Julian.
Je fixe l'écran de la tablette, les muscles tendus, le cœur battant dans mes tempes. L'image tremble légèrement, captée par une caméra de surveillance, granuleuse, mais suffisamment nette pour ne laisser aucun doute sur ce qui se joue sous mes yeux.
Lydia.
Elle est là.
Vivante.
Bouleversée.
Prisonnière de sa propre panique.
La vidéo défile et je la vois composer un numéro sur son téléphone. Ses mains tremblent, son regard désespéré fouille la pièce comme si elle cherchait une issue. J'observe impuissant la scène se jouer sous mes yeux comme une condamnation à mort dont je connais déjà l'issue. Un bruit dans la pièce. Elle se fige, le dos droit, les lèvres entrouvertes, dans un dernier souffle de terreur.
Puis, elle tourne lentement la tête.
Et c'est là que tout explose en moi.
Je vois Rosa apparaître dans le champ de la caméra, calme, résolue. Elle n'a pas cet air de panique ou de chagrin qu'elle affichera dans les jours suivants. Elle n'a pas l'expression d'une femme effondrée par la perte de sa meilleure amie.
Non.
Son regard est froid.
Calculateur.
Mon souffle s'accélère. Mes doigts se crispent sur la tablette au moment où Rosa se rapproche de Lydia. Elle parle, ses lèvres articulent des mots que je ne peux pas entendre, mais que je devine menaçants. Lydia secoue la tête, recule, ses yeux s'écarquillent sous le choc.
Et puis Rosa sort une lame.
Je me lève brusquement, renversant presque la table devant moi. Mon cœur cogne si fort que je crois qu'il va exploser dans ma poitrine. La scène se poursuit, implacable. Rosa n'hésite pas.
Un mouvement rapide, précis.
Lydia s'écroule.
Elle suffoque.
Elle tente de parler.
Mais son propre sang l'en empêche.
Ses lèvres bougent. Des mots muets qui me hurlent leur vérité cinq ans trop tard.
Puis, elle arrête de bouger.
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Los Maestros.
RomantikDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
