Cassiopée
On y est, je le sens jusque dans les os. La présence des vampires nous entoure, tout mon corps frissonne. Étonnamment, je reste calme. J’entends des cœurs : certains battent comme des tambours, d’autres à peine. Je ne peux pas les identifier d’ici, il faut qu’on se rapproche. Je serre le manche de mon épée. Mon pouls reste contrôlé, mon esprit se ferme : mieux vaut ne pas inviter la curiosité vampirique. Tous ne lisent pas les pensées, mais je ne prends pas de risques. Ça fait dix minutes qu’on a quitté les galeries, et nos chaussures ne baignent plus dans l'eau. J’éteins la lampe et la coince à l’arrière de mon jeans, puis je sors mon téléphone. Je tape un message pour Jules en ignorant les centaines d'appels manqués de Jace et Louna.
« Tu sens Shawn et Alex ? »
Jules hoche la tête et tape sa réponse sur mon écran.
« Shawn est blessé. Suis-moi, on doit se rapprocher. »
Merde. Je range le téléphone et colle mes pas aux siens. J’ouvre l’oreille à la manière que Jace et Robert m’ont apprise : inspirer, tendre l’ouïe, trier le bruit. Mon côté vampire s’éveille en arrière-plan, les murmures deviennent paroles, les paroles deviennent cris, et il y a des rires, le claquement froid du métal, des armes qui s’entrechoquent. Des épées. Ils combattent, et certains applaudissent comme à un spectacle.
On arrive dans un grand couloir vide. Plusieurs tunnels s’ouvrent devant nous, quelques gouttes tombent au loin, d’énormes tuyaux d’évacuation courent au-dessus de nos têtes. Difficile d’évaluer le nombre d’ennemis. Jules n’a pas l’air tendu, il se fige et écoute. Je m’apprête à lui dire qu’on bifurque à droite quand il me devance d’un doigt et désigne l’allée. Je hoche la tête et fonce. C’est dans ces moments que je suis contente d’être qui je suis. Ils sont plusieurs captifs. Après quelques mètres, une lumière crue s’ouvre devant nous, une sortie, et juste à l’entrée, un vampire surgit. Il bondit. Je glisse au dernier instant pour diminuer l’impact, sa jambe s’expose. L’argent tranche la chair, je plante ma lame dans sa cuisse, puis, dans un geste fluide, je retire une deuxième lame fixée à ma cuisse et la lui enfonce en plein cœur. Si ces types soutiennent Marcus et ses « jeux », ils doivent mourir. Le corps s’effondre. Je récupère mes armes en souriant. Je déchire. Jules me regarde et m’applaudit sans bruit, un petit sourire de tombeur qui m’arrache un autre sourire. Il lève cinq doigts pour me signaler : ils sont juste là, à portée. Parfait. Je suis super en colère. Jules file devant avec la vitesse silencieuse d’un vampire, et je le suis en courant. Il a intérêt à m'en laisser au moins deux. Tout mon corps vibre de colère. Leurs supplications me traversent comme des lames, des hommes enfermés qui implorent qu’on les laisse partir, et mon sang bout. J’accélère quand j’aperçois la sortie. Jules, déjà sur place, enchaîne contre trois vampires. Je balaie du regard la zone pour repérer les deux autres, pas besoin d’attendre longtemps : ils déboulent sur ma droite. Je fais tournoyer mes armes, concentrée, et les laisse venir. Ils sont beaucoup moins rapides que Jace et Roméo, même Jules. J'arrive à intercepter leurs mouvements. Le premier, châtain, tente le classique, mordre le cou. J’ai déjà vu la scène. Je le laisse croire qu’il va se régaler… et au dernier instant, je lui transperce le cœur. Ses crocs s’arrêtent à quelques centimètres de ma peau, et je le bascule par-dessus mon épaule et l’abats au sol. Ma lame disparaît dans sa poitrine. Mes yeux doivent briller, parce que ça le déstabilise, j’en profite pour trancher la tête du second d’un geste net. La force me traverse net. Je regarde la tête rouler et souris, froide. Bande de cons. Je reviens vers Jules pour l’aider, et plante ma lame d’argent dans leurs cœurs pour m’assurer qu’ils ne se relèvent pas. Lui se bat bien, mais on n’a pas de temps à perdre. À l’œil nu un humain se serait perdu, pas moi. Je fonce sur le grand blond et, d’un coup sec, je lui transperce le torse. Je tiens son corps, tourne la lame, m’assure qu’il s’éteint. Jules, par-dessus son épaule, m’envoie un regard qui me fait pouffer. Ouais mec, j'en ai eu plus que toi. Il lève les yeux au ciel en réajustant son pull pendant que j’essuie ma lame sur le tee-shirt du vampire. On replonge à droite : il faut accélérer. Les couloirs se resserrent et deviennent plus étroits au fur et à mesure qu’on avance, mais je sens qu’on est proches. Jules me guide comme un plan vivant, et sans lui, je tournerais en rond. Il suit l’odeur du sang, son visage trahit la faim qui monte. Au moment de passer une porte, il me plaque d’un coup contre le mur, me couvre du mieux qu’il peut et pose un doigt sur ma bouche. Le contact est brusque, un frisson devale sur ma peau. Je contrôle mon rythme cardiaque, comme on me l’a appris. Jules hoche la tête, comme s'il savait lui aussi, puis désigne mes yeux d’un signe discret. Je ferme les paupières pour me calmer, mais des voix me parviennent.
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CASSIOPÉE
RomantikCassiopée, 17 ans, pensait mener une vie ordinaire... jusqu'au jour où sa mère lui révèle un secret impensable : elle est une hybride, à moitié humaine, à moitié vampire. Des crocs, des yeux verts étincelants ? Cassie refuse d'y croire. Les vampires...
