[Lexie]
J’ai aussitôt appelé Liz après avoir raccroché avec James. J’avais besoin d’en savoir plus sur l’accident de Debbie, de comprendre.
Elle m’a passé Evan. Sa voix tremblait déjà.
Entre deux sanglots, il m’a expliqué qu’il avait oublié le doudou que tonton lui avait offert dans sa chambre. Comme il regardait ses dessins animés, c’est sa mère qui était allée le chercher. Puis il y a eu ce bruit. Un énorme boum dans les escaliers.
Il est allé voir.
Sa voix s’est brisée.
Il m’a dit qu’il avait appelé les pompiers, comme son papa le lui avait appris. Qu’il avait fait exactement ce qu’il fallait. Et que Bud… Bud les avait tous protégés.
Mais malgré tout, il s’en voulait. Terriblement.
Mon cœur se serre.
Je raccroche à peine quand la porte s’ouvre. Meredith rentre.
Je me redresse brusquement et m’assois sur le canapé.
« Coucou Lexie, je suis rentrée ! »
« Je suis au salon… vous pouvez venir une minute, s’il vous plaît ? »
Elle apparaît dans l’encadrement de la porte, son panier débordant de fruits et légumes frais. Mais en croisant mon regard, son sourire disparaît aussitôt. Ses sourcils se froncent.
Je tapote la place à côté de moi. Elle s’approche, lentement, et s’assoit.
« Qu’y a-t-il ? »
Je prends une inspiration tremblante.
« Surtout… ne paniquez pas. Tout s’est bien terminé, d’accord ? »
Elle hoche la tête, mais je vois déjà l’inquiétude envahir son visage.
Alors je lâche tout, d’un seul souffle :
« Debbie est tombée dans les escaliers. Elle a dû subir une césarienne d’urgence… mais elle et le bébé vont bien. »
Le silence qui suit est assourdissant.
Sa main se plaque contre sa bouche. Ses yeux s’écarquillent. Les larmes montent, débordent.
Je n’hésite pas une seconde et la prends dans mes bras. Elle s’effondre contre moi.
« Il faut que j’appelle mon fils… » murmure-t-elle en se relevant, la voix brisée.
Je hoche la tête.
Elle s’éloigne, presque mécaniquement, dépose son panier dans la cuisine et compose le numéro de Liam.
De mon côté, j’essaie de respirer. L’air est lourd. Étouffant.
Je décide d’aller m’allonger un peu dans le jardin. Il fait beau, le soleil d’août est doux… peut-être que ça m’aidera.
Je me lève.
Une douleur fulgurante me traverse le ventre.
Je retombe immédiatement dans le canapé, le souffle coupé.
J’attends. Les secondes s’étirent. La douleur s’atténue.
Je tente de me relever à nouveau.
Encore.
Plus forte.
Plus violente.
Un cri m’échappe sans que je puisse le retenir.
Meredith accourt, le téléphone encore à la main.
« Liam, je te laisse… je crois que j’ai un deuxième accouchement ici. À plus. »
Elle se précipite vers moi et attrape ma main.
« Regarde-moi… respire. Ton sac est prêt, ma chérie ? »
[James]
Je suis allongé dans mon lit, un film en fond pour tuer le temps, quand mon téléphone sonne.
Maman.
« Salut, m'man. »
Sa voix est tendue. Pressée.
« James, j’emmène Lexie à l’hôpital. Elle a des contractions… je crois que c’est pour aujourd’hui. »
Le monde s’arrête.
Mon cœur rate un battement.
Puis tout revient d’un coup.
« J’arrive. Dis-lui… dis-lui que j’arrive. »
Je raccroche et me redresse aussitôt. Trop vite. La douleur me rappelle à l’ordre, mais je l’ignore.
Rien d’autre ne compte.
Je rejoins mon fauteuil, les gestes rapides, presque brusques, puis fonce vers le médecin.
« Docteur, il me faut un bon de sortie. Maintenant. Ma femme va accoucher. »
Il me regarde, comprend immédiatement. Pas de questions inutiles. Il signe.
Je ne perds pas une seconde.
« Garcia ! »
Il se retourne.
« Emmène-moi à l’hôpital. Tout de suite. »
Il n’hésite pas. Pas une seule seconde.
Il attrape mon fauteuil et se met à courir. Littéralement.
Tout s’enchaîne.
Le van. Les portières qui claquent. Le moteur qui rugit.
Chaque minute est une torture.
Chaque seconde me rapproche… ou me semble interminable.
Enfin, l’hôpital.
Garcia m’aide à descendre et on fonce vers la salle des naissances.
Je la vois.
Ma mère.
Elle se précipite vers moi.
« Elle a été prise en charge tout de suite… mais elle te réclame. »
Mon cœur se serre.
Je sonne.
Une sage-femme apparaît.
« Bonjour, je suis le petit ami de Lexie Bell… »
« James ? »
Je hoche la tête, incapable de dire plus.
Elle me sourit.
« Elle vous attend. Venez. »
VOUS LISEZ
Mon soldat
RomantikLexie peine encore à se relever de sa rupture amoureuse... Huit mois ont passé, et pourtant, les blessures sont toujours là, silencieuses mais bien ancrées. Derrière ses sourires fragiles, son cœur reste marqué par les traces d'un passé qu'elle n'ar...
