06 : Rencontre électrisante - Léo

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Qui est le connard qui a décidé de faire un exercice d'évacuation incendie pile ce jeudi ?! Et bien évidemment, il a fallu que ce soit dans l'après-midi ! Résultat, me voilà en train de courir tel un demeuré dans les couloirs et à dévaler les escaliers comme si Leatherface (11) me poursuivait avec sa tronçonneuse. J'avais pourtant tout fait pour être certain d'arriver en avance. Le destin, en plus de m'avoir encouragé à faire des études dont je me moque complètement au lieu de me prélasser, ne m'est visiblement pas favorable en voulant m'empêcher de régler mon problème crucial.

Oui, pour moi, ça l'est.

Je manque de renverser deux ou cinq étudiants en cours de route - honnêtement, j'ai perdu le compte - tellement stressé que je suis. Je me dépêche d'enfiler mon casque et de démarrer pour me perdre dans la circulation parisienne.

Un vrai bonheur...

Je me gare à la va vite sur le parking, puis fonce à l'intérieur du cabinet, casque en main, en montant les quelques marches sans me casser la gueule, par miracle. J'arrive dans un hall à la décoration contemporaine lumineuse grâce à la couleur prédominante du blanc. Un secrétariat vide se tient au fond de la pièce là où il y a des escaliers et les sanitaires. Je m'avance jusqu'à la salle d'attente où mène le petit couloir. Plusieurs sièges sont disposé en « U » de chaque côté des deux seules portes du cabinet. Une femme et un enfant sont assis à gauche. Le regard insistant du gosse à l'index dans le nez avant de se le foutre dans la bouche me fait grimacer de dégoût. Apparemment, en voyant la réaction de la mère trop occupée à lire son magazine pour se préoccuper de son voisin, ça doit être une habitude chez lui. Je me demande pourquoi ils sont là ?

Bref, je ne tente pas de me montrer poli. Orienté par la petite pancarte sur la porte, je m'installe à droite en déposant mon casque sur le siège voisin. Je souris en jetant un œil à ma montre connectée qui affiche seize heure vingt-neuf. C'est con, mais ce genre de moment est si satisfaisant. Se lancer des défis cons au quotidien me permet de mieux apprécier mes journées.

Je tente de reprendre peu à peu mon souffle en réajustant mon t-shirt et ma veste, puis en faisant balader une main dans mes cheveux. Je ne veux pas qu'il s'imagine tout un tas de chose en voyant ma coupe de fêtard. Je sais à quel point les psy sont observateurs.

Que va-t-il penser de moi lorsqu'il me verra ? Comment sera-t-il ?

Je suppose que je le découvrirai très bientôt, et j'ai raison, car la porte s'ouvre. Je retiens bêtement ma respiration lorsque le psychologue en ressort et... putain de bordel de merde !

Les cheveux tirés en arrière se complet parfaitement avec son look propre sur lui composé d'une veste de costume grise sur une chemise blanche sans le moindre pli et son pantalon bleu nuit de la même couleur que sa cravate. Sans parler de ses chaussures en cuir noir qui brille plus que mon avenir. Ce n'est que quand il me repère dans la salle d'attente - en même temps j'étais le seul qui pouvait correspondre à son patient - que je perçois son regard magnétique. Il me sourit et mon cœur sursaute.

Il relâche la poignée et pivote dans ma direction.

- Monsieur Moreau ?

C'est normal qu'une voix me fasse bander ? Enfin, disons que je suis plus au stade d'une demi molle.

J'avale ma salive.

- Euh... Oui, je réponds.

- Dans ce cas, je crois que c'est à nous.

Il s'écarte de la porte telle une incitation à entrer. Je me lève, récupère mes affaires, et grâce à dieu merci, je n'ai pas une barre de fer dans mon pantalon. Il me tend la main au moment où je ne suis qu'à un pas de lui. À cette distance, je peux sentir son parfum. Boisé et floral qui me dit vaguement quelque chose. Je paris que c'est le Gentleman de Givenchy ! Comme quoi, ça sert d'avoir une amie comme Charlotte qui bosse dans une parfumerie.

Seductive Therapy (romance MxM)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant