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Salam aleykoum











Point de vue de Bachir Niang





Quand je suis rentré à la maison, il était 2h53 sur ma montre. Je m'en voulais. Pas parce que j'étais parti, mais parce que j'étais parti comme ça, sans prévenir, convaincu que je reviendrais plus tôt. J'ai grimpé les escaliers deux à deux, le cœur serré. À peine arrivé à l'étage, j'ai senti l'atmosphère.

Tout le monde était là, assis dans le salon.
Le silence s'est étiré quand j'ai franchi la porte.
Ma mère.
La mère de Malicka.
Assia.
Oum Kalsoum.
Alima.
Et Assane, qui m'a regardé comme s'il ne me reconnaissait plus.

— Salam aleykoum, ai-je lancé d'une voix faussement neutre.

Ma mère s'est levée en furie, ses yeux lançaient des éclairs.

— Bachir ! C'est quoi ce manque de respect total envers ta femme ? Elle t'attend depuis je ne sais quelle heure, et toi c'est maintenant que tu te pointes ?!

— Maman, s'il te plaît... j'avais quelque chose d'urgent à faire.

— Urgent ? Plus urgent que ta femme ?ehh Waaye, tu veux dire Asma, n'est-ce pas ?!

— Asma, essaie de te calmer, intervint doucement la mère de Malicka, visiblement gênée.

— Me calmer ? Fanta, comment tu veux que je me calme ?! Asma a une famille. Une mère. Un frère. Des gens. Pourquoi il fallait que ce soit aujourd'hui ? Je dis pas qu'il doit pas aller la voir — moi-même je comptais y aller — mais pas ce soir. Pas le soir de ses noces. Tu crois que ce que tu fais là, c'est donner ses droits à ta femme ? Tu l'humilies, Bachir ! Tu la piétines comme si elle comptait pour rien. Quelle femme accepterait ça ? Que son mari parade avec une autre le soir même de son mariage ?

— Mais qu'est-ce que tu racontes, maman ?

— Ce qu'elle raconte ?! répliqua Assia en brandissant son téléphone sous mon nezTiens. Regarde. Tu es passé à la télé, Bachir. À la télé. Avec Asma. Et Malicka ? Elle doit juste subir.

— Assia, arrête de dramatiser, souffla Oum Kalsoum, mal à l'aise.

— Dramatiser ?! Ma mère se tourna vers elle, outrée Toi, tu ferais mieux de te taire. Si t'as rien d'intelligent à dire, ne dis rien du tout.

— Je reconnais mon tort, maman. Pas la peine de faire une scène... Je voulais rentrer plus tôt, mais y avait ces journalistes... la route entre ici et là-bas, c'était le chaos...

— T'avais juste à pas y aller, c'est tout. lança Assia, visiblement indignée, les bras croisés.

- Ioe Assia seytané ngua deh, sa yone nékoussi,( t'es qu'un satan toi Assia, cela ne te regarde pas ) crie presque Oum kalsoum

- Yama geuneu seytané, sama yone foukou leussi té damay wakh bamou saff. ( satan toi même, ce sont mes affaires et je parle quand je veux )

Je soupirai.

ASMA AIDARAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant