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Alexander.


Je reste figé, incapable de bouger, incapable de respirer correctement. Ma gorge se serre, et le dégoût m'envahit. Mon regard reste rivé sur le dossier, les mots dansent devant mes yeux. 

— Pourquoi ?! Pourquoi tu me montres ça ?! je crache ma voix tremblante de rage, mais surtout de dégoût.

Marco reste calme, beaucoup trop calme, assis derrière son putain de bureau. Au bout de quelques secondes, il finit par incliner doucement la tête, comme s'il pesait ses mots.

— Parce que tu mérites de savoir, Alexander. Et maintenant que tu es au courant, tu es le seul à pouvoir décider quoi en faire. 

— Tu te fous de ma gueule ?!, je hurle, ma voix brisant le silence lourd de la pièce. Tu crois que je vais juste... encaisser ça, comme si c'était une putain d'anecdote ?!

Je balance le dossier sur le bureau. Les pages volent dans tous les sens, certaines tombent au sol. Mais j'en ai rien à foutre. Tout ce que je vois, c'est ce putain de nom. 


ACOSTA.

Mon père.

Et la terrible erreur qu'il a osé commettre.


Marco, encore une fois, ne réagit pas, il est juste spectateur. Il observe, jauge, mais ne dit absolument rien. 

Et ça me rend fou.

— Dis quelque chose ! je hurle une nouvelle fois, frappant du point sur son bureau. Putain Marco, dis un truc !

Il se redresse lentement, en ajustant les manches de sa chemise. Il lève les yeux et me fixe d'une intensité capable de réanimer un mort.

— Je savais que tu réagirais comme ça. Mais ça ne change rien, Alexander. Ce n'est pas moi que tu hais. Alors ne gaspille pas ta rage ici.

— T'es content, hein ? Tu voulais quoi ? Que je te remercie pour cette révélation de merde ?

Il hausse un sourcil, presque amusé.

— Détruis-le-lui, Alexander. Pas moi.

Ses mots sont comme une détonation. Je sens que quelque chose en moi cède, une dernière barrière que je m'efforcer de maintenir. Je fais volte-face, incapable de rester une seconde de plus dans cette pièce étouffante.

Je sors du bureau d'un pas rapide, sans un mot. Les autres sont là, dans le salon, à discuter ou à fouiller les papiers. Julian est le premier à lever les yeux.

— Alex, qu'est-ce que...

Je le coupe d'un geste brusque.

— Ta gueule. 

Amara se lève, l'air inquiète.

— Qu'est-ce qui se passe ?

Je ne la regarde même pas. Mon esprit est ailleurs piégé dans une boucle infernale où se répète sans fin cette vérité insupportable.

Los Maestros.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant