Chapitre 41

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‹ Magnus ›

Seul dans les appartements d'Alexander, je feuillette le livre de Qhara pour essayer de dresser un peu mon esprit. Depuis hier, il n'arrête pas de vagabonder et j'avoue que je suis un peu soulagé d'être seul parce que c'est assez difficile de cacher à mon époux que j'ai la tête ailleurs. Sa mère l'a fait mander, peu après le réveil, pour qu'il descende prendre le petit-déjeuner avec tout le monde. Je pense qu'elle n'a pas apprécié qu'il décide de rester avec moi le reste de la journée, hier. Il s'est inquiété parce que j'ai fait un malaise. J'en suis encore gêné... M'écrouler comme ça devant tout le monde, mais j'ai eu si peur. Je devrais avoir davantage confiance en Natë, et en Jace, visiblement.

Je tourne une page du livre en soupirant. Je me sens mieux et je suis heureux que le mariage d'Alexander et de la princesse Clarissa soit enfin annulé. Malheureusement, ça n'empêche pas mon esprit de ressasser encore et encore les paroles de la reine Camille et je n'arrive pas à comprendre pourquoi je suis autant perturbé par le fait qu'elle ait parlé d'enfant. Enfin, si, parce qu'elle m'a dit vouloir des enfants avec moi et que l'imaginer me donne envie de vomir. Mais ce n'est pas exactement ce qui est resté dans ma tête.

— Ah pourquoi suis-je un homme ? râlé-je en tournant une autre page, un peu plus brusquement.

Si j'étais une femme, tout serait vraiment plus simple, non ? Et je pourrais donner un héritier à Alexander. Je me surprends à sourire en imaginant à quoi pourrait ressembler ses enfants. Ils seraient magnifiques, forcément. Le seul hic, c'est que si j'étais une femme, il ne serait pas tombé amoureux de moi.

Je renverse ma tête contre le dossier du sofa au moment où la porte s'ouvre sur mon prince. Je me redresse un peu et il vient se laisser tomber à côté de moi. Il paraît déjà éreinté. Je prends sa main pour entrelacer nos doigts.

— Quelque chose ne va pas ? lui demandé-je.

— Entre la reine Camille qui n'a pas cessé de me fusiller du regard et ma mère qui a passé son temps à dire à quel point elle est fière de ces unions qui donneront de beaux enfants, je crois que je n'ai jamais été aussi mal à l'aise de ma vie.

— P-pourquoi mal à l'aise ?

Je me mords la lèvre. Je comprends qu'il soit mal à l'aise à cause de Camille, mais je m'inquiète qu'il soit soudainement gêné par l'infertilité de notre mariage. Il pose sa tête sur mon épaule sans me regarder.

— Oh je n'étais pas le seul. Les pauvres, ils ne sont pas encore mariés qu'on leur demande déjà une descendance...

— Et cela t'étonne, venant de ta mère ?

— Non. Je suis certain qu'elle avait déjà imaginé à quoi ressembleraient mes enfants avec la Princesse.

Il échappe un rire et je me force à faire de même mais je sens mon corps se tendre légèrement. Comme il s'en rend compte, il se redresse et, cette fois, me regarde. Je baisse rapidement les yeux sur le livre toujours posé sur mes jambes.

— On va leur annoncer notre mariage, d'accord ? souffle-t-il en glissant sa main libre sur ma joue. Au moins à mes parents, je ne veux pas que ma mère se mette en tête de me chercher un époux. J'en ai assez de son comportement et de ses paroles à ton encontre. Et, plus que tout, je veux qu'on te débarrasse de ce rôle de domestique et leur montrer que tu es mon égal.

Je hoche la tête en rougissant – non, je ne serai jamais son égal – et il m'embrasse. Ses lèvres me font rapidement oublier toutes mes pensées et je me laisse aller à notre baiser durant quelques minutes, avant que je ne me blottisse contre son torse, mon visage contre son cou. Je sais qu'il comprend que je lui cache mes inquiétudes, mais je n'arriverais pas à les formuler même si je le voulais. De toute façon, je n'ai pas très envie de lui avouer que les paroles de la Reine Noire ont réussi à me perturber. Je n'ai pas non plus envie qu'il s'imagine que je veux des enfants, mes enfants. Enfin, j'en voudrais, mais uniquement si c'était les nôtres.

Le secret de Lenora (Malec AU)Des histoires addictives. Découvrez maintenant