‹ Magnus ›
Je me sens un peu rassuré par la réaction d'Isabelle et de la princesse Clarissa. J'avais un peu peur que, comme Maryse, elles crient au démon, mais il faut croire que je ne connais pas si bien que ça ces deux demoiselles. La sœur d'Alexander tient précieusement Raphaël dans ses bras en ne cessant de l'appeler son « neveu », comme si sa naissance était on ne peut plus normale. Assise à côté d'elle, la princesse de Valmore dévore des yeux le bébé. Elles sont incroyablement douces et précautionneuses, leurs gestes sont doux et, depuis leur arrivée, il n'a plus pleuré. Signe qu'il n'a pas peur d'elles.
Alors pourquoi est-ce qu'à chaque seconde qui passe, la seule envie que j'ai est de le reprendre pour m'assurer qu'il va bien ? C'est complètement insensé. Il est à moins de trois mètres de moi, puisque nous sommes installés sur le fauteuil, mon époux et moi, et je sens que je pourrais bondir à tout instant. Enfin, si les bras d'Alexander ne me retenaient pas aussi fermement sur ses cuisses. J'imagine qu'il doit sentir que je ne suis pas aussi rassuré que j'essaie d'en avoir l'air. Fort heureusement, les deux princesses n'ont d'yeux que pour Raphaël.
Je réprime un soupir et pose ma tête sur l'épaule de mon prince, j'entends son rire léger. Il dépose un baiser sur mon front puis y appuie sa joue. L'une de ses mains vient jouer dans mon cou avec tant de tendresse que je dois pincer mes lèvres pour ne pas gémir.
— Dis Magnus, commence la voix de Clarissa qui me fait rouvrir les yeux. C'est la première fois que je te vois aussi négligé.
— Comment ça ?
Alexander rit à nouveau, plus franchement, et je me redresse en jetant un œil à mes vêtements qui sont les mêmes que d'habitude. Quand je regarde mon prince, il désigne mes cheveux d'un léger signe de tête et les filles rient à leur tour. Je pose mes mains sur ma tête et réalise que les tresses que j'ai fait la veille n'ont finalement pas résisté à la nuit. Je fais la moue et claque des doigts pour les arranger.
— Oserais-je vous faire remarquer qu'habituellement je suis levé depuis longtemps quand vous me croisez, Vos Altesses ? grogné-je.
Leurs rires redoublent. Je ne voulais pas être aussi clair sur ma mauvaise humeur mais je suis, en effet, un peu embarrassé que mon prince m'ait vu ainsi. Je crois qu'il n'y a pas un seul matin depuis notre adolescence – peut-être même depuis que nous nous connaissons – où je ne me suis pas levé avant lui, même en partageant le même lit. Après tout, c'est le rôle des domestiques d'être prêts avant leurs maîtres.
Des coups sur la porte me font me lever, mais Alexander attrape ma main pour m'empêcher d'aller ouvrir et il dit à la personne d'entrer. Il se lève à son tour pour accueillir le garde qui regarde, un peu étonné, le bébé dans les bras de la princesse.
— Pardon de vous déranger, Votre Altesse, Sa Majesté le Roi vous demande dans le grand salon. Magnus également.
Je passe une main sur mon visage et mon prince renvoie l'homme en lui disant que nous arrivons. Je ne m'attendais pas à ce que la reine mette longtemps avant d'essayer de chasser mon fils du château, mais tout de même... Je n'imaginais pas qu'elle réussirait à convaincre le roi aussi vite.
— Allons-y, dit Alexander en prenant ma main.
— Quoi, mais... Et Raphaël ?
— On peut s'occuper de lui, me dit Isabelle. Ne t'inquiète pas, j'ai vu les domestiques se charger de Max quand il était bébé.
De mauvaise grâce, j'accepte et quitte la chambre avec la désagréable impression de laisser une partie de moi. Je ne peux m'empêcher de me retourner une dernière fois quand nous sortons du couloir et, quand je regarde à nouveau devant moi, Alexander s'approche pour passer une main dans mes cheveux.
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Le secret de Lenora (Malec AU)
Fiksi PenggemarAu royaume d'Hazelrune, un jeune elfe prénommé Magnus attend avec impatience le retour de son maître, qui n'est autre que l'héritier du trône. Depuis le départ de ce dernier, les autres habitants du château abusent de la bonté du jeune serviteur et...
