Chapitre 32

1.6K 75 1
                                        

[Lexie]

Je souris faiblement en voyant Liam, Debbie et Paul entrer dans le box où on m’a installée. Bien sûr, James n’est pas là… Une pointe de déception me serre le cœur, mais je m’y attendais.

« Tu nous as fait une de ces frayeurs ! » souffle Debbie en me serrant contre elle.

« Je… je suis désolée… »
murmuré-je, la gorge nouée.

Paul s’approche et me chuchote à l’oreille, le ton grave :

« Le médecin leur a dit pour le bébé. »

Mon souffle se coupe. Mon Dieu… Moi qui voulais l’annoncer moi-même après le procès… C’est raté.

« Pourquoi tu ne nous as rien dit ? » demande doucement Liam.

Je cherche dans ses yeux une étincelle de jugement… et il n’y a rien. Debbie me regarde avec une tendresse infinie, et je fonds en larmes, incapable de retenir mes émotions.

« Je… je voulais attendre la fin du procès. Et… j’avais tellement peur… »

La porte s’ouvre et je vois James, perdu, incertain, entrer. Mon cœur rate un battement.

« Heu… je sais pas vous, mais moi j’ai bien besoin d’un café. » dit Paul, brisant légèrement le silence.

« Je te suis. » répond Liam.

« Moi il faut que j’aille faire pipi. » annonce Debbie.

Je me retrouve seule avec James… Mon esprit se brouille. Que pourrais-je lui dire ? « Youhou, on va être parents, c’est génial ! »… Pfff… je n’arrive même pas à y croire moi-même.

Il s’assoit à côté de moi sur le lit, hésitant, sans oser me regarder. Je ne sais même pas s’il est en colère, blessé ou juste perdu.

« Tu es venu… » murmuré-je.

Il lève enfin la tête et me fixe de ses yeux intenses.

« On n’abandonne jamais un soldat blessé… »

Aïe… celle-là me frappe comme un coup de poignard. Je fais la grimace, mais je sais que je la mérite.

« Tu comptais me le dire ? »

« Oui… juste après le procès… »

« Comment ça a pu arriver… »

Tiens… je me suis posée exactement la même question.

« Le médecin m’a dit qu’un préservatif aurait pu glisser… ou qu’il était défectueux… » dis-je, la voix tremblante.

Il hoche la tête, mais je sens le doute dans son regard. Je soupire. Une infirmière entre pour vérifier mes constantes et, avec un sourire qui semble calculé, glisse un regard à James avant de partir. Ça me brûle les yeux… mais je ne dis rien.

« Je vais te laisser te reposer… » dit-il finalement.

Je meurs d’envie de lui dire de rester. Mais Debbie revient, annonçant que le médecin m’autorise à rentrer. James me regarde, esquisse un petit sourire fragile, puis s’éloigne… Mon cœur se serre.

[James]

Je n’avais qu’une seule envie : la serrer contre moi, sentir son souffle, l’embrasser… Mais je suis parti. J’ai fui. Bordel… je suis tellement faible face à elle. Et en y repensant, je ne suis pas beaucoup mieux qu’elle.

J’attends Liam et Debbie dans la salle d’attente avec Paul. Puis elle arrive. Je regarde Lexie… Elle a tellement maigri. Ses yeux cernés trahissent ses nuits blanches. Je ne la reconnais plus. Nos regards se croisent, mais elle baisse immédiatement les yeux, fuyant le mien.

« Lexie, je suis désolé, mais je dois passer à l’entreprise. Une urgence… » dit Paul.

« Ok… On s’appelle ? »

Il hoche la tête, l’embrasse sur la joue et nous quitte. Debbie lâche Lexie un instant pour prendre son sac des mains de Liam. Je la vois vaciller, et sans réfléchir, je me précipite pour la soutenir. Je n’ai jamais vu cette fragilité en elle… ça me serre le cœur.

« Merci… » souffle-t-elle, le visage rouge.

Mes mains restent un instant trop longtemps sur elle, la droite dans le bas de son dos, la gauche autour de sa taille. Je descends instinctivement ma main sur son ventre. Elle tressaille aussitôt, et je retire ma main. Mon souffle s’accélère… et je sens que le sien aussi.

« Bon les amoureux… vous nous faites signe quand on peut y aller ? Je dois récupérer Evan à l’école. » dit Debbie, brisant le silence.

« Allez-y, je conduirai. Vous n’avez pas à vous inquiéter… Je vous ai déjà pris trop de temps… » répond Lexie, d’une voix faible mais déterminée.

Nous la fixons, bouche bée.

« Non mais… » commence Debbie.

« Je la ramène. »

C’est sorti avant que je puisse réfléchir, et je suis surpris par ma propre fermeté. Lexie me regarde, bouche bée. Elle semble vouloir protester, mais je ne lui laisse pas le temps.

« Ce n’est pas discutable. Debbie et Liam, allez chercher Evan. Moi, je m’occupe de Lexie. Donne-moi tes clés, s’il te plaît. »

Elle me tend ses clés, que je prends doucement. Je caresse ses doigts un instant, puis les relâche. Je m’approche et lui tends mon bras. Elle le prend, et nous avançons côte à côte vers la voiture, le silence entre nous chargé d’émotions, de désirs et de promesses silencieuses.

Mon soldatDes histoires addictives. Découvrez maintenant