Salam aleykoum
On ne force pas la raison, on la laisse s'imposer...
Ce matin, je me suis levée avec une énergie débordante, comme si l'univers avait décidé de me donner un petit coup de pouce. Pas besoin de raison, je me sens juste... exceptionnelle. Après avoir fait ma routine du matin, je prends une douche rapide mais soigneuse, histoire de réveiller ma peau. Ensuite, je me glisse dans une robe noire moulante, une vraie déclaration : chaque centimètre de mes formes est mis en valeur. Elle descend jusqu'aux pieds, mais c'est tout de même la silhouette qui parle.
Je plaque mes cheveux en un chignon parfait, soutenu par du gel, sans un cheveu qui dépasse. Puis, avec un voile pashmina rouge, je me crée un turban comme une reine. Mes baby hair s'échappent avec nonchalance, comme un détail qui fait toute la différence.
Un peu de maquillage ? Oui, je me permets aujourd'hui. Ce n'est pas que j'en ai besoin, mais... ça fait encore mieux. Cependant, soyons honnêtes : même sans maquillage, je brille. Et je n'ai pas peur de le dire.
Je suis loin d'être la plus claire dans cette famille. Non, moi, je suis la plus foncée, et ça me va parfaitement. Mon teint caramel est tout ce dont j'ai toujours rêvé, un éclat chaud qui attire les regards. Mes grands yeux noirs ? Ils captent l'attention comme un magnétisme naturel. Mes sourcils, parfaitement dessinés, soulignent ma fierté d'être moi.
Et parlons de mon nez. Oui, ce grand nez que beaucoup trouvent imposant, mais qui, à mes yeux, est la marque de ma singularité. Il fait partie de mon héritage, et je l'adore. Après tout, qui d'autre que moi pourrait le porter avec autant de grâce ?
Enfin, ma silhouette. Oh, ma silhouette. Trop mature pour mes 18 ans, mais tellement irrésistible. On me donne 23, 24 ans, et ça ne me dérange même pas. Je suis une œuvre d'art, sculptée à la perfection. Je n'ai pas besoin des yeux des autres pour le voir. Je sais que je suis sublime.
Bref, je suis belle. Pas juste belle, mais magnifique. Et ça, tout le monde peut le voir. Parce que je suis mon plus grand chef-d'œuvre, et il n'y a pas de honte à ça. Loin de là
Je prends mon sac, attrape mon portable et descends les escaliers.
En bas, je retrouve mon père, ma mère, Rassoul et sa femme, ainsi que la petite Asma et Nafi. Ils sont tous déjà à table pour le petit déjeuner. À la maison, c'est une règle : le petit déjeuner se prend toujours à table, mais pour les autres repas, c'est à l'africaine, chacun mange où il veut.
Je les salue tous, je fais un bisou à maman. Ça me fait plaisir de la voir debout, elle a l'air en pleine forme. Je prends place et, avant même de dire quoi que ce soit, je mords dans mon pain au fromage, sans attendre.
— Doucement, mademoiselle, me lance Nafi d'un air désapprobateur, le pain ne va pas s'envoler.
— Tu rentres encore dans mes histoires ?, lui répliquai-je, mais je suis de bonne humeur, alors je lui souris, je te pardonne, et je me remets à manger.
— Et pourquoi tu es si heureuse ce matin ?, demande papa, tout sourire.
— Papa, tu m'as toujours appris à faire face à toutes les situations, à sourire même quand ça ne va pas. Et là, tu viens me demander pourquoi je suis heureuse ?
Nafi éclate de rire, feignant de boire son café de travers, si bien qu'il se renverse légèrement.
— Désolée, s'excuse-t-elle en mimant une mine choquée, je suis juste ébahie par la comédie de Asma.
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ASMA AIDARA
Teen FictionPour elle, on ne vit qu'une fois. Asma. Chronique sénégalaise #Muslimqalam2 ( auteure de Jamila et Ahmad )
