38 : Bricolage - Léo

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Je suis Takehiko jusqu'à chez sa voisine. Il entre sans frapper, la porte a déjà été ouverte. La vielle dame nous accueille et tique en me voyant. Normal, j'étais caché derrière lui tout à l'heure.

— Oh, fait Takehiko avant de parler japonais. Chiyo-obasan, koko ni wa Leonard ga iru. Kare wa watashi ga hanashita hito da yo (23).

Elle ouvre la bouche.

Ohhh, sou desu ne. Hajimemashite, wakai otoko (24), dit-elle en se tournant dans ma direction.

Ne comprenant pas, je le regarde.

— Elle est enchantée de faire ta connaissance. Elle s'appelle Chiyo. Je lui ai déjà parlé de toi.

Elle est adorable... Attends, quoi ? J'ai bien entendu ? Il lui a parlé de moi... mais quoi excatement ?

— Merci, fais-je en m'inclinant comme eux le font. Je suis également ravi de la rencontrer.

Il lui fait la traduction, puis Chiyo hoche la tête en nous invitant à entrer. Je ferme la porte derrière moi et les suit.

Installés dans la cuisine, Takehiko s'équipe de sa boîte à outils et s'accroupit pour examiner le dessous de l'évier. Le voir dans cette position, si professionnel et bricoleur fait remonter des fantasmes directement dans mon cerveau, sans passer par la case « bijoux de famille ». Encore heureux, au vu de la présence de la gentille vieille dame.

Takehiko continue de lui parler en japonais sans me traduire, mais ça ne fait rien. Hors de question de m'imposer et de le déranger. Mais je suppose qu'il lui donne des infos sur la fuite.

— Léonard, veux-tu bien me passer la plus grosse pince, s'il te plaît ?

Il me tend la main. Accroupis, je repère l'outil correspondant, puis le lui file.

Sore wa mondai desu ka ? (25) dit-elle, visiblement inquiète.

Iie, zenzen. Tada neji ga hazureta dake da to omoimasu (26), répond-il.

C'est dingue. Même en me goinfrant d'animés et ce depuis des années, je ne suis toujours pas capable de piger une seule phrase. À part bien sûr les formules de politesse et des mots par-ci par-là. Par exemple, j'ai capté un « non, pas du tout » dans la phrase de Takehiko. Si j'ai un minimum compris, il sait comment la réparer. Mes soupçons sont correctes, car en moins de deux minutes, il sort de dessous l'évier, le t-shirt blanc sans trace d'eau et l'air triomphant. En effet, plus aucune goutte ne coule.

Putain, faut que je pense à rajouter le mot « bricoleur » dans la longue liste de ses qualités avec « sexy » et « cuisinier ».

Non mais il a quoi comme défauts ce type ?!

La tâche accompli par le sauveur du jour, Chiyo le remercie encore et encore, tout en lui prenant les mains. La tendresse dans les yeux de Takehiko est touchante. Je perçois l'amour qu'il ressent pour elle. Et je reconnais que c'est un amour maternel. Cette femme a dû remplacer le rôle de sa propre mère, Aiko.

J'ai mal pour lui.

Je me sens presque honteux d'avoir une si relation négligée avec ma mère qui elle, est en vie, et mariée à mon père depuis plus de vingt ans. Mais quand est-il de son père ? J'ignore s'il est en vie, parce qu'il ne m'a pas encore parlé de lui. J'attendrai le moment propice.

Chiyo nous demande - ou plutôt ordonne en comprenant ses gestes - de nous installer dans le salon où elle servira le thé. Nous acceptons, par politesse, ainsi que par plaisir. Je voudrai en apprendre davantage sur les instants de vie qu'ils ont partagé.

Seductive Therapy (romance MxM)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant