Salam aleykoum
Quand on ne sait pas où l'on va, même le bon chemin ne nous mènera nulle part.
Point de vue de Asma.
C'est vrai que je suis stressée et tout mais n'empêche, ce qui est fait est fait. Le bac est déjà passé et je vais pas me lamenter sur mon sort comme une madeleine.
J'ai décidé de sortir aujourd'hui. Enfaite, je vais chez Bachir. Je suis toute excitée en vrai car j'ai tellement envie de revoir ma petite princesse et Oum Kalsoum.
Je met un cargot marron vite fait avec un débardeur qui serre mon corps. J'étais trop contente de mettre l'autre perruque, la courte. Mes vieux hermès à tout-va et puis je descends avec mon tél.
- Tu vas chez ta tante ? me demande ma mère assise sur son tapis de prière, au beau milieu du couloir
- Ouep, regardais-je l'heure sur mon tél, j'y vais vite fait et je reviens avant 20h
- Tu dis ça pour revenir à 3h du matin. Je te connais
- On est censé ne plus se parler non ? Je pars alors.
- Asma t'as pas intérêt à sortir avant de m'avoir écouté
Je souffle en gonflant mes joues.
- Oui ?
- Tu sais que Bachir est là bas non ? me dit-elle d'une voix bizarre
- Je sais pas, pourquoi ?
- Je te le répète, il aimait fort sa femme Khadija. Il n'avait d'yeux que pour elle. Il ne t'aimera jamais donc ne le mets pas dans ton esprit.
J'ai ris de façon très sarcastique en repoussant ma perruque derrière mon oreille.
- Tu sais quoi néné, je comprends pourquoi tu ne veux pas que j'aille là-bas et pourquoi tu ne veux surtout pas me voir avec le docteur, c'est parce que c'est le fils de ma tante, ta sœur. Je pense que tu ne lui a pas pardonné l'affaire sur votre héritage. Tu lui enveut toujours et c'est pourquoi tu ne veux pas que je sois avec son fils.
- Tiens ta langue Asma, c'est toi qui détruiras cette famille, crit-elle presque en se levant
- Je sais pas, peut-être mais maman, sache que si tu veux m'éloigner de la famille de mon homonyme juste à cause d'une histoire d'argent, cela ne va pas marcher. Si je veux aussi me marier avec quelqu'un là-bas, je le ferai sans hésiter.
Elle s'est avancé vers moi de manière brusque comme si elle voulait me frapper mais je lui tiens tête et mon regard menaceur en disait long. Je suis plus élancée qu'elle donc je la regarde de haut. Elle ne tarde pas à comprendre que je suis en position de force et qu'elle est toute seule dans la maison.
- Tu as raison, rigole-t-elle presque, j'enveux toujours à ta tante de m'avoir soustrait de l'héritage et je lui en voudrais toujours. Je ne vais jamais lui pardonner. Et pour te dire vrai, je suis heureuse pour ce qui lui arrive en ce moment avec Anta.Dieu a décidé de me venger comme elle m'a trahi.
J'étais ébahie. Ma propre mère qui parle ainsi me choque. Enfaite, à voir ses yeux flamboyants de colère, j'ai tout de suite compris qu'en réalité, je tenais mon comportement d'elle. Hypocrite et manipulatrice. Ma tante sera bouleversée d'apprendre que sa propre sœur qui dit la soutenir est enfaite une hypocrite.
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ASMA AIDARA
Novela JuvenilPour elle, on ne vit qu'une fois. Asma. Chronique sénégalaise #Muslimqalam2 ( auteure de Jamila et Ahmad )
