Salam aleykoum
Le meilleur des mondes est celui où on ne craint plus rien ni personne, si ce n'est Allah .
Moi : Tu as une association caritative... et tu m'as rien dit.
Il arque un sourcil, en mode "elle est encore en train de délirer celle-là".
Lui : Hein ?
Moi : Ne fais pas le mec surpris. Regarde ce message. "J'ai une bonne nouvelle, on a des donateurs". Hein ? Hein ? T'es le Abbé Pierre 2.0 ou quoi ?!
Je lui balance son téléphone comme s'il m'avait trahi avec ma pire ennemie.
Il le lit... ferme les yeux comme s'il venait de lire un verset de la douleur... puis il se frotte les yeux avec son pouce et son index, style "j'suis fatigué de toi, Asma".
Moi : Bah alors, Mandela ? Tu comptes parler ou on fait un procès ici ?
Lui (dans un souffle) : Ouais... c'est vrai. J'ai une petite association.
Moi (scandalisée) : UNE PETITE ASSOCIATION ?! Tu joues les Robin des Bois des temps modernes pendant que moi je suis là à me battre avec mes boutons et mon forfait Orange ?!
Je le regarde, les yeux brillants. Fière. Touchée. Limite j'ai envie de pleurer, mais bon, j'suis Asma. Les larmes, c'est pour les faibles (sauf quand je regarde des TikToks de chatons).
Moi : Tu donnes à qui ? Hein ? Dis-moi que c'est pas pour une secte. Je te jure, si je découvre que tu finances des gens qui parlent aux arbres, c'est fini entre nous.
Il s'assoit, l'air sérieux.
Lui : C'est... pour des enfants. Des enfants malades, orphelins. Des cas compliqués, tu vois. Et je voulais pas que tu le saches parce que... Rassoul dit que quand on fait quelque chose pour Allah, on doit pas le crier sur tous les toits.
Je reste figée. Touchée. Éblouie. J'ai envie de l'encadrer, de lui faire un gâteau, de crier "mon jumeau est une pépite" dans la rue.
Puis mon cerveau d'Asma revient.
Moi : Tu pouvais me le dire, crétin ! Je suis ton jumeau officiel, ta moitié diabolique, ta part d'harissa ! Je t'aurais aidé ! J'aurais même organisé une levée de fonds avec mes stories, mes TikToks et mes crises de nerfs !
Il rigole, cette fois franchement.
Lui : Justement, c'est ça qui me faisait peur.
Moi : T'abuses. Bon. Maintenant que je sais, je veux être vice-présidente de l'asso. Pas de débat. Et je veux un badge. Et un t-shirt. Et une couronne aussi.
Il lève les yeux au ciel.
Lui : Je vais regretter de t'avoir laissé lire ce message.
Moi (fière, bras croisés) : Trop tard, mon gars. T'as déclenché une tempête. L'association "Enfants Soleil" vient de recruter son ouragan préféré.
Je sais pas pourquoi j'ai cette sensation bizarre là. Un truc qui me serre le ventre, comme quand tu sens qu'on te cache un truc, mais t'as rien de concret. Pas de preuve. Juste... ton instinct qui te crie : "y'a anguille, thon et requin sous roche."
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ASMA AIDARA
Teen FictionPour elle, on ne vit qu'une fois. Asma. Chronique sénégalaise #Muslimqalam2 ( auteure de Jamila et Ahmad )
