Chapitre 39

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[Liz]

Ça fait une heure… une heure entière sans nouvelles d’eux. L’angoisse me ronge peu à peu. Nous sommes partis du restaurant juste après James, et j’ai suivi Liam et Debbie chez eux, incapable de rester seule avec mes pensées.

« Arrête de t’inquiéter, s’il y avait le moindre souci, il nous aurait prévenus », tente Liam pour me rassurer.

Je croise le regard de Debbie. Pas un mot, mais tout est dit. Cette même boule au ventre, cette même inquiétude silencieuse.

« On y va ! » lançons-nous à l’unisson, comme une évidence.

« Hé, une minute les filles. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… Appelez-le ou envoyez-lui un message, plutôt. »

« Je vais le faire », dit Debbie, déjà en train de composer le numéro.

Elle se rapproche de moi, comme si ça pouvait changer quelque chose.

« Mets sur haut-parleur », je souffle, presque fébrile.

« Oui Debbie ? » répond James, la voix fatiguée, distante.

Un frisson me parcourt.

« Ça va, mets un peu plus d’enthousiasme… Alors, elle est chez elle ? »

Un court silence. Mon cœur se serre.

« Oui… elle est à son appartement. Et si tu veux bien m’excuser, j’ai autre chose à faire de plus important que de te parler… sans vouloir te vexer, bien sûr. À demain tout le monde. »

La ligne se coupe.

Le silence qui suit est presque gênant. Debbie et moi restons figées, le téléphone encore entre nous, comme deux idiotes.
Et puis le rire de Liam éclate, brisant la tension.

« Je vous l’avais bien dit, les filles ! »

On le fusille du regard… avant de céder nous aussi, un rire nerveux, un peu trop forcé.

[James]

Elle a vraiment choisi son moment…

Je laisse tomber mon téléphone sur la table basse, comme si tout le reste n’avait soudain plus aucune importance. Mes yeux se posent sur Lexie.

Elle est là. Enfin.

Je m’approche doucement, presque avec précaution, et viens poser ma main contre sa joue. Sa peau est chaude, douce… réelle. Je l’embrasse avec une tendresse qui me surprend moi-même.

« Tu as l’air épuisée… Tu devrais te reposer, mon amour. »

« Tu restes avec moi ce soir ? » demande-t-elle, la voix pressée, presque fragile.

Je n’hésite pas une seconde.

« Je n’ai pas l’intention de bouger d’ici. »

Son sourire me frappe en plein cœur. Puis ses lèvres retrouvent les miennes, plus insistantes cette fois. Ses mains glissent lentement sur mon torse, éveillant chaque nerf, chaque sensation… jusqu’à me faire perdre pied.

« Fais-moi l’amour… » murmure-t-elle contre mes lèvres.

Et là… je cède.

Complètement.

Je plonge dans son regard une dernière fois, comme pour m’y noyer, puis je l’embrasse avec une intensité nouvelle, plus profonde, plus urgente. Mes mains explorent, redécouvrent… comme si chaque seconde comptait.

Je laisse mes lèvres dériver dans son cou, déposant une pluie de baisers brûlants. Sa respiration change, son corps répond au mien… et tout devient flou autour de nous.

Il n’y a plus que nous.

Plus que ce besoin viscéral de se retrouver, de se sentir, de se prouver qu’on est encore là.

Je la soulève contre moi ; elle s’accroche, ses jambes autour de ma taille, comme si elle refusait déjà que je m’éloigne. Et dans ce mouvement, presque instinctif, nous rejoignons sa chambre…

Le reste du monde peut attendre.
Je la regarde dormir.

Paisible. Apaisée.

Et ça me détruit un peu plus.

Je passe doucement mes doigts contre sa joue, comme pour graver ce moment en moi. J’aimerais rester. Tout arrêter. Ne pas partir.

Mais la réalité me rattrape.

Mon avion décolle dans quatre heures.

Je ferme les yeux un instant, puis me force à me lever. Chaque geste est lourd, comme si mon corps refusait de partir.

Je lui laisse un mot sur l’oreiller. C’est dérisoire… mais je n’ai pas la force de la réveiller. Pas la force de voir son regard au moment de partir.

Je m’habille en silence, reviens vers elle une dernière fois et dépose un baiser sur son front.

« Je t’aime… » je murmure à peine.

Puis je pars.

[Lexie]

Je me réveille lentement, encore enveloppée de chaleur… de lui.
Ma main glisse instinctivement vers sa place.

Vide.

Le vide me frappe de plein fouet. Mon cœur s’emballe. Je me redresse brusquement, le souffle court.

Il n’est plus là.

À la place… un mot.

Rien qu’un mot.

Une douleur sourde s’installe dans ma poitrine. Il est parti… sans me réveiller.

Mes doigts tremblent légèrement en dépliant la feuille.

Mon amour,

Je n’ai pas voulu te réveiller, tu dormais si bien…
Je dois prendre le vol de 10 h 43.
Je t’écris dès que je suis arrivé à la caserne.
N’oublie jamais que je t’aime… et que je reviens très vite.

Ton James.

Les larmes montent sans prévenir. Je serre la feuille contre moi, comme si ça pouvait combler son absence.

Je jette un coup d’œil à l’heure.
Presque 10 h.

Trop tard.

Toujours trop tard.

Je me lève, le corps lourd, le cœur encore plus. Chaque pas jusqu’à la cuisine me paraît interminable.

Et puis je m’arrête.

Mon petit déjeuner est là. Prêt. Soigneusement préparé.

Un détail… mais tellement lui.

Un sourire triste étire mes lèvres.
Même absent… il est encore partout.

Mon soldatDes histoires addictives. Découvrez maintenant