[James]
Ça fait trois jours aujourd’hui que Lexie a accouché, et demain elle rentre enfin à la maison avec les jumeaux. Trois jours qui me paraissent à la fois interminables et trop courts. Trois jours pendant lesquels tout a changé.
Ses parents sont arrivés dès le lendemain de la naissance. Lexie les avait appelés le soir même, la voix encore tremblante d’émotion, et ils n’ont pas hésité une seconde. Son père a été froid avec moi, distant, presque méfiant… mais son regard a changé. Il a vu ma façon de regarder sa fille, ma manière de parler d’elle, de parler de nous. Et sans un mot, il m’a accepté.
Avec quelques collègues et David, nous avons transformé la maison. Chaque détail compte. Chaque objet a une place. Lexie m’envoyait sans arrêt des articles qu’elle trouvait sur le net, des petites choses « mignonnes » comme elle dit… et moi, je les commandais en cachette, un sourire idiot collé aux lèvres.
Je fais lentement le tour de la maison, ma canne frappant doucement le sol. Chaque pas me rappelle la douleur, mais aussi pourquoi je me bats. Pour elle. Pour eux.
« C’est parfait, les gars… Je ne sais pas comment vous remercier. Je n’y serais jamais arrivé sans vous… »
Ma voix se casse légèrement. Je lève ma bière, et tous font de même. Un moment simple, mais lourd de sens. Puis on sort. David me serre la main, un peu plus longtemps que nécessaire, avant de rejoindre sa femme à l’hôtel.
Nous montons dans le camion en direction de la caserne. Demain… demain je quitte enfin cette chambre d’hôpital. Demain, je commence vraiment ma vie. Avec elle. Avec eux.
Et bordel… j’ai hâte.
[Lexie]
Je termine de préparer les jumeaux, mes gestes encore un peu hésitants, mais remplis d’un amour immense. Aujourd’hui, on rentre à la maison. Rien que d’y penser, mon cœur s’emballe.
La porte s’ouvre doucement. Meredith entre avec mes parents. Leurs visages sont lumineux, presque trop… comme s’ils cachaient quelque chose.
« Tu es prête, ma chérie ? » demande ma mère avec douceur.
Je souris, fatiguée mais heureuse.
« Oui… les jumeaux sont prêts. Et les sacs aussi. »
Mon père prend les bébés avec une délicatesse qui me serre la gorge. Meredith et ma mère récupèrent les affaires, et en quelques minutes, nous quittons cette chambre qui a vu naître mes enfants.
Dans le minivan, je regarde les jumeaux. Ils dorment paisiblement, inconscients du monde qui les attend. Je pourrais passer des heures à les observer.
Mais quelque chose cloche.
Au bout de quelques minutes, je fronce les sourcils.
« Papa… ce n’est pas la bonne route… »
Il ne me regarde même pas dans le rétroviseur.
« Oh… je me suis trompé ? Ce n’est pas grave, je rattraperai plus loin, ne t’en fais pas. »
Son ton est trop léger. Trop calculé.
Je me redresse légèrement, le cœur qui commence à battre plus vite. Je regarde dehors… et cette rue… je la reconnais.
Non.
Mon souffle se coupe.
La voiture ralentit… puis s’arrête devant une grille.
Ma grille.
« Mais… qu’est-ce qu’on fait ici ? »
Personne ne répond. Ils échangent des regards, des sourires silencieux.
Mon cœur cogne violemment dans ma poitrine.
Tout le monde descend. Je fais de même, presque mécaniquement. Ma mère prend Mia, mon père Andrew, et Meredith vient se placer à côté de moi, comme pour me soutenir.
Je ne comprends rien. Mais je sens que quelque chose d’important est en train de se produire.
Nous entrons dans la maison.
Et là…
Le monde s’arrête.
James est là.
Devant moi.
Dans son fauteuil… entouré de ses collègues. Sally est là aussi, avec Caleb, son mari. Et son adjudant-chef.
Mon regard est attiré par une banderole accrochée au mur :
Bienvenue à la maison
Ma vision se brouille.
Je relève lentement les yeux vers lui.
James.
Mon cœur explose.
Je fais un pas vers lui, incapable de respirer correctement… mais il lève doucement la main pour m’arrêter.
Il me sourit.
Ce sourire…
Puis, lentement… il se lève.
Le temps se fige.
Pablo lui tend une canne. James la saisit, et malgré la douleur visible sur son visage, malgré l’effort… il avance.
Vers moi.
Un pas.
Puis un autre.
Je porte ma main à ma bouche, incapable de contenir le sanglot qui monte.
Mes jambes tremblent.
Mes larmes coulent sans que je puisse les arrêter.
« James… »
Ce n’est qu’un souffle.
Un murmure brisé.
Mais dans ce moment suspendu… c’est tout ce que j’ai.
Et c’est tout ce qu’il me faut..
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Mon soldat
RomanceLexie peine encore à se relever de sa rupture amoureuse... Huit mois ont passé, et pourtant, les blessures sont toujours là, silencieuses mais bien ancrées. Derrière ses sourires fragiles, son cœur reste marqué par les traces d'un passé qu'elle n'ar...
