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Salam aleykoum









Je ne perds jamais, soit je gagne soit j'apprends ( l'une des plus belles citations )- Nelson Mandela











Je suis arrivée chez Kira au bout de quinze minutes. Je réajuste ma robe avant de monter au premier étage — Alhamdoulilah, pas plus haut — et je m'avance vers la porte. J'allais sonner quand je tombe nez à nez avec Youssouf, valise à la main. Kira était adossée au mur, juste à côté, les bras croisés, le visage fermé. Complètement neutre. Mais ses yeux trahissaient tout. Elle lève lentement les yeux au ciel pour empêcher une larme de couler. Et moi, je bug.

— Euh... tout va bien ici ? Kira, c'est quoi ce cirque ? dis-je en forçant un sourire nerveux.

Youssouf ne me calcule même pas. Il trace le couloir, droit comme un I. Je me précipite pour le rattraper.

— Eh Lapin, tu pars où comme ça ? Tu voyages sans me prévenir et tu laisses ma copine dans cet état ? Je t'ai déjà dit de ne pas la faire pleurer non ?

— Asma, écoute...

— Non mais sérieux, elle t'aime comme une folle hein. Tu pars et elle a les larmes aux yeux comme si vous veniez de rompre pour de vrai. P*tain, j'ai eu peur Kirassoulilah...

Il retire doucement son bras de ma main. Et il part.

Sans un mot. Sans se retourner.

J'ai compris à cet instant que ce n'était pas comme d'habitude.

Je reste plantée dans le couloir, la gorge nouée, incapable de parler. Je gesticule comme une folle, cherchant des mots qui ne viennent pas. Puis je pousse la porte entrouverte de l'appartement.

Kira est allongée sur le canapé, télécommande en main, les yeux posés sur l'écran sans vraiment regarder. Le son de la télé remplit la pièce, mais l'ambiance est glaciale.

Je pose mon sac sur la table à manger, puis je m'agenouille devant elle, histoire de la forcer à me regarder.

— Tu vois pas que je regarde la télé ? me lâche-t-elle sans conviction en se tournant à moitié.

Je débranche le câble de la télé sans hésiter. Pas aujourd'hui.

— Vous vous êtes séparés, c'est ça ? demandai-je, douce mais directe. Écoute, Kira... tu devrais pas trop t'en faire. Vous deux, c'est toujours comme ça. Disputes, promesses de rupture, puis réconciliation express. Tout le monde sait que vous allez finir par vous remettre ensemble. Youssouf va revenir, tu verras. Orgh, arrête de faire cette tête là.

Je la prends dans mes bras. Elle reste figée. Son silence me fait mal.

Et puis je remarque vraiment. La Kira que je connais ne traîne jamais comme ça. Visage sans maquillage, peau terne, un jogging beige et un sweat Nike assorti, chaussons de nuit... même ses baby hairs sont en grève. Non, là c'est sérieux.

ASMA AIDARAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant