Chapitre 37

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[Lexie]

Je descends les escaliers à 19h55, le ventre noué depuis que Liz m’a appelée. Un pressentiment étrange me serre la poitrine. Je la vois arriver et avance vers la voiture comme en pilote automatique.

« Salut ma belle. »

« Salut Liz… »

Elle démarre, baisse le son du poste de radio. L’ambiance est lourde, presque silencieuse.

« Alors… ça s’est bien passé au tribunal ? »

« Difficile… mais ça a été. Et toi, ton bar à ongles ? »

« Ça avance. J’ai trouvé un local sympa, bien situé, et le loyer est abordable. Il faut juste que le banquier suive… Rendez-vous lundi. » dit-elle en croisant les doigts.

« C’est génial… je te souhaite vraiment de réussir. »

La route défile, chaque minute me semble interminable. Quinze minutes plus tard, nous arrivons devant un restaurant chic et moderne, tout juste ouvert. Liam et Debbie sont là, souriants, mais pas de James. Mon cœur se serre. Où peut-il être ? Liz trouve une place et nous les rejoignons.

« Salut les filles ! » Debbie nous accueille, rayonnante.

Je reste en retrait, incapable de sourire. S’il n’est pas là… tout a perdu de sa saveur.

« Salut Deb, Liam. » dit Liz.

« J’espère que vous avez faim, car moi, j’ai grave la dalle. » s’exclame Liam.

Je me décide enfin à avancer, la voix presque étranglée :

« Où est James ? »

« À l’intérieur, il est allé voir pour la table. » me répond Liam.

Un poids se soulève de ma poitrine. J’esquisse un sourire fragile et les suis à l’intérieur. Nous le voyons, assis à une table à l’écart. Son regard se pose sur Liz, puis sur moi.

« J’espère que tu as pu te reposer… »

« Oui… un peu. »

Il me sourit, un sourire qui me fait fondre, et tire ma chaise pour que je m’installe. Il prend place à côté de moi. Chaque instant me semble suspendu, chaque geste chargé de ce qu’il pourrait signifier…

Au milieu du repas, je m’excuse pour aller aux toilettes. Quand je reviens… la chaise est vide. James a disparu.

« Où est James ? »

« Il est dehors, il a reçu un coup de fil de la caserne. » me répond Debbie.

Je sens mon cœur s’emballer. Je dois lui parler seule à seule. Je préviens Liz que je sors prendre l’air et me précipite dehors.
Un téléphone sonne dans l’ombre, et j’attrape au vol un fragment de conversation :

« Oui, chef… Je prends le premier vol demain matin. »

Mes jambes fléchissent. Il part demain ? Et… il ne m’a rien dit ? Le monde se brouille autour de moi. Mes oreilles bourdonnent, ma vue se voile. Je descends les marches, presque tombant, et James se retourne, fronçant les sourcils en me voyant.

« Oui, chef. Bonne soirée. »

Il raccroche et tente de me saisir par le bras, mais je recule, tremblante et furieuse.

« Ne me touche pas ! » je hurle, les larmes brûlantes coulant sur mes joues.

« Lexie… laisse-moi t’expliquer… »

« M’expliquer quoi ? Que tu repars demain et que tu me caches tout ? Putain, James… Je suis revenue parce que je t’aime… et toi, tu m’as montré ces derniers jours que ça ne comptait pour rien. Je me suis faite avoir… encore… »

Je hèle un taxi. Chaque pas est un poids, chaque larme un rappel de ce que je perds. Je monte dans la voiture, ignorante de James qui tente de me rattraper. Le trajet est un torrent de chagrin, mes larmes ruisselant sans fin.

Chez moi, je ferme la porte, laissant les clés dans la serrure, un rempart fragile contre le monde. J’éteins mon téléphone et m’effondre sur mon lit, le cœur en lambeaux, incapable de respirer autrement qu’en sanglots. Le silence m’enveloppe, mais il n’efface pas la douleur, ni l’absence…

Mon soldatDes histoires addictives. Découvrez maintenant