Toute la volonté du monde n'aurai pas suffit à me le faire oublier. Mes doigts avaient longtemps hésité à laisser son message en non lu et supprimer son numéro de mes contacts. J'ai résisté, mais pas assez. Voilà la raison de notre rendez-vous au Reflet d'Or en ce milieu de soirée. Bien entendu, j'ai fait en sorte de les prévenir de nos venues courantes sans leur avouer la vérité. Un bon moyen de retirer tout soupçon envers leur fidèle clientèle.
La seule chose que je retire en ce moment, ce sont les vêtements de Léonard, ainsi que son innocence. Nos bouches affamées ne cessent de se retrouver, y compris lorsque je m'enfonce en lui. Il quémande mes baisers tel à accroc à sa drogue. La mienne, c'est lui. Tout le temps, toutes les semaines, tous les jours, toutes les heures... mes pensées se dirigent vers lui. Cette dernière fois s'est transformée en « encore » et nous n'y pouvons rien. Ni lui, ni moi n'arrivons a y mettre un terme. Tous les prétextes sont bons pour continuer.
Léonard m'a fait croire qu'il avait besoin de s'entraîner afin de parvenir à coucher avec ce certain Isaac. J'avais senti mes poings se serrer en entendant ces mots. Je pense que c'était de la jalousie. J'ai honte de me l'avouer en tant que psychologue, moi qui suis censé savoir comment éviter d'en ressentir. J'imagine que tout le savoir du monde ne suffira pas à m'en défaire.
Je la mets de côté, profitant de la chaleur de son corps contre le mien et de ce lit qui témoigne de notre volonté. Je roule sur le côté, essoufflé par nos ébats. Léonard ne résiste pas à poser sa tête contre mon torse, moi à l'en empêcher. Il m'est aussi précieux que l'air qui s'engouffre difficilement dans mes poumons. Je renferme mon bras sur lui, le rapprochant. Le silence s'installe, le temps de retrouver nos esprits. L'unique son que nous entendons sont notre respiration. Je ne pensais pas un jour, que ce serait si paisible à écouter. Surtout la sienne. La manière dont ses doigts caresse mon torse est la meilleure des berceuse.
— On ne devrait pas faire ça, et tu le sais, dis-je d'une voix à la limite d'un murmure après plusieurs minutes, en train de jouer avec les boucles de ses cheveux.
— Je sais, m'assure-t-il en soupirant. Mais je ne crois pas pouvoir y arriver un jour.
Moi non plus.
— Il faut que tu essaye, sinon, qu'adviendra-t-il de ta relation avec ton petit-ami ?
Elle était dure à dire cette phrase.
La réaction de Léonard est immédiate. Il se redresse à la va vite et s'assoit en entourant ses genoux avec les bras.
— Ce n'est pas mon petit-ami ! affirme-t-il d'un ton agacé qui est en accord avec l'expression de son visage.
Conscient que je l'ai trop titillé, je m'assoie, le dos collé à la tête de lit.
— Désolé, Léonard, mais je n'ai pas trouvé d'autres termes qui peuvent correspondre à la nature de votre relation. Tu dois avouer quelle est spéciale.
Il pivote la tête dans ma direction.
— Ah oui, et pourquoi ? cingle-t-il.
— Parce que si tu tenais un minimum à lui, tu ne serais pas en train de coucher avec ton thérapeute sans penser à ce qui lui en dirait.
Ses yeux me fixent, et étrangement, ce que je vois n'est en rien de la colère. On aurait dit de la désillusion avec un soupçon de tristesse.
— Léonard...
Il détourne le regard et préfère se perdre dans l'intensité blanc du drap.
— Non... Tu as raison. Je ne peux pas me comporter de cette façon avec lui. En tout, je n'aimerai pas que l'on me fasse ça.
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Seductive Therapy (romance MxM)
Romantizm[1ER JET TERMINÉ ET NON CORRIGÉ] Quand plaisir et apprentissage font bon ménage. Léo, jeune étudiant de 24 ans à l'université de journalisme, n'a jamais connu le plaisir que peut procurer le sexe entre hommes, même si son attitude désinvolte et prov...
