu connais ? Je suis impressionnée !

— Évidemment, pendant mon temps libre je regarde plein de films. Maître Jace m’a donné accès à tout.

Ouais, bah heureusement ! Si ça fait trente ans qu’il est là, il doit avoir plus de culture cinématographique que moi.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant