Trio infernal

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Point de vue: Lando


— Bienvenue pour la cinquante-deuxième édition de ce grand prix du Canada mesdames, messieurs.

Les acclamations du public me parviennent alors que j'arrive dans le paddock en compagnie de ma meilleure amie et de Max. Ne me demandez pas ce qu'il fait là, je n'en sais pas plus que vous. Il m'a appelé il y a deux jours pour me demander un pass. Et le voilà à sourire aux gens qui crient son nom.

Revenir sur l'effervescence des circuits a toujours le même effet sur moi, malgré que cela soit devenu mon métier et mon quotidien. L'excitation me gagne et j'accepte même que l'on me traite d'enfant si c'est pour avoir le droit de courir et de sourire comme tel.

Surtout, ces petites vacances passées avec ma meilleure amie m'ont remis d'aplomb et je suis enfin près à finir sur le podium. Ou du moins, plus haut que depuis le début de la saison qui n'a pas été de tout repos pour l'équipe.

– On se rejoint au motorhome de toute façon. Max garde un œil sur elle, tu veux. Je m'assure que le Britannique m'a bien entendu et m'éloigne signé des casquettes oranges sous le roulement des yeux de Juliette.

Je continue mon chemin jusqu'à l'hospitalité McLaren où je retrouve Zack et Oscar qui ont l'air de m'attendre en finissant leur café, ou jus de pomme dans le cas de mon coéquipier australien.

— Lando, tu es arrivé ! Nous allons pouvoir aller en réunion, je dois encore voir avec les mécanos si le système hydraulique est réparé.

Je crois avoir mal entendu lorsque j'entends cela, mais malheureusement, le regard de mon coéquipier me fait vite comprendre que j'ai bien compris. Moi qui voulait essayer de remonter et marquer des points. Me voilà mal parti. Je souffle bruyamment en suivant le reste de l'équipe en réunion.

~~

— Merci pour votre écoute et bon week-end.

Je sors de la salle de réunion aussi déçu que je l'étais en rentrant. Ce n'est sûrement pas cette saison que j'aurai ma première victoire en formule un.

Je vois Juliette et Max discuter au loin en compagnie de Pierre et pars les rejoindre.

— Mais qui voilà, serai-ce notre champion. La phrase de Juliette dans le but de me redonner le sourire fonctionne, car un léger rictus traverse mes lèvres alors que je viens à ses côtés et en profite pour saluer mon rival. Rival sur la piste, bien entendu.

— Ça va mec ? T'as pas l'air en forme.

Mais non sans blague ? J'ai pas l'air en forme. Va conduire un tracteur et on verra si tu seras toujours en forme.

Je m'emporte et je le sais, mais notre début de saison n'a clairement pas été ce que nous avions espéré, alors en être ici aujourd'hui est assez troublant et fatiguant, surtout à l'approche de ma home race qui est dans deux grands prix.

Je pense que mon visage rend compte de mon ressenti ou juste que la brune à mes côtés me connait par cœur, car je la sens un peu plus se coller à moi pour me montrer son soutien.

— Écoute, on n'a toujours pas la voiture qu'on voulait, mais on y arrive petit à petit. Je ne sais pas trop qui j'essaye de rassurer. Moi ou lui. Mais en tout cas, il hoche la tête et continue.

— Je te le souhaite, mec, d'ailleurs ce soir on sors avec les gars, rien de grand, on va juste se poser un peu pour décompresser avant que le week-end commence réellement, tu veux venir ? Sa proposition me paraît une bonne idée, mais je ne veux pas laisser Max ou ma meilleure amie seuls alors qu'ils sont là pour me soutenir. Le pilote Alpine a l'air de le remarquer, car il suit mon regard sur l'actrice qui me tient toujours le bras et reprend. Viens avec nous, Max, et toi aussi si tu veux Juliette. Je sais que Kika a hâte de te voir depuis que je lui ai dit que tu serais là ce week-end.

Il mio campioneOù les histoires vivent. Découvrez maintenant