C'est soulagé que nous arrivons à destination. La chaleur estivale a transformé ce trajet en périple. Je n'arrêtais pas de penser à la clim qui m'attendait en arrivant.
Takehiko m'aide à sortir ma valise du coffre et à vrai dire, je le laisse volontiers se débrouiller tant je suis émerveillée par sa maison. C'est idiot à dire, mais j'ai l'impression d'être dans un anime. Elle est typique et pile ce que je m'étais imaginé. Nous traversons l'allée verdoyant et fleuri pour atteindre la porte coulissante. Takehiko entre en premier pour y déposer ma grosse et lourde valise.
— Je t'en prie, entre, m'invite-il car je suis bouche bée et immobile depuis plusieurs secondes.
Je passe enfin la porte et l'air frais ainsi que l'odeur me fait soupirer de plaisir. Une senteur boisée flotte dans l'air. Je devine que c'est de l'encens au vu des bâtons sur le meuble disposé à l'entrée.
Takehiko me demande de le suivre pour faire une rapide visite. La maison n'est pas bien grande, mais elle est cosy (22). Tout ce que j'aime.
Je le suis jusqu'à ma future chambre. On y trouve un futon, une petite table basse spéciale et une penderie dissimulée dans le mur en face. Mon guide me demande de déposer mes affaires pour visiter la suite. Il me montre sa chambre voisine à la mienne, toute aussi semblable, mais donnant sur le jardin. C'était celle de sa mère. Ensuite, vient le salon que j'avais vu en entrant puisqu'elle donnait directement sur ça, la cuisine à gauche de l'entrée, petite et fonctionnelle, et pour finir, la buanderie et le salle de bain faisant aussi toilette.
Comme un gamin, je suis constamment émerveillé. Et je le suis davantage en voyant le jardin, depuis la terrasse, dans lequel coule un petite ruisseau et où il n'y a aucune délimitation de terrain. Aucun vis à vis, la nature à perte de vue. Rien d'étonnant quand il me dit que la maison se situe au bout du village.
— Alors, qu'en penses-tu ?
— C'est... waouh... J'ai pas les mots.
Il rit.
— Allez viens, on a besoin de se rafraîchir autour d'un thé glacé.
Je le suis.
Lui et le thé, c'est une grande histoire d'amour. Je suis presque jaloux.
En pénétrant dans le salon, je suis attiré par un cadre photo, en couleurs ternes, mettant en scène une jeune femme et un petit garçon. Je m'y arrête, intriguant mon hôte qui se retourne.
— Léonard ?
— Qui est-ce ?
Il s'approche.
— Je te présente ma mère. Aiko.
La façon dont sa voix douce a soufflé son prénom me fait comprendre à quel point il l'aimait, car oui, je l'ai compris sans qu'il ait eu besoin. Nous nous trouvons dans son ancienne maison après tout. Pour quelle autre raison ne serait-elle pas ici ?
Je sens mon cœur se serrer et ce pincement s'intensifie lorsque j'aperçois le regard que Takehiko porte à cette photo.
— Elle était magnifique. Autant de l'extérieur que l'intérieur, je présume.
Il sourit.
— Oui, elle l'était.
— Et tu étais sacrément mignon, rajouté-je pour percer cette mélancolie.
À ma grande surprise, il parvient à vite se ressaisir.
— Ça veut dire que je ne le suis plus ? me taquine-t-il avec ses yeux rieurs.
— C'est pas le terme que j'utiliserais sur toi. Il y a une différence entre être mignon et sexy. Par exemple, moi, dis-je en me désignant, on peut me considérer comme quelqu'un de mignon, sans trop me jeter des fleurs (il rit). Tandis que toi, tu es dans l'autre catégorie.
Il hausse les sourcils.
— Oh... Tu me trouves sexy donc ?
— Ne fais pas comme si tu l'ignorais. Il faut être aveugle pour ne pas l'avouer.
Un moment de flottement passe avant qu'il ne parle.
— Tu as raison.
— Évidemment. Enfin, tu t'es regardé ?
— Non, je en parlais pas de ça. Mais sur le fait que tu es mignon.
Cet enfoiré a encore réussit à me couper le sifflet. Je maudis la chaleur pour rendre mes joues rouges plus évidentes.
Fort heureusement, Takehiko finit par avoir pitié de moi et pars nous servir un verre. Je le rejoins des secondes plus tard, après un dernier regard sur la photo.
Merci d'avoir fait entrer votre fils dans ma vie. Je vous promets de ne pas jouer avec son cœur.
Même s'il a déjà pris le mien.
***
Après un excellent petit déjeuner traditionnel composé uniquement de salé, nous passons le reste de la matinée à marcher dans le quartier, à ma demande. Je voulais à tout prix connaître l'endroit qui a vu naître un homme aussi merveilleux que lui. Il prend plaisir à me raconter les petites anecdotes de son enfance que certains habitants, lorsque nous les croisions, affirmaient. Enfin, c'est ce que j'ai compris avec la traduction de mon guide sexy.
Tout le monde est super sympa par ici. C'est familial et chaleureux. J'aurais tant voulu moi aussi, vivre dans ce genre de village. Certes, pour capter le wi-fi c'est galère, mais rien n'est plus précieux que l'amour de nos proches. Chose que je n'ai pas eu l'habitude de recevoir avec certains...
En marchant tranquillement sur le chemin du retour, Takehiko remarque mon changement d'humeur.
— Tu vas bien ?
Je lui offre un mince sourire.
— Oui, ne t'inquiète pas. C'est... Je ne sais pas comment le dire.
— Tu peux toujours essayer. Je t'y aiderai.
C'est vrai que parfois, j'oublie qu'il est psychologue.
Je shoote un petit caillou sur la route terreuse.
— J'envie la vie que vous avez ici, avoué-je enfin.
— Tu veux dire... entre le manque de réseau et les longs chemins en voiture pour trouver un magasin ?
Sa plaisanterie m'arrache un véritable sourire.
— Disons que ce ne serait pas du luxe. Non, ce n'est pas ça. Je veux parler de cet espèce de cocon familiale que représente ton village et ses habitants.
— Tu n'as pas eu ça avec tes propres parents.
Ce n'est pas une question.
— Souhaites-tu me parler d'eux ?
Je considère sa proposition.
— Non, si ça ne t'embête pas. Je n'ai pas envie que les souvenirs viennent polluer notre moment. Je veux passer du temps avec toi et uniquement avec toi. Pas avec mes pensées parasites.
Il m'observe avec attention et hoche la tête.
— C'est entendu. De quoi veux-tu que l'on parle à la place ?
J'ouvre la bouche et la laisse ouverte quand une idée me vient.
— Est-ce que tu aimes Le Seigneur des anneaux ?
Surpris par ma question sortie de nulle part, et que je me suis promis de lui poser afin de reporter la réponse à Dante, il pouffe. Son rire contagieux me gagne. Et quelle n'est pas ma satisfaction d'apprendre que non seulement il connaît, mais il aime. Il a bon goût, c'est indéniable. Et je ne parle pas que de ses choix cinématographiques.
Ses lèvres que je rêve de sentir à nouveau contre les miennes, par exemple...
(22) : Confortable, agréable
VOUS LISEZ
Seductive Therapy (romance MxM)
Romance[1ER JET TERMINÉ ET NON CORRIGÉ] Quand plaisir et apprentissage font bon ménage. Léo, jeune étudiant de 24 ans à l'université de journalisme, n'a jamais connu le plaisir que peut procurer le sexe entre hommes, même si son attitude désinvolte et prov...
