[James]
J'ai reçu la visite de deux inspecteurs cette semaine. Les flashs de l'accident me revenaient par bribes, violents mais flous, comme si mon cerveau refusait de tout montrer. Ils ont dû me raconter ce qui s'était réellement passé.
Trois jeunes faisaient une course de voitures. Celle qui m'a percuté roulait bien trop vite pour s'arrêter. L'autre conducteur a avoué ne pas m'avoir vu.
J'ai appris que le jeune était mort sur le coup... il n'avait que dix-neuf ans. Dix-neuf ans. Chaque chiffre me frappe comme un coup de poing dans la poitrine. D'après les caméras devant la caserne, je n'ai pas de responsabilité. Pourtant, je n'arrive pas à chasser cette pensée : si je n'étais pas sorti à ce moment précis... il serait encore en vie.
Je reste allongé sur mon lit, perdu dans un brouillard de douleur et de remords, quand la porte s'ouvre. Liam et Debbie entrent, suivis d'un petit Evan, les yeux grands ouverts devant les machines médicales. Quand il me voit, son visage s'illumine, et les larmes roulent sur ses joues. Il court vers moi et son père l'aide à grimper sur le lit.
« Tonton !!! » crie-t-il, me serrant fort.
Je grimace, les côtes me brûlant, et je le repousse doucement.
« Doucement, mon poussin... Tonton a encore très mal », murmure Debbie, la voix tremblante.
« Pardon... mais tu m'as trop manqué... et j'ai cru que t'étais monté au paradis », dit Evan, blotti contre moi.
Mon cœur se serre.
« Tout va bien, mon pote... juste beaucoup de bobos, mais ça va guérir. »
Il s'assoit, regarde mes jambes, inquiet.
« Elles sont cassées ? Tu peux plus marcher ? »
« Pour le moment... mais bientôt je pourrai à nouveau te courir après. »
Un sourire timide éclaire son visage, et il se rallonge contre moi, avec une précaution infinie cette fois-ci. Debbie s'approche, me prend doucement la main et m'embrasse.
« On a eu tellement peur... tu sais... » dit-elle, les larmes roulant sur ses joues.
Elle se recule, laissant la place à mon frère. Il s'avance, prend ma main, et je lis dans ses yeux la peur qu'il a ressentie et le soulagement de me voir vivant.
« Je pourrai jamais être le préféré de maman... » dit-il, un léger sourire triste sur le visage.
« Que veux-tu... un être aussi parfait que moi, on n'en veut pas là-haut », répliqué-je, essayant de plaisanter.
Nous rigolons, mais l'émotion reste suspendue dans l'air.
« Au fait... avant que j'oublie... Lexie m'a dit que ton téléphone a été détruit dans l'accident. On t'en a pris un tout neuf. »
Je prends la boîte qu'il me tend : le dernier iPhone.
« Vous avez fait des folies... un simple smartphone aurait suffi. »
« C'est moi qui ai choisi le téléphone, tonton. »
Je plonge mon regard dans celui du petit bout posé dans mes bras, et je l'embrasse. « Merci... merci à vous. »
« Sinon... comment tu vas ? » demande Liam.
« Mon épaule s'est remise pendant le coma... mais mes jambes me font encore souffrir. Ça sera long. D'ici quelques mois, je devrai commencer la rééducation. En attendant... je suis coincé ici. »
Nous parlons de tout et de rien, du procès qui attend les jeunes responsables de l'accident. Evan, fier, m'annonce sa première dan au judo. Ils partent chez ma mère au moment où le kiné entre.
Seul à nouveau, je déballe le téléphone. Liam a tout configuré et entré les numéros essentiels. Je décide d'envoyer un message à Lexie... sans révéler mon identité.
- Moi : Coucou, rdv à 17h à notre endroit habituel. Mets un truc sexy.
Quelques minutes plus tard, la réponse arrive.
- Lexie : Je vais essayer, mais pas évident avec ma belle-mère.
Je reste bouche bée, un sourire nerveux sur les lèvres. Un autre message arrive :
- Lexie : Sinon, ce soir, viens à la maison. Elle va à son club de lecture pour 20h... on sera seuls 2h.
Je n'en crois pas mes yeux. Je l'appelle directement. À la deuxième sonnerie, elle décroche.
« Allo ? »
« C'est quoi ce bordel ? » demandai-je, amusé et exaspéré.
Elle éclate de rire. Je réalise que je me suis fait avoir.
« Liam m'avait déjà donné ton numéro... tu t'es fait prendre à ton propre jeu mon chéri », dit-elle, malicieusement.
« Tu sais que tu me le paieras... »
« C'est toi qui as commencé... »
Nous rions ensemble, et elle me dit qu'elle passera vers 16h, car Evan veut passer du temps avec elle. Nous raccrochons. Je me sens bizarrement léger après cette conversation... presque vivant. Je décide alors d'appeler l'agence immobilière où je voulais aller le jour de l'accident..
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Mon soldat
RomanceLexie peine encore à se relever de sa rupture amoureuse... Huit mois ont passé, et pourtant, les blessures sont toujours là, silencieuses mais bien ancrées. Derrière ses sourires fragiles, son cœur reste marqué par les traces d'un passé qu'elle n'ar...
