Chapitre 36

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Cassiopée

— Alors les bouffons... qui est le premier qui va mourir ? Faites pas les timides, je vous attends.

Mes yeux brûlent de plus en plus, sans mes lentilles ils verraient qui je suis réellement, elles me gênent mais je préfère les garder pour l'instant. Il est temps que tout ce trafic de femmes se termine.

— Tu es qui ? crache l’un d’eux, arrogant.

J'incline la tête, épaules détendues, sourire de bluff.

— Juste celle qui va te tuer. Bah alors personne ne bouge ! On va faire un pif pouf.

Je commence à chanter en les désignant du doigt, quand je sens une puissance, j'entends la voix de Roméo avant même qu'il apparaisse à mes côtés.

— Oh ma Juliette ! Quelle belle voix. Besoin d'un coup de main ?

— J'allais m'occuper d'eux sans aide mais maintenant que tu es là, mon Roméo, fais-toi plaisir.

Les cinq vampires nous regardent comme si c'était pas réel ce qui se passe. Je termine ma chanson en me demandant où est Jace ? Et mon doigt s'arrête sur celui qui m'avait posé une question. Parfait j'aime pas sa gueule.

— Alors ça sera toi ! Crève enfoiré !

On fonce. Ensemble. L’adrénaline se déverse dans mon corps. Boire du sang de vampire me donne tellement de rapidité, j'arrive à suivre leurs mouvements facilement. Mes réflexes sont trop rapides pour leurs gestes. Le premier tente une attaque basique : un crochet pour m’ouvrir la gorge. Je l’esquive, pivote, et mon talon lui explose le sternum, il bascule. Je récupère mon couteau d’un mouvement fluide et l’enfonce dans sa cage thoracique, l'argent traverse son cœur, il tombe comme un arbre. Le deuxième envoie une droite, je bloque avec l’avant-bras, je sens l’os craquer sous la force, je réponds par un coup de genou dans les côtes qui le replie en deux. Roméo le saisit au vol, lui explose la nuque contre la paroi. Un poing percute mon dos, mais quand je me retourne pour lui en coller une, je vois une main l'attraper par le tee-shirt, il se prend un coup de boule avant d'être balancé dans le mur. Jace est là. Il me lance un regard rempli d'inquiétude avant de se lancer dans le combat. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine, il est là ! Pas en très bonne forme vu ses vêtements arrachés, et du sang sur lui, mais il est en vie. Enfin façon de parler. On se rejoint, dos à dos, trois silhouettes en mouvement : lui, Roméo, moi. Le quatrième tente de fuir. Erreur. Jace l’attrape par la nuque, la poigne est une tenaille, et en un geste sec il arrache la tête. La chair claque, le corps s’effondre, la nuque goutte. Je sens l’odeur métallique, presque sucrée. Je continue : je plante ma lame dans le cœur du dernier, je la tourne, je sens la résistance du muscle, puis plus rien. Il est desséché. Le silence retombe, pesant, seulement interrompu par ma respiration haletante.  Je me redresse, croise le regard de Jace. Il me scrute : inquiétude, soulagement, quelque chose de plus obscur.

— Il y a douze filles dans un camion et trois dans une pièce. Il faut les soigner et les hypnotiser.

Jace esquisse un sourire bref, presque humain. On a gagné cette manche. Mais la partie n’est pas finie.

— Tu es partie dans un trafic, Cassie ! Tu aurais pu mourir ! T’es vraiment cinglée. Tu dois avoir des problèmes psychologiques, je vois pas d’autre explication. Tu aimes mettre ta vie en danger, c’est ça ? Ça te rend plus humaine ?

Je lève les yeux au ciel, essuie tranquillement le sang sur mon couteau et me place face à lui. Il a raison sur les deux dernières phrases, du moins. Le danger me fait me sentir vivante.

— Tu croyais vraiment que j’allais les laisser partir ? Je compte trouver toutes les autres filles. Et si je dois recommencer, je le ferai.

Il ne bouge pas, les bras croisés, les sourcils froncés. Il a cicatrisé, mais les taches de sang séché sur sa peau et les trous dans ses fringues prouvent qu’il s’est pris plusieurs balles.

CASSIOPÉEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant