11.

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Salam aleykoum
























Tu as demandé à Allah de t'éloigner du mal, ne t'étonne pas si la majeure partie de tes amis s'éloigne.























Je me nettoie la bouche avec un mouchoir, les mains tremblantes, le regard vide.

Moi (murmurant dans un souffle tragique) :
"Nafi... je suis foutue."

Nafi (blasée, bras croisés, adossée au mur comme si elle avait déjà vu mille Asmas s'effondrer) :
"Toi tu es foutue depuis que tu es née. Dingua eupeul. Comment tu manques de respect à Bachir là me dépasse. Tu sais même pas que sa—"

Moi (en panique) :
"Bref. Je fais quoi maintenant ? Au lieu de rester là à me juger comme si t'étais envoyée par Dieu lui-même ?!"

Nafi :
"Mange-moi. Quand tu giflais, tu m'as demandé conseil ? Hein ? Débrouille-toi. Tchiip."

Elle sort en laissant la porte grande ouverte.
La honte entre. Tranquillement. En claquettes.

Je reste figée.
Le silence me pèse. Je commence à marcher dans la salle de bain, en faisant les cent pas comme si je rejouais une scène de "Les feux de l'amour de Pikine".

Moi (parlant seule, dans un monologue digne de Marodi) :
"Pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi moi ? Pourquoi la vie me hait autant ? merdeuu

Je m'arrête. Je regarde mon reflet dans le miroir.

Moi (à moi-même, en dramatique) :
"Tu n'es qu'une idiote Asma. Une grande idiote. Une gifle ? Non mais vraiment ? Bachir ?"

TOC TOC.
C'est Oum Kalsoum et Kira. Elles entrent. Je lève à peine les yeux. J'ai plus d'âme.

Moi (d'une voix brisée) :
"Je savais pas..."

Oum Kalsoum (avec compassion) :
"Je voulais te dire d'aller t'excuser mais... je sais que tu le feras pas."

Moi (la voix tremblante) :
"C'est vrai. Je suis... Je suis qu'une imbécile de première.

Kira (sans même lever les yeux, en train de limer ses ongles) :
"Toi là, faut t'envoyer dans une série Netflix. Sérieusement."

Moi (indignée) :
"Tu te rends compte de ce que j'ai fait ? Je l'ai frappé ! Lui ! Le mec le plus flegmatique de l'univers. Un monument de dignité. 

Kira (moqueuse, avec un sourire démoniaque) :
MDR 

Je me fige. Une larme coule.

Moi (mélodramatique à souhait) :
 sheut taye mom rouss na, mane lane laye def legui

Kira (riant à moitié) :
N'est ce pas tu réagis tout le temps à la va vite. 

Moi :
"Tu sais quoi ? Allez-y faire votre henné. Laissez-moi seule avec ma conscience. Je veux mourir en paix."

Kira (levant les yeux au ciel) :
"Personne ne va mourir ici. Tu vas descendre, mettre ta main dans le henné, et on va rigoler de ça dans deux ans, Inchallah. C'est pas toi seule qui a honte, tu nous l'as tous collé Mane je sais mm pas comment je vais regarder Bachir dans les yeux maintenant.

Pourquoi elle est ma bestie déjà ?

On descend.
On s'assoit au milieu du salon, entourées de femmes et de tatoueuses de henné.

ASMA AIDARAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant