Salam aleykoum
Maissane Aidara
Quand je me suis réveillée à l'hôpital j'arrivais pas à croire que j'étais encore en vie. Pour un instant, j'ai confondu les murs blancs de la clinique avec l'au delà et j'ai été frappé d'une frayeur indescriptible. Au fond de moi, j'étais quelque part heureuse d'avoir survécu. Peut-être ma tante retiendra la leçon. Mais je sais aussi qu'il n'y a pas plus obstiné que les gens de ma famille. Et je crains plus une punition sévère que le maintien de mon mariage.
Je me suis relevée du lit et une douleur horrifiante, horrible, au delà de l'imaginable m'a attenté et j'ai ressenti la même douleur que ce soir où j'avais bu le javel. J'ai hurlé de toutes mes forces comme si j'allais mourir. Je sentais mon ventre s'arracher et j'ai commencé à rouler sur le lit en me tenant l'estomac comme si cela apaiserait la douleur. Un homme en blouse a accouru vers moi avec une femme derrière Je ne sais pas ce qu'il a mis dans la perfusion mais je me suis retrouvée dans le noir complet.
Je me réveille une seconde fois et là, j'ai presque crié de joie en voyant mon frère. Il était là, assis, ma main dans la sienne. L'expression triste de son visage a viré à un grand sourire de soulagement et il m'a serré dans ses bras. J'ai craqué.
Ibrahima me caressait le dos mais mes larmes s'amplifiaient. Il y avait la douleur, les regrets, la fatigue, un mix d'émotions inexplicables et je trouver confort à pleurer.
- Calme toi Maissane, je suis là, eh Mai ? il me force à le regarder en tenant mon visage, écoute, je suis là. Tu n'as à t'en faire pour rien. Personne ne t'obligera à faire ce que tu ne veux pas et personne ne te jugera pour rien. Je te le jure. On va rentrer ensemble ok ?
J'hoche la tête avant de me réfugier encore dans ses bras. Il me caressait la tête. Je le trouve trop calme. Et je sais que quand il est dans cet état, c'est qu'il essaie de contrôler sa colère et il va pas tarder à exploser. Ma tante et maman vont amèrement regretter leur décision.
En parlant d'elles, elles sont entrées simultanément comme si elles attendaient que je pense à elles. Maman pleurait et elle me faisait de la peine. Mais je lui en voulais d'avoir comploter tout ça. Ma tante, elle, gardait la tête haute et semblait très irritée. Elle m'a regardé de haut en bas avec plein de dégoût.
- Maissane tu vas bien, me demande ma mère en venant se mettre à la place de mon frère
Elle m'a serré dans ses bras en pleurant.
- Je suis tellement désolée. Je me sens coupable et responsable de tout cela. Si toi ou ton enfant était mort, je me le serai jamais pardonné.
Attendez what ? Cet enfant est en vie ?
Mon visage s'est décomposé et j'étais devenu insensible aux excuses de ma mère.
- Ma y a pas à quoi être désolée, commence Ibrahima rouge de colère, comment, avec sa condition, tu as pu pousser à faire une telle chose juste pour préserver ta réputation ? En plus, personne ne me dis rien. Je suis juste le clown à qui on ment. Ma sœur tombe en sœur, part en Mauritanie et se marie et la seule chose que tu m'as dite, c'est qu'elle était venue voir grand-mère. Et on m'appelle que quand elle a attenté à sa vie.
- Ibrahima, écoute moi, je voulais juste pas que sa vie soit gâché. Je voulais pas qu'elle soit la risée à Dakar et qu'on dise que la fille de Fatima est enceinte hors du mariage. Pense à ce que ta grand-mère irait faire si elle l'apprenait
- Et ma, quel est le résultat ? Elle a failli mourir. Juste à cause de futilités. Allah l'a voulu ainsi et on y peut rien. Elle va retourner à Dakar et vous pouvez oublier ce mariage.
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ASMA AIDARA
Fiksi RemajaPour elle, on ne vit qu'une fois. Asma. Chronique sénégalaise #Muslimqalam2 ( auteure de Jamila et Ahmad )
