[James]
Je suis finalement retourné travailler, parce que rester à rien faire me tuerait. Juste après Noël, j'ai regagné mon poste... Et je m'ennuie comme jamais. Moi, un homme de terrain, pas un type derrière un bureau à remplir des formulaires. Mais bon, c'est provisoire, et ça m'empêche de penser à elle. Enfin... non, j'y pense tout le temps. J'ai l'impression de la croiser à chaque coin de rue, dans chaque reflet. Ça me rend fou, au point que mon cœur s'accélère rien qu'à imaginer qu'elle pourrait être là.
« Sergent, dans mon bureau !! »
« Oui, chef ! »
Je me lève en sursaut et me dirige vers le bureau de mon adjudant-chef.
« Reposez-vous. Asseyez-vous, Carter. Comment va votre blessure ? »
« Ça tire encore un peu... mais dans l'ensemble, ça va. »
Je le vois attraper une feuille et la lire. Le silence pèse.
« J'ai reçu un courrier pour votre affaire. Vous allez devoir témoigner jeudi. Je vous donne quelques jours. Vous pouvez partir demain et revenir dès le lendemain de l'audience. »
Je reste figé une seconde. D'un côté, revoir ma famille me réjouit ; de l'autre, une angoisse glaciale me serre la poitrine. Sera-t-elle là ? Est-ce que je la verrai ?
« Merci, chef. »
Je sors, incapable de me débarrasser de ce mélange d'excitation et de peur.
[Lexie]
Je finis de faire mes sacs et descends les escaliers, le cœur battant à tout rompre.
« Lexie ! Pourquoi n'as-tu pas appelé ton père ? C'est trop lourd pour toi, voyons ! »
« Mais non, maman... j'y arrive », dis-je en riant, mais ma voix tremble un peu.
Elle souffle, me les arrache des mains et les pose dans l'entrée. Mon père arrive à ce moment et me sourit. Un sourire qui me réchauffe, mais qui me fait aussi réaliser que je vais devoir partir.
« Tu n'as rien oublié ? On peut y aller ? »
« Oui, papa, c'est bon... je suis prête. »
J'embrasse ma mère, lui promettant de l'appeler dès mon arrivée. Mon père prend mes sacs, les met dans le coffre, et nous partons pour l'aéroport. Mon estomac se tord, mélange de stress et de nostalgie.
« N'oublie pas de contacter ta mère, sinon elle va faire un caca nerveux. »
« Promis... merci pour tout, papa. »
Je le prends dans mes bras. Mes yeux brûlent et les larmes coulent toutes seules.
« Je suis fier de toi, ma fille. Je t'aime. »
« Je t'aime aussi, papa... »
Je me dirige vers la salle d'embarquement et lui fais un dernier signe. Mon portable à la main, j'envoie un message à Liz :
« J'arrive dans un peu plus de cinq heures. »
Je m'installe dans l'avion et fixe le hublot, comme si regarder dehors pouvait calmer mon anxiété.
« Excusez-moi... puis-je m'asseoir à côté de vous ? Cette femme là-bas parle trop fort, c'est insupportable. »
Je lève les yeux. L'homme est grand, cheveux mi-longs châtain clair, yeux verts perçants. Il porte un costume et un PC portable.
« Oui, bien sûr, je vous en prie. »
« Merci, c'est très aimable. »
Je lui souris faiblement et reporte mon regard dehors. Mais pendant tout le voyage, Louis - c'est son prénom - engage la conversation. Canadien, informaticien... Je hoche la tête, réponds poliment, mais tout ce que je veux, c'est qu'on me laisse respirer. Chaque minute me semble interminable.
Dès que l'avion atterrit, je me précipite dehors. Liz m'attend. Elle me saute dessus et nous nous étreignons, pleurant sans nous soucier des regards.
L'adrénaline, le soulagement, le bonheur... tout se mélange.
« Laisse-moi te regarder... Il va falloir remplumer tout ça, ma belle. Je suis tellement contente que tu sois revenue. »
Je lui souris, le cœur débordant, et nous nous dirigeons vers la sortie. Une fois dans la voiture, j'appelle ma mère :
« Je suis bien arrivée. »
« Alors, comment ça se passe au magasin ? »
« J'ai démissionné... c'était trop dur sans toi. »
« Oh, Liz... »
« Non, mais t'inquiète. J'ai des projets. Je vais ouvrir mon bar à ongles », dit-elle avec fierté.
« C'est vrai ? Génial ! Depuis le temps que tu en parles... »
Elle me ramène chez moi. Assises ensemble, nous passons la soirée à rire, à parler, à combler les mois perdus. Et pour la première fois depuis longtemps, je me sens un peu légère, comme si revenir chez moi pouvait enfin calmer le chaos dans mon cœur.
VOUS LISEZ
Mon soldat
RomanceLexie peine encore à se relever de sa rupture amoureuse... Huit mois ont passé, et pourtant, les blessures sont toujours là, silencieuses mais bien ancrées. Derrière ses sourires fragiles, son cœur reste marqué par les traces d'un passé qu'elle n'ar...
