Adriana.
Le silence est si dense qu'il m'étouffe. Je reste là, agenouillée, incapable de respirer correctement, mes larmes brouillant ma vision. Leurs silhouettes disparaissent, me laissant seule avec ma douleur. Et c'est à cet instant que je les entends.
Mes parents.
— Debout.
Le ton est tranchant, presque mécanique.
C'est ma mère.
Elle n'a même pas pris la peine de masquer le dégoût dans sa voix. Je relève la tête, mes yeux gonflés de larmes croisant son regard glacial. Elle est là, debout devant moi, ses traits impeccables figés dans une expression de mépris pur.
— Regarde-toi, Adriana, murmure-t-elle, sa voix venimeuse. Pathétique, comme toujours.
Je me redresse avec difficulté, mes jambes tremblant sous mon poids, mais je refuse de détourner le regard.
Pas cette fois.
— Pourquoi vous êtes tous comme ça ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? je demande, ma voix tremblante, mais ferme.
Mon père, qui jusque-là était resté silencieux, se met à rire doucement. Un rire froid, sans la moindre trace d'humanité. Il s'avance, les mains croisées dans le dos, me fixant comme si je n'étais qu'un vulgaire objet.
— Ce que tu as fait ? répète-t-il, un sourire cruel étirant ses lèvres. Tu es née, Adriana. Tout simplement.
Le choc me coupe le souffle.
— Je... ce n'est pas... j'essaie de parler, mais les mots ne suivent plus.
Ma mère roule des yeux, exaspérée, comme si ma douleur était une nuisance.
— Épargne-nous ton numéro de victime. On t'a tout donné, Adriana. Une éducation, un toit, des opportunités. Et regarde ce que tu as fait de tout ça. Rien. Absolument rien.
Je secoue la tête, cherchant à comprendre, à trouver un sens à leur cruauté.
— J'ai toujours fait ce que vous vouliez ! Je me suis sacrifiée ! J'ai renoncé à ma putain de vie pour vos putain de projets ! je hurle, ma voix se brisant.
Mon père éclate de rire une nouvelle fois, mais cette fois, il s'approche, son visage à quelques centimètres du mien. Son regard est un puits de mépris sans fond.
— Tu crois réellement qu'on avait des attentes pour toi ? Adriana, tu n'as jamais été qu'un échec en sursis.
Ma respiration se bloque et je recule d'un pas. Ses mots me frappent plus fort que n'importe quelle arme.
Mais il n'en a pas fini.
— Tu veux la vérité ? Tu es une erreur. Un accident qu'on n'a pas pu effacer.
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Los Maestros.
RomanceDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
