Chapitre 43

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[Liam]

Ça fait déjà une semaine que James est dans le coma. Une semaine entière à retenir mon souffle, à espérer un signe, un mouvement, n’importe quoi…

Le soir même de l’accident, nous avons tous pris l’avion. Tout s’est enchaîné trop vite, comme dans un cauchemar dont on ne se réveille pas. Nous avons déposé Evan chez ma mère ; comme elle habite à une vingtaine de kilomètres de la caserne, c’était plus simple. Liz s’occupe de Bud. Chacun fait ce qu’il peut, à sa manière, pour ne pas s’effondrer.

On nous a expliqué qu’un groupe de jeunes faisait une course de voitures. Ils n’ont pas vu James sortir de la caserne. Le choc a été d’une violence… insoutenable. Le jeune homme qui l’a percuté est mort sur le coup.

Je regarde Lexie du coin de l’œil. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses traits sont tirés, ses yeux creusés, son corps semble à bout de forces… et pourtant elle tient. Pour lui. Pour leur enfant.

« Tu devrais aller te reposer, Lex… Tu es épuisée. Pense au bébé. »

Elle lève vers moi des yeux rougis, brillants de larmes contenues. Mon cœur se serre.

« Je ne veux pas le laisser… pas cette fois… »

Sa voix se brise, et je sens la mienne vaciller à son tour.

« Il ne va pas disparaître, tu sais… Mais toi, tu risques de t’écrouler si tu continues comme ça. Tu dois manger, dormir… te préserver un minimum. James ne supporterait pas de te voir dans cet état. Tu le sais. »

Elle ferme les yeux un instant, comme si chaque mot était un combat. Puis elle hoche lentement la tête.

Je l’aide à se lever. Elle vacille. Son corps ne lui répond presque plus. Alors je la soutiens, sans rien dire, et l’accompagne jusqu’à sa chambre. On nous en a attribué deux, juste à côté de celle de James, pour qu’on puisse rester près de lui.

Au moment où nous arrivons, Debbie sort de la nôtre. Elle nous observe avec une infinie douceur, comme si elle avait peur de nous briser rien qu’en parlant.

« Tu as réussi à lui faire entendre raison… C’est bien. »

« Oui… mais il faut encore qu’elle mange. »

« Je vais d’abord me reposer un peu… J’irai chercher quelque chose après », murmure Lexie.

Sa voix est à peine audible.

Nous la laissons entrer dans sa chambre. La porte se referme doucement derrière elle, comme pour protéger ce qu’il lui reste de forces. Puis nous retournons auprès de James… comme aimantés par sa présence silencieuse.

[Lexie]

Je ne ressens plus rien.

C’est comme si tout en moi s’était éteint. Plus de colère, plus de peur… juste un vide immense, glacé. J’ai tellement pleuré que je me demande s’il me reste encore des larmes.

Je me recroqueville dans le lit, cherchant un peu de chaleur, un peu de réconfort… mais il n’y a rien. Seulement l’absence.

Et je sombre.

Un sommeil lourd, agité, peuplé d’images brisées… de sirènes, de cris, de sang… de lui.

Je me réveille en sursaut, le souffle court, le corps trempé de sueur. Mon cœur bat à tout rompre, comme s’il voulait s’échapper de ma poitrine.

On frappe à la porte.

Je mets quelques secondes à comprendre où je suis. Je tourne la tête vers l’horloge. Presque 17 heures. Combien de temps ai-je dormi ? Je n’en ai aucune idée… mais pour la première fois depuis des jours, je me sens légèrement moins écrasée.
On frappe de nouveau, plus insistant.

Mon soldatDes histoires addictives. Découvrez maintenant