Chapitre 45

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[Lexie]

Je suis terriblement nerveuse… Meredith me sourit doucement et me prend la main. Je la serre contre moi, et nous restons ainsi, silencieuses, jusqu’à la caserne. Le sergent Garcia nous escorte jusqu’à l’hôpital. Je laisse Meredith passer la première : mes mains tremblent, mon cœur bat à tout rompre, il faut que je respire un peu avant de le voir.

« Lexie… Tu n’es pas au chevet de James ? »

Je me retourne et Sally est là, tout sourire. Je la prends dans mes bras, et soudain, les larmes me montent aux yeux.

« Je… j’ai laissé sa mère y aller en premier. J’avais besoin d’un instant. Comment va-t-il ? »

« Il était un peu déboussolé à son réveil et ne se souvient pas de son accident, mais sinon, il va bien. Ne t’en fais pas. »

J’esquisse un faible sourire et regarde par la fenêtre. Là, je le vois : James, parlant avec Meredith, tout sourire. Mon souffle se fait plus profond, je tente de calmer le tumulte dans ma poitrine. Sally pose une main réconfortante sur mon épaule.

« Il n’attend que toi… tu sais. »

Je pousse la porte. Instantanément, son regard se tourne vers moi. Son sourire s’élargit comme si un rayon de soleil venait d’entrer dans la pièce. Il ouvre son bras valide, immense et protecteur, pour m’accueillir.

[James]

Enfin, elle est là… J’ouvre grand mon bras et elle se glisse contre moi, en sanglots. Je caresse doucement ses cheveux, la serre un peu plus contre moi. Le monde entier semble s’éteindre autour de nous, et du coin de l’œil, je vois ma mère s’éclipser discrètement.

« Chut, mon ange… calme-toi. »

Elle se redresse légèrement, et je passe mon pouce sur ses larmes.

« J’ai eu si peur… » murmure-t-elle entre deux reniflements.

« Je suis désolé… »

Elle fond sur mes lèvres, et je réponds à ce besoin impérieux, presque instinctif. Nous nous séparons quelques instants, juste assez pour respirer, et elle me sourit. Mon regard tombe sur son ventre, légèrement arrondi. Doucement, je laisse ma main y descendre et caresser ce petit miracle.

« Le bébé va bien. J’ai vu le docteur Jackson, elle m’a auscultée il y a quelques semaines, et j’ai trouvé un gynécologue en ville. »

« L’infirmière m’a dit que tu venais tous les jours depuis l’accident… »

Elle tire le fauteuil et s’assoit près de moi, si proche que je sens sa chaleur sur ma peau.

« On n’abandonne pas un soldat blessé. J’ai bien retenu la leçon. » me dit-elleen faisant un clin d’œil malicieux.

« Ma mère m’a dit que tu vivais chez elle. »

« Oui… je n’avais pas le choix si je voulais rester près de toi. Elle est adorable. Et j’ai trouvé un emploi à la boulangerie ; je ne pouvais pas juste rester là sans rien faire. »

Je la fixe, stupéfait. Moi qui pensais qu’elle ne s’adapterait jamais ici… elle me prouve le contraire.

« Excuse-moi, mon amour… »

Elle me regarde, perplexe.

« Je pensais que tu ne pourrais pas t’adapter ici, mais en fait… c’est tout le contraire. J’ai été idiot de te repousser quand tu voulais me rejoindre. »

Elle pose délicatement ses lèvres sur les miennes, juste assez pour me faire taire, puis sourit avec tendresse.

« Il ne faut jamais sous-estimer une femme. Je ferai n’importe quoi pour toi, mon cœur. Et si ça signifie vivre ici, eh bien… soit. Et puis, je me suis déjà fait des amis. »

« L’infirmière… »

« Sally, oui, elle est géniale. Et puis il y a Pablo… heu, le sergent Garcia. »

Je hausse les sourcils et elle éclate de rire, son rire clair et joyeux remplissant la pièce. La porte s’ouvre de nouveau, et ma mère apparaît, le sourire lumineux.

« Mon chéri, il y a un petit garçon qui aimerait beaucoup te parler, » dit-elle en me tendant son téléphone.

Je souris et le prends maladroitement de ma main gauche. Je parle quelques instants à Evan, puis il me passe Liam et Debbie. Ils me promettent de venir le week-end prochain, et nous raccrochons.
Fatigué, je sens Lexie et ma mère s’éclipser doucement, me laissant me reposer.

« Je repasse demain après-midi, mon amour, » murmure-t-elle en m’embrassant tendrement.

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