Depuis que ce mec a dit que Sam était moche avec ses boutons, il y a onze jours, ce dernier ne va pas vraiment bien. Nous sommes samedi soir et il est chez moi, dans mon lit et dans mes bras, et il est donc physiquement présent. Mais mentalement, il n'est pas vraiment là, et ça me tue.
J'en veux tellement à celui qui l'a bousculé. On commençait à peine à sortir ensemble, et tout aurait dû être parfait, mais ce gars a tout bousculé, c'est le cas de le dire.
J'ai l'impression que Sam a perdu une grande partie de sa confiance en lui. Il me repousse lorsque je veux embrasser ses joues ou son front, n'accepte aucun de mes compliments. Je ne sais pas quoi faire pour l'aider, et ça aussi me tue. Je veux l'aider, je veux qu'il réalise à quel point il est beau. Ou au moins qu'il ne complexe pas comme ça.
Je vois bien qu'il est fatigué, il n'a pas dû beaucoup dormir pendant ces onze jours. C'est pour cette raison que je l'ai invité à venir chez moi ce week-end, avec l'espoir qu'il puisse se reposer plus facilement en étant dans mes bras.
C'est le week-end de Noël, la semaine prochaine. Je sais que je n'aurai pas l'occasion de le voir pendant la première semaine de vacances, alors je veux profiter de sa présence un maximum, et prendre ce temps pour prendre soin de lui.
Je commence sérieusement à m'inquiéter pour lui, il n'est pas du tout comme d'habitude. Celui qui l'a insulté doit vraiment avoir des problèmes au niveau des yeux pour ne pas voir à quel point mon copain est magnifique. Je veux vraiment que Sam reprenne confiance en lui et aille mieux, parce que ça me brise le coeur de le voir ainsi. Je veux le meilleur pour lui. Et il mérite vraiment le meilleur.
Sauf que je ne sais vraiment plus quoi faire pour l'aider. Alors je me contente d'être présent et de l'aimer, en espérant que ça finira par fonctionner.
— Jojo...Je peux rester aussi demain soir ? Ma soeur invite encore ses amis, et je veux rester plus longtemps avec toi.
— Si ça ne tenait qu'à moi, tu dormirais ici tous les soirs Sam, répliqué-je. En plus ma grand-mère t'adore, donc évidemment que tu peux rester.
Le soulagement s'installe en moi lorsqu'un sourire prend place sur ses lèvres.
Nora aussi a pu constater les dégâts provoqués par le garçon qui a bousculé Sam. Pendant ces onze jours, elle a aussi tenté d'aider son meilleur ami en l'emmenant faire des sorties, avec ou sans moi, et je sais qu'elle nous a pris plusieurs fois en photo. Le dernier point, je ne sais pas trop pourquoi faire, mais elle m'a montré quelques clichés, et Sam est vraiment sublime dessus.
Ce qui m'inquiète le plus à propos de mon copain, c'est qu'il évite maintenant sa propre image, son propre reflet. Il fait comme moi maintenant, j'ai pu le constater lorsqu'il est parti prendre sa douche : il éteint la lumière de la salle de bains. Il ne veut plus se voir je crois. Ça me fait peur, parce que je sais comment ce genre de choses commencent, c'est difficile de sortir de ces habitudes par la suite. Moi, je demeure presque incapable de voir mes cicatrices.
— T'es beau Sam, chuchoté-je en appuyant le bout de mon nez contre le sien.
— Comment tu peux dire ça alors que tu vois tous les jours ta peau parfaite ? lâche-t-il douloureusement.
Je me redresse, l'entraînant avec moi. Il s'assoit sur mes cuisses, chose qu'il a pris l'habitude de faire lorsqu'il veut que je le garde dans mes bras lorsque nous sommes assis.
— Ta peau n'est peut-être pas parfaite, comme tu dis, mais ça ne change rien à la beauté de ton sourire ou de ton regard. Cela ne change rien à ta beauté tout court, en fait. Ça m'énerve que tu n'arrives pas à voir à quel point tu es beau...
— Tu le penses vraiment ?
