Adriana.
Je reste plantée devant la porte, mes poings toujours serrés autour de la poignée, comme si ma volonté seule pouvait la faire céder. Ça fait combien de temps maintenant que j'essaie de l'ouvrir ? Une heure ? Deux ? À ce rythme-là, je pourrais bien finir par la convaincre de s'ouvrir par épuisement.
Je me retourne brièvement, jetant un coup d'œil à l'endroit où j'ai assommé l'homme avec la lampe. Deux gars sont venus le chercher il y a un moment déjà, l'aidant à monter les escaliers avec la délicatesse d'un déménageur en colère. Une partie de moi s'est sentie un peu coupable... enfin, disons que si j'avais une conscience, elle serait probablement en train de me faire un doigt d'honneur.
Mais bon, fallait pas se mettre sur mon chemin, non ?
Je soupire, mon front appuyé contre la porte. Voilà que je me mets à parler à une poignée de porte comme si c'était ma nouvelle meilleure amie.
— Écoute, ma grande, dis-je à la porte, un sourire ironique étirant mes lèvres. Toi et moi, on est ensemble dans cette galère, alors ce serait cool si tu pouvais me filer un coup de main.
Évidemment, elle ne répond pas. Je commence à vraiment me demander si je ne suis pas en train de perdre la boule.
Le temps passe, et malgré tous mes efforts, la porte refuse obstinément de céder. Je pourrais presque jurer qu'elle se moque de moi. Dans un moment de pure frustration, je donne un coup de pied rageur dans le panneau de bois massif.
— Aïe ! Bordel de... !
OK, note à moi-même : ne plus jamais taper une porte avec le pied nu.
Je me laisse tomber sur le sol, massant mon orteil douloureux. Quelle scène pathétique... Si mes parents voyaient ça, ils me déshéritaient sûrement.
Et comme pour répondre à mes pensées, j'entends un bruit de pas descendre les escaliers. Super, voilà l'autre qui revient. Il va sûrement se foutre de ma gueule. Il ne manquait plus que ça. Son sourire est toujours bien en place. Un sourire qui me donne envie de lui balancer un autre objet à la figure, mais je me retiens.
Il faut économiser tes forces, Adriana.
— Toujours pas réussi à l'ouvrir ? demande-t-il, faussement surpris.
Je lève les yeux au ciel, tout en gardant ma dignité, ce qui n'est pas facile à faire quand on est assise par terre, pieds nus et un peu décoiffée.
— Tiens, si ça peut t'aider, dit-il en fouillant dans sa poche, avant de me balancer un trousseau de clés.
Je l'attrape par réflexe, surprise par son geste.
Vraiment ? C'est aussi simple que ça ?
— Tu me laisses partir aussi facilement ? je demande en levant un sourcil, dubitative.
Il ne répond pas, se contentant de s'installer sur le canapé, allumant la télé comme si de rien n'était. Il s'étire paresseusement, totalement à l'aise, les yeux rivés sur l'écran.
Sérieusement, c'est quoi ce mec ?
Je me demande quel genre d'émission il peut bien regarder. Peut-être un documentaire sur les manières les plus vicieuses de manipuler et de torturer les gens.
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Los Maestros.
RomanceDans les coulisses du pouvoir et de la manipulation, trois figures se détachent dans un monde où les émotions sont des outils et la compassion, une monnaie d'échange. Plongée dans un univers où la soif de pouvoir écrase l'humanité et où chaque geste...
