Salam aleykoum
Ona tous, quelque part, une Asma en nous.
Point de vue de Bachir
Je me suis réveillé avec une heure de retard pour Fajr. Mon cœur s'est contracté violemment à la vue des premiers rayons du soleil qui perçaient à travers les rideaux entrouverts. Une lumière douce, presque cruelle, inondait la pièce. J'ai passé une main lourde sur mon visage, espérant un instant que tout cela n'était qu'un mauvais rêve... Mais non. Le réveil affichait sans pitié 06h45.
Pris de panique, je bondis hors du lit, trébuchant presque dans ma précipitation. Je fis mes ablutions en catastrophe, l'eau glacée fouettant mes joues encore marquées par le sommeil, puis j'enfilai mon qamis à la hâte et dévalai les escaliers.
En bas, je tombai sur Oum Kalsoum. Elle était plantée là, fragile silhouette dans la lumière pâle du matin. Son visage tiré trahissait une nuit sans repos, marquée d'inquiétude. Elle avait dû venir vérifier plusieurs fois si j'allais bien ; à force, j'avais fini par laisser ma porte entrouverte. Lorsqu'elle me vit, elle esquissa un sourire faible, presque douloureux.
— Tu pars à la mosquée ? devina-t-elle d'une voix rauque.
— Oui, répondis-je en retenant un soupir.
— Je suis pourtant venue te réveiller tellement de fois... Mais tu devais être éreinté, tu n'as même pas bougé.
Je baissai les yeux, honteux.
— Dieu sait que je m'en rappelle pas, soupirai-je, vidé.
Elle hocha doucement la tête.
— Hmm... Et les gens, tu crois pas qu'ils vont trouver cela bizarre de te voir prier à cette heure ? En plus, toi qui es parfois imam là-bas... Tu devrais prier ici.
Je souris tristement. Ses paroles avaient quelque chose de vrai.
— Je suis plus préoccupé par ce qu'Allah a pu penser de moi quand je me suis endormi alors qu'Il m'appelait à L'adorer... murmurai-je. Crois-moi, Oum Kalsoum, je n'ai pas honte devant les gens. Mais comment trouverai-je la force de me tenir devant mon Seigneur aujourd'hui... après ça ?
Elle s'approcha, comme pour adoucir ma peine.
— Allah t'excusera sûrement, tu n'as jamais manqué la prière, souffla-t-elle.
— Amin... Mais... Rien. Je vais y aller.
Mon regard s'attarda sur une bouteille de sirop qu'elle serrait contre elle.
— Qu'est-ce que tu fais avec ça ?
Elle baissa les yeux vers la bouteille, hésita.
— C'est pour Jamil, dit-elle timidement.
Mon estomac se noua.
— Jamil est malade ?
— Depuis une semaine...
Un tic nerveux me traversa le visage. Une semaine ? Mon propre fils ? Et moi... J'étais dehors, égoïstement accaparé par ma quête désespérée d'Asma. J'avais tout oublié : mon fils, ma famille, mes devoirs.
Et le pire... c'est que je savais que je n'avais pas l'intention d'arrêter cette recherche.
— Qu'est-ce qu'il a ? Montons voir...
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ASMA AIDARA
Genç KurguPour elle, on ne vit qu'une fois. Asma. Chronique sénégalaise #Muslimqalam2 ( auteure de Jamila et Ahmad )