— Lèves-toi, viens avec moi.
Je le guide dans la salle de bains et le place en face du miroir. J'enroule un bras autour de sa taille, posant mon menton sur son épaule. De ma main libre, je caresse délicatement sa joue.
— Regarde toi. Tu vois, là, tes joues qui rougissent ? C'est adorable. Tu vois ton regard qui se pose sur nous ? C'est adorable aussi. Sam, t'es le plus beau à mes yeux, regarde la façon que j'ai de te regarder.
Sam se retourne brusquement et se blottit dans mes bras. Il relève rapidement la tête pour déposer ses lèvres sur ma joue, très proche de ma bouche. Un léger sourire naît sur moi, provoquant un grand sourire chez lui. Il est beaucoup trop mignon pour mon cœur.
— Tu te sens mieux mon amour ?
— C'est nul, toi t'as un surnom à me donner mais moi j'en ai pas, je sais pas comment t'appeler. Ça me donne des papillons quand tu m'appelles comme ça, donc j'aimerais bien te donner un surnom qui te ferait le même effet...
J'aime tellement son honnêteté et sa manie de toujours dire ce qu'il pense. Même si ça me fait rougir comme maintenant.
— Tu n'as pas besoin d'un surnom pour me donner des papillons, murmuré-je. Juste toi, ça suffit.
Il sourit encore une fois, ses joues rougissant délicatement. J'aime aussi beaucoup le fait que nous fassions exactement la même taille. C'est plutôt pratique, je n'ai pas à lever ou baisser la tête si je veux l'embrasser.
— Mais c'est trop mignon les surnoms, je veux t'en trouver un.
Il embrasse le bout de mon nez et je fonds. Je suis complètement fou de lui, c'est affolant. Je ne me serais jamais imaginé être aussi gaga de quelqu'un, vraiment. Mais je suis heureux que ce soit avec Sam que ce phénomène se produise, parce que je sais qu'il est pareil que moi pour ce point.
— Il fait froid ici, on retourne dans ton lit ?
Il a l'air d'aller mieux. J'espère seulement qu'il ne fait pas semblant pour me rassurer, et qu'il va vraiment mieux. Je veux qu'il aille bien, il mérite tellement d'être le plus heureux.
***
— J'hésite à en parler à mes parents, déclare Sam.
Après le petit-déjeuner, nous sommes remontés dans ma chambre. Ma grand-mère a dit que nous sommes un "couple de flemmards", chose qui m'a fait rire doucement et qui a fait rire mon copain.
— Parler de quoi mon amour ?
— Leur dire pour nous. D'ailleurs je t'ai trouvé un surnom, mais j'ose pas le dire haha.
— Prends le temps qu'il te faut pour leur en parler Sam, je ne t'oblige à rien. C'est quoi le surnom ?
Il sourit malicieusement, faisant briller ses yeux.
— Tu le sauras plus tard !
C'est nul, j'avais hâte de lui sauter dessus pour l'embrasser après qu'il m'ait provoqué beaucoup trop de papillons pour que je le supporte tout seul.
— Mon amour...insisté-je doucement. Pourquoi plus tard ?
— J'attends la bonne occasion, tu verras.
Je suis sûr qu'en insistant un peu plus longtemps j'arriverais à le faire craquer. Mais je ne le fais pas, je me contente de l'attirer contre moi. Pour le faire basculer sur le matelas et me placer au-dessus de lui.
Son regard devient plus intense alors que je place mes mains de chaque côté de sa tête.
— On dirait que tu veux me bouffer, mon coeur, chuchote-t-il.
Oh putain, le surnom.
— Surtout t'embrasser jusqu'à ce que nous ne puissions plus respirer.
— Ah oui ? Montre moi ça.
VOUS LISEZ
CINQ ACTES
RomanceDans ce lycée d'art depuis un an, Sam pensait qu'il avait fait le tour de ce qui pouvait le surprendre. Il découvrira bien vite, juste après la rentrée, qu'il n'est vraiment pas au bout de ses surprises. Fraîchement arrivé dans ce lycée, Joshua pen...
