Point de vue : Charles
Septième. Je venais de finir septième. Comme si le week-end ne pouvait pas plus mal se finir.
D'abord Juliette, puis maintenant ça, j'allais devenir fou. C'est Lorenzo qui vint me trouver dans ma driver room alors que j'avais explicitement dit que je ne voulais voir personne.
— Ce n'est pas en t'abattant sur ton sort que ça ira mieux, Charles. C'est un résultat parmi tant d'autres.
Il n'y comprenait rien. J'avais envie de tout envoyer balader. De ne plus penser à rien. J'avais été nul, septième dans une Ferrari. Une voiture de top team et je finissais septième. Qui faisait ça à part moi ?
J'ai toujours rejeté la faute sur moi et jamais sur l'équipe, je me suis toujours dit que c'était à cause de mon manque de sérieux ou de travail personnel. Pourtant, ce week-end s'annonçait plutôt pas mal. P6, ce n'est pas comme la pole, mais ça peut promettre au moins un podium. Mais là, septième. Je soufflai d'exaspération alors que Lorenzo était toujours là, je sentais son regard sur moi. Je n'avais pas envie de lui parler. Je voulais être seul, ne plus penser à cette course, mais à la prochaine qui, j'espère, va être meilleure.
— Va en interview et je t'emmène au resto après.
C'est Lorenzo qui venait de m'annoncer ça alors que je n'avais même pas vu Gianna entrer dans ma driver room. Répondre aux questions ne m'enchantait pas. Ils allaient tous trouver un moyen de me rappeler la course, à quel point le championnat s'éloignait de plus en plus pour nous, qu'étant top team, nous aurions dû faire mieux. Que Ferrari ne devrait pas être en cette position.
Le paddock était encore sous l'effervescence de la victoire de Max et c'est lui que je vis en premier dans le carré des interviews.
— Félicitations mec.
Je ne pouvais que le féliciter, la Hongrie était la home race de Red Bull et, même en ayant déjà gagné ici, je ne pouvais que comprendre le sentiment que Max devait éprouver. Gagner à Monza avait été un rêve et il s'était réalisé. Maintenant je ne fais que ça, espérer et travailler pour que cela redevienne possible. Monaco reste aussi une course pour laquelle je me bats chaque année, mais qui n'est malheureusement jamais facile. Donc je ne peux que le féliciter en attendant en vain mon tour.
— Merci, t'as été retardé par la pénalité ou par George ?
— Le pit stop a été long et à la fin, j'avais plus assez de grip, je sais pas.
J'ai haussé les épaules en soupirant, les mains sur les hanches. Max a fait un petit geste de la main, comme si c'était rien.
— Tu sais, si tu veux, je peux te prêter ma Red Bull pour la prochaine. Juste pour voir ce que ça donne.
Ça m'a fait rire, un peu malgré moi. Je l'ai regardé en levant un sourcil.
— Et si toi, tu prenais ma Ferrari, histoire qu'on soit à égalité ?
Il a esquissé un sourire plus large, clairement amusé.
— Hmm... non merci, ça ira.
J'ai secoué la tête, mi-agacé, mi-amusé, mais sans pouvoir cacher une pointe d'amertume. Son expression a changé, juste un peu. Plus sérieuse.
— Tu sais, ça peut changer vite, Charles. T'es toujours là, à te battre, c'est ça qui compte.
Je l'ai regardé un moment, ses mots résonnant plus que je ne voulais l'admettre.
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Il mio campione
FanfictionDans le tourbillon scintillant des circuits de Formule 1, Charles Leclerc vit une relation apparemment parfaite au côté de Charlotte. Pourtant, une nuit passée avec Juliette, l'actrice hollywoodienne reconnue et meilleure amie de Lando Norris, fera...
