Jace
— Cassie déteint sur toi, mon pote, s’exclame Roméo. C’est son genre de foncer sans réfléchir. Mais pas toi. Toi tu es plutôt du genre à analyser avant d’attaquer.
Je viens de lui exposer mon “plan” pour tuer Edwin : aller au château et lui couper la tête. Point final. Pas de détour. Pas de stratégie. Rien d’autre que le besoin viscéral d’en finir. Et peut-être qu’il a raison. Peut-être que je devrais préparer quelque chose : un plan B, une équipe, une putain de ligne de retraite. Quelque chose.
— Je veux juste en finir. Tout ça dure depuis trop longtemps.
— Tu fais ça pour qui, Jace ? Tu peux pas y aller comme ça. Tout seul tu n’as aucune chance.
Je fais ça pour Cassie. Pour moi. Pour tout ce qu’il va nous prendre, pour tout ce qu’il menace encore.
— Vive la confiance, grogné-je en serrant la mâchoire.
Roméo laisse échapper un soupir et s’écroule dans le seul canapé que j’ai pas explosé.
— Tu es fort, Jace. Mais j’ai pas à te rappeler qu’il a une armée. T’auras même pas le temps de sortir ton arme qu’il aura déjà averti ses soldats.
J’entends Henry marmonner dans son coin en ramassant les éclats de verre au sol. L’aspirateur, le balai, le bruit sec du plastique contre les carreaux… il tourne depuis des jours. J'ai littéralement détruit tout le salon quand Cassie a passé cette porte. Je suis parti en vrille.
J’ai jamais ressenti une telle douleur. Quand elle est sortie, j’ai cru qu’on m’arrachait le cœur. Comme s'il battait encore. J'avais mal, putain. J’ai dû me retenir pour ne pas la saisir, la retenir, l’enfermer contre moi. J’étais prêt à l’attacher. À faire n’importe quoi pour qu’elle reste. Mais je lui avais laissé le choix. Et même si la laisser partir m’a déchiré, je l’ai fait. Je lui ai donné ce qu’elle m’avait demandé. Mais ça ne veut pas dire que j’abandonne. Et surtout, je la surveille. Je sais qu’elle est toujours chez Robert. Je sais qu'elle a peur, pas besoin d'un lien pour le comprendre. Quand j’aurai réglé le cas Edwin, j’irai la chercher. On ne risquera plus rien. Et elle et moi… Ça ne peut pas finir comme ça. Pas nous. On est des âmes sœurs, je le sais.
«Tu penses à elle ? Moi aussi elle me manque déjà. Elle est où ?»
«Toujours en Californie. J'irai la voir en revenant. Tu restes ici, tu vas veiller sur elle pour moi.»
«Quel genre de déclaration d'amour tu lui as faite pour qu'elle se barre ? Tu sais que c'est pas une fille à fleurs ? Une panoplie d'armes en argent lui convient mieux.»
Cassie aime la violence, l’action, le danger. Mais elle aime aussi la douceur. Même si elle se planque derrière son sarcasme, elle en a besoin. Elle en crève. Je pensais qu’elle était prête à l’entendre que je l'aime. Prête à comprendre ce que je ressens. J’aurais dû attendre. Elle aurait dû me parler de ce qu'elle ressentait en voyant la bague que je garde autour de mon cou avant que tout explose. Elle croit qu’elle représente quelque chose qu’elle déteste. Alors que ça n’a rien à voir. Elle me manque. Putain, elle me manque à en avoir mal. Trois jours que j’ai pas entendu son rire. Trois jours que j’ai pas vu son sourire se foutre du monde. Son odeur flotte partout, sur mes draps, mes vêtements… Ça me rend fou. J’ai besoin de sentir son corps chaud contre le mien, de la serrer, de l’entendre respirer contre ma gorge. J’aimais poser mes doigts sur elle et sentir son cœur battre. Ce simple son arrivait à m’apaiser. À me ramener à moi. Mais je vais lui laisser quelques jours. Quelques jours de paix avant que je vienne la récupérer. Si Edwin est la raison de son départ, alors ce problème se règle aujourd’hui. Parce que personne, absolument personne, ne me prendra Cassie. Plus jamais.
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CASSIOPÉE
RomanceCassiopée, 17 ans, pensait mener une vie ordinaire... jusqu'au jour où sa mère lui révèle un secret impensable : elle est une hybride, à moitié humaine, à moitié vampire. Des crocs, des yeux verts étincelants ? Cassie refuse d'y croire. Les vampires...
