final lap

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Point de vue Charles :

Une semaine était passée. Deux puis trois puis enfin un mois. J'avais attendu des heures, des jours qu'elle me réponde, qu'elle me fasse un signe de vie. Au lieu de ça, elle était sous silence radio. Jamais je n'avais reçu de réponse à ce que j'avais envoyé. Comme un idiot, je n'avais rien fait. L'écrire ou l'appeler me semblait une option trop risquée en vue de la tristesse et de la colère qui me rongeait depuis que j'avais compris.

Ma bague roule entre mes doigts, une nouvelle fois. C'est devenu un tic nerveux avec le temps et encore plus maintenant. Je devrais arrêter, faire quelque chose au lieu de rester assis sur ce foutu canapé nuit et jour à penser à elle. Sortir, en profiter pour voir ma mère et mes frères, mes amis, aller dans mes coins favoris de la principauté. Pourtant, je sais que si je le fais, Tout me rappellera elle. Allant des discussions parfois trop curieuses avec mes frères jusqu'à l'endroit que je lui ai fait visiter quand elle est venue ici et que tout a commencé.

Mais ça ne sert à rien, car elle est là partout.

Dans mes souvenirs, dans ma peau, dans cette douleur sourde que je traîne depuis des semaines.

— Charles.

La voix d'Andrea me tire de mes pensées et pourtant je ne relève pas la tête.

— Tu viens à l'anniversaire de Carlos ?

Ah oui, l'anniversaire de Carlos, restaurant chic à Monaco et soirée dans la boîte la plus prisée de la principauté. Tout ce qui sort de moi est un rire jaune sans aucune émotion apparente, juste de la froideur. Et je me déteste. Je me désole de réagir de cette façon. Seulement, je n'y arrive pas.

Alors la seule chose que je fais, c'est d'hausser mes épaules pour exprimer ma pensée, car trop de choses traversent mon esprit et je ne veux rien dire que je pourrais regretter, les sachant présents depuis si longtemps.

— Tu ne rates jamais les soirées d'habitude. J'ai l'impression de parler à Oscar, là.

Andrea rit ouvertement de cette comparaison, alors que je n'arrive qu'à rouler des yeux lourdement. Et puis comme réponse, un nouveau haussement d'épaules.

— Peut-être que j'ai pas envie de voir certaines personnes tout simplement.

Leurs regards s'attardèrent sur moi alors que le silence planait dans l'appartement monégasque avant que Joris essaye de trouver une signification à mes propos.

— Certaines personnes, genre Juliette ?

Je sais que mon meilleur ami l'a toujours apprécié. Seulement aujourd'hui est un autre jour et je ne dois pas changer d'avis sur elle, pas maintenant alors que je me suis enfin persuadé n'avoir jamais de réponse.

— J'en ai rien à foutre d'elle.

Être vulgaire n'est pas dans mes habitudes et ils l'ont remarqué. Joris ne veut pas lâcher l'affaire et continue, mais j'ai bien peur que je ne dise que la stricte vérité.

— Ça se voit bien, sûr.

— Je dis seulement que j'ai pas envie d'être dans la même pièce qu'elle après qu'elle m'a fait espérer pour, au final, que je lâche tout et me retrouve de nouveau seul.

Le poids de mes propres mots me tombe sur la poitrine. J'ai tout lâché pour elle. Charlotte. Ce foutu contrat. Toute cette mascarade. J'ai mis ma carrière en péril pour être avec elle, parce que j'étais sûr que c'était ce qu'elle voulait aussi.

Et elle m'a laissé là.

Seul.

Joris souffle bruyamment, exaspéré.

Il mio campioneOù les histoires vivent. Découvrez maintenant