[Lexie]
Enfin le week-end… Il était grand temps. La neige tombait de plus en plus fort, et notre responsable avait décidé de fermer le magasin plus tôt. Je me retrouvai donc chez moi dès 16h00, et un souffle de soulagement m’envahit. À peine avais-je enlevé mes chaussures qu’on sonnait à l’interphone. Personne ne savait que j’étais rentrée…
« Qui est-ce ? » demandai-je, la voix tremblante.
« Lexie… c’est Brad. On peut parler, s’il te plaît ? »
Je restai figée, le cœur battant la chamade. Pourquoi lui ? Huit mois s’étaient écoulés sans le moindre signe, et il débarquait comme ça, sans prévenir. Mon souffle se bloqua tandis qu’il sonnait de nouveau.
« Je ne veux ni te voir ni te parler. Alors dégage. »
« Lexie… s’il te plaît… »
« Va parler avec ta pouffe, elle au moins elle t’écoutera. »
Les larmes me montèrent instantanément. Après tout ce temps… il ne pouvait pas me laisser tranquille. Je me précipitai vers la fenêtre. Là, en bas, il m’attendait. Il leva la tête, croisa mon regard et me sourit avant de disparaître dans la tempête de neige.
Je devais sortir. Tout de suite. Je pris mes affaires, appelai Liz… répondeur. Tant pis. Je récupérai mon manteau, mes gants, et filai vers ma voiture pour rejoindre Debbie.
La route était un champ de glace et de neige, et je roulai prudemment, les mains crispées sur le volant. Arrivée devant sa maison, je tremblais comme une feuille. J’inspirai profondément pour me calmer… sans succès. Cinq minutes plus tard, je sortis enfin de la voiture.
[James]
Le bruit de la sonnette me fit lever la tête. Surprise : Lexie était là, grelottante sur le pas de ma porte.
« Salut James… je… je viens voir Debbie. »
« Salut… Désolé, mais elle est chez sa mère pour le week-end, avec Liam et Evan, depuis hier soir. »
« Ah oui… j’avais oublié. Ce n’est pas grave, je vais te laisser passer alors. »
« Quoi ? Non, hors de question que tu restes dehors avec ce temps. »
Elle se retourna et, soudain, une bourrasque de neige les enveloppa tous les deux. La visibilité était nulle. Je la pris doucement par le bras :
« Allez, entre. Ça me fera de la compagnie. »
Un sourire fragile effleura ses lèvres. Elle hésita un instant, puis entra.
« Tu trembles… ça va ? » lançai-je, inquiet.
« J’ai juste froid, c’est tout. » répondit-elle, détournant le regard.
Je sentis qu’elle me cachait quelque chose, mais je laissai tomber pour l’instant.
« Chocolat chaud ? »
« Avec des guimauves ? » demanda-t-elle en déposant son manteau.
« Évidemment. Sinon, ce n’est pas un vrai chocolat chaud. » fis-je avec un clin d’œil.
Cette fois, elle sourit pleinement. Un vrai sourire, chaleureux. Mon cœur manqua un battement. J’avais du mal à détourner les yeux d’elle.
« Tu veux que je t’aide ? » proposa-t-elle.
« Oh… heu… oui, pourquoi pas. »
Une fois les chocolats prêts, nous nous installâmes sur le canapé, tasses en main. La télévision était restée allumée et le film de Noël m’échappait déjà. Peu importait. Sa présence suffisait à remplir la pièce de chaleur.
« Tu regardais quoi ? »
« Un film de Noël. » répondis-je, haussant les épaules.
Elle me lança un regard incrédule… puis éclata de rire.
« T’as pas une tête à regarder des films de Noël. »
« Et pourtant… regarde. Black Christmas. »
« Ah non, mais c’est un film d’horreur, ça ne compte pas. »
« Et pourquoi pas ? Il se passe à Noël. Donc c’est un film de Noël. »
Nous éclatâmes de rire. L’air était chargé de complicité.
« Je suppose qu’à cause de moi, tu ne l’as même pas vu en entier. » dit-elle, un peu gênée.
« Oh, je peux le revoir quand je veux. Ce n’est pas grave. »
« Non, remets-le. J’adore les films d’horreur… surtout en bonne compagnie. »
Elle se blottit dans le fond du canapé avec la couverture d’Evan sur ses genoux et me fit un clin d’œil. Je relançai le film et m’adossai à mon tour. Mais impossible de me concentrer ; la sentir si proche faisait battre mon cœur à toute vitesse.
À un moment, elle sursauta et se blottit contre moi. J’y lus un signe et passai doucement mon bras autour de ses épaules. Elle se raidit un instant, puis se laissa aller, se collant un peu plus contre moi. Je souris, idiot, le cœur léger. Et nous restâmes ainsi, enveloppés dans le silence chaleureux du canapé, jusqu’à la fin du film.
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Mon soldat
RomanceLexie peine encore à se relever de sa rupture amoureuse... Huit mois ont passé, et pourtant, les blessures sont toujours là, silencieuses mais bien ancrées. Derrière ses sourires fragiles, son cœur reste marqué par les traces d'un passé qu'elle n'ar...
