Deux jours après
J'ai enfin pris une décision. J'ai décidé d'arrêter de me torturer bêtement. Pas seulement moi, mais aussi Isaac. Il ne mérite pas tout ça et je ne le mérite pas non plus. Je ne serai jamais ce qu'il cherche et personne n'y pourra rien. Alors, c'est nerveux que je lui ai proposé qu'on se rejoigne au café, près de l'université où les étudiants ont l'habitude de s'y rendre entre deux cours ou à la fin de la journée. J'arrive en premier et m'installe en terrasse loin des autres. Pour m'encourager, je commande une bière faiblement alcoolisée. Je ne devrais pas avoir besoin d'en boire pour me sentir capable d'avouer ce que je ressens. Ce n'est pas moi. Je suis censé débiter tout ce que je pense, sans le moindre gêne. Là j'ai l'impression que je peux exploser à tout instant et ça ne me plaît pas. Seulement, je vais devoir m'y faire parce qu'aperçois Isaac en train de me faire signe. Je me redresse sur ma chaise en m'efforçant de cacher mon malaise avec un sourire.
Tu ne trompes personne Léo.
Isaac s'assoit en face.
— Salut. Pourquoi voulais-tu qu'on se retrouve ici ?
Évidemment que c'est la première question qu'il me pose. Il me connaît un minimum pour savoir qu'il y a une raison précise.
J'essaie de retarder l'instant en lui proposant :
— Tu veux boire quelque chose avant ?
— Non, merci, ça ira. Alors ?
Ma bouche s'ouvre et se referme à plusieurs reprises en jouant avec ma bouteille. Je me sens idiot. Tellement que je fuis son regard.
— Tu veux qu'on arrête, c'est ça ? dit-il d'une voix calme, les mains dans les poches de son jean, me faisant croiser son regard et délaissant ma bière.
Je fronce les sourcils, choqué qu'il puisse le dire avec le sourire, même s'il n'est pas celui de la joie. On dirait qu'il est... compréhensif.
— Euh... Je... Comment... ?
— On ne donne pas rendez-vous à quelqu'un pour boire un simple verre, Léo. J'ai déjà vécu ce genre de scène, tu sais ? Le pire, c'est que j'étais à ta place.
Alors là... si je m'y attendais. Je ne parle pas de ses précédentes relations. Il m'avait informé qu'il en avait eu un certain nombre avant moi. Mais plutôt de sa facilité à comprendre et à encaisser.
— Isaac, je... Je suis désolé.
Il secoue la tête.
— Tu n'as pas à l'être. Ce sont des choses qui arrivent. Et puis... il y a aussi le fait que tes nul pou cacher tes émotions.
Malgré son ton humoristique, je peine à rire. Ça n'enlève pas ma douleur.
— Toutefois si t'es d'accord, j'aimerai bien que tu m'expliques la ou les raisons. Bon, je préférerais qu'il y en qu'une mais..., rit-il.
Il m'arrache un vif sourire.
— Ok, je réponds dans un souffle.
Soulagé, je lui déballe une grande partie de la vérité en omettant la thérapie et bien sûr, le thérapeute. Je lui raconte que j'avais menti sur le fait que j'étais gay depuis des années et que j'ai récemment fait mon coming out envers mes amis. Ensuite par rapport à ma peur de le décevoir si je lui avait avoué, d'où mon long silence et la distance que j'avais mis entre nous. Je le rassure en lui disant que tout ceci, notre rupture, n'a rien à voir avec lui et c'est le cas, puisque j'en suis le seul responsable. À la fin de mon récit, qu'Isaac à écouté avec attention, c'est à son tour de me rassurer. Il avoue qu'il s'en doutait parce qu'il ne sait pas, encore à ce jour, comment entretenir une longue relation. Il s'en dit incapable, mais ça ne l'attriste pas pour autant. Ce n'est pas son style de vie et il l'accepte.
Mon visage crispé rayonne de nouveau. Je lui propose qu'on reste un peu au café pour prendre un verre. Durant cet après midi, nous nous découvrons pas mal de sujets de conversations inintéressantes et ce moment passé ensemble nous réconforte à l'idée de n'être que des amis, sans bénéfices.
Ce rendez-vous ne pouvait pas mieux se terminé. Je rentre chez moi sous les coups de seize heures, plus détendu.
***
Je dépose ma manette de PlayStation sur la table basse du salon puis y place mes jambes en soupirant, la tête en arrière. Après Isaac, j'ai continué de ressentir ce petit truc qui me dit que mes problèmes sont loin d'être réglé. Hélas, une partie de jeu n'a pas suffit à effacer ce sentiment. Ma tête tombe sur le côté, et mon regard, sur mon portable sur la canapé à ma droite. Je l'observe comme un con pendant des secondes en me demandant ce qu'il pourrait faire pour m'aider. Je doute que mon ami Google aura la réponse que je désire tant. Il est très utile, mais ça dépend pour quoi.
Après ce qui me semble des heures, je le prends, et instinctivement, consulte mes messages. Mon pouce n'a pas besoin de scroller bien longtemps pour trouver le contact que je cherche. Mon pouce plane sur la conversation et ne résiste pas à tapoter. Je me surprends à lire l'entièreté de nos textos, des plus sérieux aux provocateurs... et sensuels. Je ne manque pas une seule phrase, un seul mot, une seule syllabe. Mes yeux affamés les dévorent et arrivé à la fin, je grimace.
— Fais chier, soupiré-je.
J'ai l'air d'un drogué en manque. Quoique, c'est vrai. Sans m'en rendre compte au fil des séances, je me suis enivré de cet homme sexy à souhait, à tel degré qu'il paraît irréel. Et il a fallu que je gâche tout.
Putain de destin de merde ! Je l'envoi se faire foutre moi !
Je plisse les yeux.
Une petite minute... C'est exact, qu'est-ce que j'en ai à foutre ?!
Je ne réfléchis plus, je me redresse en position assise, les pieds sur le tapis, mon doigt appui sur l'émoticon qui lance les appels. Je colle mon téléphone à mon oreille et entend la première tonalité. Je me ronge le peu d'ongles qui me reste, étant donné qu'ils sont assez courts de base, puis j'attends, la boule au ventre.
S'il te plaît, réponds-moi...
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Seductive Therapy (romance MxM)
Romance[1ER JET TERMINÉ ET NON CORRIGÉ] Quand plaisir et apprentissage font bon ménage. Léo, jeune étudiant de 24 ans à l'université de journalisme, n'a jamais connu le plaisir que peut procurer le sexe entre hommes, même si son attitude désinvolte et prov...
